Volume 31 Numéro 07 Le 22 novembre 2013

Déclaration des déplacements des porcs obligatoire en 2014


PorcTracé est le premier programme pancanadien de traçabilité des animaux d’élevage.

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Tous les porcs canadiens seront suivis à la trace dès le 1er juillet 2014. La déclaration des déplacements de chacun des porcs deviendra ainsi obligatoire à compter de cette date partout au pays, en vertu de la modification apportée par le gouvernement fédéral au Règlement sur la santé des animaux. Il s’agit du premier programme pancanadien de traçabilité des animaux d’élevage.

Après près de dix ans de pourparlers et d’élaboration d’un programme de traçabilité viable pour l’industrie, le Conseil canadien du porc (CCP) a déterminé que cette date butoir donnait un délai suffisamment raisonnable à tous pour s’y conformer.

La modification au règlement avait déjà été annoncée par le gouvernement à l’été 2012, mais les différentes associations de l’industrie porcine étaient en pourparlers avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments pour déterminer un échéancier acceptable pour l’entrée en vigueur de la nouvelle mesure de traçabilité.

« En rendant PorcTracé obligatoire par voie d’un règlement fédéral, souligne le président du Comité d’identification et de traçabilité du CCP, Oliver Haan, nous franchissons une étape cruciale en vue de façonner un système efficace, en mesure de réagir rapidement aux éclosions de maladies et aux urgences mettant en cause la salubrité des aliments.

Ainsi, le programme PorcTracé Canada permettra aux dirigeants du secteur de la santé et de la sécurité alimentaire de bénéficier de tous les détails quant au parcours suivi par chacun des porcs canadiens, une information très précise de plus en plus nécessaire depuis que la salubrité des aliments est devenue la priorité en agriculture au Canada.

Les exploitants de fermes porcines auront sept jours après le déplacement d’un animal pour déclarer son nouvel emplacement ou ce qu’il en est devenu de chaque porc, s’il a été abattu par exemple. Même les porcs qui participeront à des expositions agricoles devront être déclarés.

L’implication des agriculteurs
Selon Jeff Clark, gestionnaire du programme PorcTracé, les producteurs voient d’un bon œil cette nouvelle mesure, mais plusieurs se posent des questions sur son fonctionnement. « J’ai parlé à plusieurs d’entre eux et ils sont favorables, mais ils sont nombreux à se questionner sur les impacts que cela aura sur leur ferme ou leur travail, mais rien de significatif », a-t-il déclaré à Agricom.

Le CCP a d’ailleurs prévu une campagne de sensibilisation qui sera mise en œuvre dès janvier-février prochain, en même temps que le lancement du programme, soit six mois avant la date butoir. Cela permettra aux agriculteurs de se familiariser avec les différents outils de déclaration et d’adopter dès lors les pratiques d’identifications nécessaires.

Quant à ceux qui craignent voir s’ajouter des coûts d’opération supplémentaires à leur budget d’entreprise, M. Clark répond ceci : « Nous sommes fiers d’avoir créé un programme autofinancé. Les coûts de mise en œuvre du programme ont en majeure partie été payés par le gouvernement fédéral, tandis que les coûts d’opération annuels ne seront pas absorbés par les agriculteurs, si ce n’est que le temps qu’ils consacreront à mettre en application la réglementation. »

Le programme devrait coûter un demi-million $ par année à opérer, partagé entre le gouvernement fédéral et l’industrie, dans une proportion de 65 %-35 %.

Chacun des encans, des abattoirs et des fermes porcines canadiennes ont déjà été identifiés et validés par les associations provinciales et fédérales, et un numéro d’identification leur a été assigné.

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