Le 3 juin 2004

De l’avenir pour des étudiants de la région

Par Nathalie Forgues


Trois lauréats du Projet ?SOY? cette année: Bounthao Thammavongsa, Julie Cholette et Michel Racicot. Photo C.Quirion.

Trois étudiants du Collège d’Alfred de l’Université de Guelph se sont démarqués lors du concours « Project SOY » (Soybean Opportunities for Youth) en remportant la première et deuxième place de niveau collégial dans la catégorie alimentaire.
Ce concours annuel organisé par l’Université de Guelph depuis 1996, offre la chance aux étudiants de développer un nouveau produit et de créer un nouveau marché pour les graines de soya.
Bounthao Thammavongsa s’est mérité la première place et une bourse de 2500$ pour son projet de croustilles de soya. « J’ai demandé deux fois à l’interprète si j’avais vraiment gagné», mentionne le récipiendaire.

Étudiant en technologie alimentaire avec une spécialisation en diététique, il a entrepris de faire le projet à titre de défi personnel. Il trouvait que les croustilles vendues sur le marché étaient trop salées et trop grasses. « Je ne voulais pas changer la manière dont les enfants mangent mais plutôt de trouver une alternative. » Il a donc entrepris de faire augmenter les valeurs nutritives des croustilles en diminuant le taux de sel et de matière grasse.

Ses croustilles contiennent 90% de produits biologiques. La particularité de son projet réside dans le fait qu’il a conçu deux croustilles différentes dont l’une est destinée aux femmes et l’autre aux hommes.

La croustille de cacao a été conçue pour les femmes puisque selon son inventeur, « les statistiques prouvent que les femmes raffolent du chocolat ». Elle est riche en fibre et elle ne contient aucun produit laitier. Cette croustille est également riche en antioxydants qui aident à prévenir le cancer du sein et minimisent les bouffées de chaleur occasionnées par la ménopause.

La croustille au BBQ, principalement conçue pour les hommes, contient des lycopènes qui font augmenter la valeur nutritive et les effets bénéfiques en plus d’accroître la protection contre le cancer de la prostate.

Selon les résultats de son étude de marché, la croustille serait vendue 1,87$ pour un paquet de 200 grammes. Un paquet contient 7 grammes de protéines, ce qui équivaut à un repas complet.
Afin d’arriver au produit final, plusieurs mois de recherche et d’expérimentation’ et quelques nuits blanches ont été nécessaires. « Je ne croyais pas que le projet allait devenir d’une aussi grande envergure. »

Bounthao Thammavongsa étudie présentement un rapport de l’Université de Guelph dans l’espoir de faire breveter son produit, les croustilles Boun Soy.

Jumisoy en deuxième place

L’équipe composée de Julie Cholette et de Michel Racicot, étudiants en technique de diététique au Collège d’Alfred, a reçu une bourse de 1000$ pour avoir remporté la deuxième place dans la catégorie alimentaire. Ils ont conçu une « tartinade » de soya biologique au chocolat et une autre au sirop d’érable qu’ils ont nommé Jumisoy.

En novembre 2003, Michel Racicot se lance comme défi de créer un nouveau produit « le plus biologique possible » et qui ne se retrouve pas sur le marché. Il doit élaborer une recette et en prévoir la mise en marché. Sa première idée était de créer un fromage avec du liquide à base de soya mais il n’a pas obtenu les résultats escomptés.

Après quelques recherches afin de trouver un produit qui n’existe pas, il décide de créer une « tartinade » dont l’ingrédient de base est la fève de soya. « Notre défi était de créer un produit santé sans lactose ni gluten », confie l’inventeur.
En décembre 2003, il demande à Julie Cholette de se joindre à lui puisque la tâche devenait de plus en plus complexe. En janvier 2004, ils s’inscrivent au concours « Project SOY » tout en intégrant leur projet à un cours au collège.

Le projet ne se limitait pas seulement à créer un produit mais également à mettre en place un processus pour la mise en marché. Ils devaient donc établir un plan de publicité. L’équipe a donc conçu un site Internet, créer une carte d’affaire, dessiner des étiquettes pour les pots, confectionner une napperon avec le nom des commanditaires et rédiger un dépliant.
Michel Racicot a également pris l’initiative de faire analyser le produit. Ils avaient reçu un budget de 300$ pour le projet. Toutefois, l’analyse de quelques éléments de base a coûté plus de 200$ à elle seule.

Plusieurs essais ont été effectués pour déterminer si la recette était parfaite. Un kiosque de dégustation avait été mis en place au magasin l’Ami de la Santé qui vend des aliments naturels, au Value-Mart à Alfred et au Collège d’Alfred.

Les gens étaient invités à répondre à un sondage afin de juger si le produit était à point tout en permettant aux coéquipiers de déterminer leur marché cible. Des questions sur la texture, le goût, le prix que les gens sont prêts à débourser en plus du revenu, du niveau d’éducation et de l’âge qui permettaient de déterminer le public cible pour la publicité, étaient demandés.

Le 1er avril 2004, les étudiants se rendent à Guelph. Devant cinq juges, ils devaient expliquer brièvement leur produit et répondre aux questions. Par la suite, les juges goûtaient au produit pour ensuite délibérer sur une période d’une heure.

« J’étais un peu déçue au début d’avoir la deuxième place puisqu’on avait travaillé fort pour se rendre jusque là, mais c’est une belle récompense », confie Julie Cholette. De son côté, Michel Racicot se disait satisfait de la deuxième place.

« Le produit a beaucoup de potentiel. Il faut seulement viser la bonne clientèle au bon endroit, ajoute Julie Cholette qui prévoit un bon avenir pour les « tartinades » biologiques. Les gens ont une plus grande tendance vers le biologique. »
La prochaine étape est la commercialisation du produit. Ils doivent choisir entre vendre la recette ou l’intégrer au marché. Ils ont également eu l’intention de breveté leur produit mais ils n’avaient pas les 25 000$ à investir.

Qui sait, dans un proche avenir on pourrait retrouver des croustilles Boun Soy et de la tartinade Jumisoy sur le marché.

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