Volume 29 Numéro 09 Le 14 décembre 2011

De la ferme à la fourchette

Par Marc Dumont, collaborateur


Le rêve de tous les producteurs de fruits et légumes est de pouvoir vendre ses produits directement aux consommateurs sans que les intermédiaires ne grugent 35% du prix de vente. C’est dans le but de développer les systèmes de distribution d’aliments locaux que le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario organisait une conférence le 1e décembre dernier, au campus de Kemptville de  l’Université de Guelph. Environ 160 personnes assistaient à cette conférence et une vingtaine par vidéoconférence à partir de New Liskeard.

La communauté agricole ne peut se satisfaire d’écouler ses produits dans des marchés locaux. Bien qu’il y en ait de plus en plus et qu’ils répondent à un réel besoin si on en juge par leur achalandage, c’est très demandant pour les producteurs agricoles.  L’une des solutions est de mettre sur pied des systèmes de distribution d’aliments locaux.

 

C’est d’ailleurs pour stimuler cette nouvelle tendance que la conférence que plusieurs acteurs du milieu agroalimentaire ontarien ont témoigné de l’importance de mettre sur pied différentes approches afin d’améliorer le système régional alimentaire. Le conférencier américain de marque, Tom Stearns, a illustré comment les producteurs de sa petite municipalité en sont venus à faire renaître l’économie moribonde de leur petite ville grâce à la création d’un système alimentaire sain.

L’Est de la province étant sur la bonne voie dans ce domaine, plusieurs intervenants de cette région ont eux aussi fait état des différentes initiatives en alimentation locale. Kathy Chaumont du Réseau agro-alimentaire de l’Est ontarien et Heather Hossie du projet

Alimentation juste/Savourez Ottawa ont présenté leurs modèles. D’autres intervenants ont également présenté leurs projets pour outre passer les 3 grandes chaînes de l’alimentation en Ontario : Loblaws, Metro et Sobeys.

 

Mise en marché revisitée

Dans la population, il y a de plus en plus de consommateurs qui tiennent à connaître la provenance de leurs produits alimentaires. On peut arriver à capitaliser sur cette tendance en revenant à l’esprit des coopératives où règne une culture entrepreneuriale basée sur la collaboration, selon les intervenants.

 

Toutefois, il arrive que le regroupement ne suffise pas. Souvent les agriculteurs ontariens sont excellents pour produire des fruits et légumes de qualité, mais négligent ou ne parviennent pas à faire une mise en marché efficace. Ainsi, il devient nécessaire de mettre sur pied une structure comme celle d’Alimentation juste de la région de la ceinture verte d’Ottawa qui a développé un incubateur d’entreprises agricoles et qui est rendu au point d’explorer la rentabilité d’un centre de distribution d’aliments locaux.

 

Ce qui est intéressant avec ce mouvement est que les restaurants et les épiceries qui affichent le logo Alimentation juste doivent souscrire à des normes précises et acheter localement un pourcentage significatif de leurs aliments.

L’importance de la tenue de certains événements, telles les foires gourmandes dont il en existe plusieurs versions en Ontario, a aussi été soulignée.

Ces témoignages fort enrichissants sur les systèmes de distribution d’aliments locaux ont aussi permis de comprendre que le regroupement de producteurs et transformateurs sous un même toit résulte en une synergie intéressante.

 

Devant le dynamisme de certaines initiatives, plusieurs participants à la conférence ont déploré la difficulté dans leur région de dépasser le stade des réunions. Les organisateurs espèrent justement que la journée nourrira la réflexion nécessaire pour passer à l’acte.

 

Les exigences du marché

Le propriétaire de l’épicerie indépendante hautement primée The Country Grocers, François Bouchard, a abordé la question des attentes des détaillants envers les producteurs. Ainsi, la qualité, la constance de l’approvisionnement, la particularité du produit à vendre et la conformité de l’étiquetage sont des règles de base à suivre pour avoir du succès dans sa mise en marché.

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