Le 19 février 2003

Déjà assez de revenu pour payer la facture d’épicerie pour toute l’année!

Par Étienne Alary


Le ministre Lyle Vanclief a pris quelques instants pour venir s’adresser à la foule et aussi goûter au dîner offert par la FCA. Photo É.Alary.

La Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) a souligné à sa façon la Journée d’affranchissement des dépenses alimentaires qui a eu lieu le 8 février dernier.

La FCA, au nom de tous les producteurs agricoles canadiens, avait convié gratuitement la population en général à son traditionnel dîner sur la colline du Parlement, en plein air.

Quelques centaines de personnes ont répondu à l’appel et ont reçu, entre 11 h 30 à 12 h 30, un bol de ragoût de poulet accompagné de pain et de lait.

Ce dîner, auquel plusieurs politiciens ont participé, notamment le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, Lyle Vanclief, ainsi que les critiques des autres partis en matière d’agriculture, a eu lieu le jeudi 6 février dernier.

Prenant la parole, Lyle Vanclief a tenu à rappeler à tous les Canadiens que s’ils avaient mangé aujourd’hui, c’était grâce aux agriculteurs. « Je ne connais pas un autre secteur de production au pays qui doit faire face à autant de risques que le secteur agricole », indique Lyle Vanclief en citant en exemple des éléments face auxquels les agriculteurs n’avaient pas de contrôle, soit la température ou encore aux actions des autres pays lorsque vient le temps d’être en compétition sur les marchés.

Pour le président de la FCA, Bob Friesen, cette journée se doit être un moment de réflexion pour tous les consommateurs puisque « les agriculteurs canadiens vous procurent certains des produits alimentaires les meilleurs, les plus salubres et les plus abordables au monde. »

Comme le rappelle les différents organismes agricoles du pays, les agricultrices et agriculteurs canadiens ont à c’ur ce qu’ils offrent aux consommateurs et c’est pour cette raison qu’ils se consacrent à mettre en place des programmes de salubrité des aliments à la ferme selon la certification HACCP.

C’est quoi?

Mais qu’est-ce que la Journée d’affranchissement des dépenses alimentaires’ Il s’agit de la journée où le ménage canadien moyen a gagné assez d’argent pour pouvoir payer toutes ses dépenses d’épicerie de l’année.

Comme le présente Bob Friesen, le contribuable canadien a depuis cette date assez d’argent pour se nourrir toute l’année mais il doit « travailler encore plusieurs mois pour payer ses impôts », fait-il remarquer.

La date du 8 février a été établie à partir de données relatives au revenu national émanant de Statistique Canada. Pour l’année 2001, ce revenu par habitat était de 28 050$ par habitat. Ensuite, toutes les dépenses consacrées à l’alimentation, aussi bien dans les magasins que dans les restaurants, ont été divisées par le nombre d’habitants afin de calculer les dépenses alimentaires annuelles moyennes de chaque canadien. En 2001, ce montant atteignait 2970$. Ensemble, ces deux nombres indiquent pour l’année 2001, la population canadienne a consacré 10,6% de son revenu total à l’alimentation. Le 8 février représente 10,6% de l’année qui s’est écoulée.
Selon l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), le Canada est l’un des pays membres où les dépenses alimentaires en proportion des dépenses totales de consommation sont les plus faibles. Pour l’OCDE, qui exclut les dépenses de repas pris aux restaurants, les consommateurs canadiens moyens consacraient 9,9% de leur revenu, en 2000, pour l’achat de nourriture et de boissons non alcoolisées. En contrepartie, le taux du Mexique était de 23,9%, suivit de la Nouvelle-Zélande à 16,3$ et de l’Espagne à 15,2. À noter que les États-Unis arrivent derrière le Canada avec un taux de 7,2%.

L’envers de la médaille

Si, année après année, le panier d’épicerie figure parmi les plus bas dans le monde, c’est grâce au dynamisme et à l’innovation des producteurs de tout le pays. Cependant, il y a un autre côté à cette médaille : l’écart entre les prix à la production et les prix à la consommation n’a cessé d’augmenter; il est aujourd’hui plus du double de ce qu’il était en 1975.

La FCA souligne que pratiquer de l’agriculture devient de plus en plus difficile puisque la part des revenus de l’agriculteur continue de diminuer alors que les frais d’exploitations, communément appelé intrants, continuent d’augmenter.

D’après la Fédération canadienne de l’agriculture, entre 1997 et 2001, le prix payé par le consommateur canadien pour les aliments a augmenté de 9% mais ce n’est pas le producteur qui en a bénéficié car le prix moyen payé au producteur n’a augmenté que de 2%.

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