Volume 29 Numéro 16 Le 20 avril 2012

De l’agriculture tout en hauteur

Par Catherine Delorme, collaboratrice
info@journalagricom.ca


À ceux qui voient encore l’agriculture comme nécessitant de grosses superficies de terres cultivables, le temps est venu de voir les choses différemment… ou plutôt verticalement.

 

Un groupe de 18 étudiants de première année de l’Université de Guelph ont mis sur pied un projet d’agriculture urbaine basé sur le concept de la hauteur, l’agriculture vertical. Cette initiative vise à développer un projet communautaire qui permettrait de produire des aliments en grande quantité tout en utilisant des ressources naturelles.

 

La maquette du projet Sky G.A.R.D.E.N, lancé par le professeur Vern Osborne du Guelph University’s Centre for Nutrition Modeling, présente trois tours rondes construites en étage à l’image d’une pyramide. Sur chaque palier seront plantés des fruits, des plantes et des légumes. Finis les grands champs à perte de vue! L’agriculture urbaine se fera à la verticale, indique M. Osborne.

 

Les tours ont une forme spirale, inspirés de la coquille de l’escargot. Cette forme particulière permettra à l’eau de pluie de s’écouler de façon naturelle grâce à la gravité. La figure conique des tours favorisera également l’éclairage nécessaire à la pousse des diverses plantes. « J’aime amener les jeunes à observer d’autres systèmes naturels ou technologiques et les faire réfléchir à comment peut-on les adapter à un projet agricole comme celui-là », explique Vern Osborne. 

 

En dessous des trois tours se trouveront des étages construits dans le sol qui auront comme forme un triangle à l’envers. Dans la tour qui aura pour nom « The Discovery Dome », on retrouvera dans les étages inférieurs un centre communautaire et de la santé ainsi que des laboratoires de recherche dont plusieurs universités pourront bénéficier.

 

Dans le sous-sol de la deuxième tour « The Earth Dome », on pourra observer un écosystème de plante, d’animaux et de poissons. Dans un document rédigé par le Professeur Osborne expliquant le projet, on indique qu’on souhaite entre autres implanter dans cet espace intérieur des canards, des poissons tapilas et des poissons-chats.   

 

L’utilisation de matériaux non dommageables pour l’environnement était un critère important lors de l’élaboration du projet Sky G.A.R.D.E.N. Les étudiants ont proposé d’utiliser un verre appelé Livinglass pour les planchers et les couvertures extérieurs des tours. Ce verre est fait à 100 % de matière recyclable et est un choix économique avantageux, selon les recherches faites par les étudiants du Professeur Osborne.

 

Un projet éducatif avant tout

 

Vern Osborne explique que la création de ce projet d’agriculture verticale était avant tout pour permettre aux étudiants de développer leurs habiletés à travailler en équipe et leurs idées. « Les élèves qui ont participé au cours ne proviennent pas uniquement du programme d’agriculture de l’Université de Guelph. Il regroupe des étudiants d’art plastique, de design et plusieurs autres. Ils ont mis leurs connaissances en commun afin de créer un projet qui rassemble des connaissances en agriculture, en design et en marketing », affirme le Professeur Osborne.

 

En plus de participer au développement du Sky G.A.R.D.EN, les élèves ont également intégré un volet communautaire et éducatif au projet. Ils veulent mettre sur pied en parallèle la plantation des divers écosystèmes dans les trois tours, plusieurs programmes pour les 12 à 18 ans, pour les parents de jeunes enfants et les aînés sur la nutrition et l’agriculture. Également, les élèves de M. Osborne croient que Sky G.A.R.D.E.N favoriserait le bénévolat et la création d’emplois chez les étudiants postsecondaires.

 

En plus des programmes éducatifs, Vern Osborne explique que si le projet Sky G.A.R.D.E.N voit le jour, il procura une quantité de nourriture qui serait distribuée à la communauté, notamment dans les écoles, dans les banques alimentaires, les prisons et les hôpitaux. Cela aurait pour effet de diminuer les coûts d’exploitations de ces institutions publiques en plus de nourrir une partie de la population avec des aliments bons pour la santé.

 

Pour l’instant, Sky G.A.R.D.E.N n’est qu’un projet sur papier. Par contre, raconte M. Osborne, des initiatives semblables ont déjà vu le jour. Afin de construire ces tours agricoles et les programmes éducatifs et communautaires qu’ont imaginés les étudiants du Professeur Osborne, des fonds provenant de la ville de Guelph, du gouvernement de l’Ontario et d’entreprises privées seraient primordiaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *