Volume 32 Numéro Le 3 juillet 2015

De la classe au marché

Par Chantal Quirion


Dès son ouverture le 20 juin, le Marché de l’Académie à Casselman, dans l’Est ontarien, a suscité un réel engouement. Jusqu’au 31 octobre, il reviendra tous les samedis matins, sur le site de l’école.

Né d’un projet scolaire dans le cadre des programmes de Majeure Haute spécialisation en agriculture et en transformation des aliments à l’école publique L’Académie de la Seigneurie, le marché présente le double avantage de répondre aux besoins d’apprentissage pratique des élèves et au désir du grand public de s’approvisionner en denrées fraîches. « On a déjà vendu toute notre récolte de rhubarbe », rapporte Nathalie Denis, enseignante à L’Académie de la Seigneurie et responsable de ces deux majeures.
L’étal de L’Académie propose aussi des fines herbes, des légumes, des fruits et des fleurs, dont les semis ont été partis dans la serre de l’école avant d’être transplantés dans le jardin par la dizaine d’élèves inscrits.
« On a aussi des œufs de la Ferme Laviolette parce que c’est une famille de l’école », précise Mme Denis.
À l’automne, le temps des moissons venu, les élèves s’installeront dans la cuisine commerciale de l’école pour fabriquer une alléchante variété de conserves sucrées et salées. Ces produits seront aussi offerts au marché, grâce à l’engagement du personnel scolaire dont Mme Denis, sa collègue Myriam Perras et le directeur de l’établissement Pierre Campeau, qui ont accepté de se relayer les samedis pour permettre la tenue de l’activité.
C’est là l’aboutissement de deux ans de travail pour la mise en œuvre de ces programmes, sans compter les années de planification. La première cohorte de diplômés, cette année, a souligné la réussite de l’initiative. L’Académie de la Seigneurie est la seule école francophone de la province à offrir ces majeures.
Le Campus d’Alfred de l’Université de Guelph et la Maison familiale rurale franco-ontarienne ont été des partenaires de la première heure dans ce projet. Les changements de gouvernance au Campus d’Alfred ne devraient pas en compromettre la pérennité.
 « On est en contact avec La Cité et j’imagine qu’il va y avoir une continuité. Ils sont venus nous rencontrer à quelques reprises », précise Mme Denis.
À la demande générale
Pour ce marché, la communauté a eu aussi son rôle à jouer. Son intérêt d’abord, a nourri la réflexion. « On avait une étudiante, Mara Lefebvre, qui avait choisi de s’occuper du jardin dans le cadre de son stage coop. Les gens qui circulaient dans les parages demandaient souvent pour acheter nos produits, »explique encore Mme Denis qui porte aussi le chapeau d’enseignante du cours de Technologie agricole, forestière paysagère et agroalimentaire.
D’où l’idée de ce marché fermier pour lequel des consultations publiques tenues par l’école, ont permis de recueillir les attentes et les conseils de la communauté.
« C’est comme ça qu’on a choisi le samedi. Au début on proposait le dimanche et les gens revenaient toujours avec le samedi. »
L’Académie de la Seigneurie a par ailleurs ouvert son projet aux entreprises locales et aux artisans, ce qui s’est traduit dès l’ouverture par une animation intense sur le site, une belle ambiance de marché public.

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