Le 16 décembre 2004

Déménagement du Collège d’Alfred: encore bien loin d’une décision

Par Chantal Quirion


Où s’établira le campus du Collège d’Alfred’ Un sujet qui inquiète les gens d’affaires de cette région qui tiennent à conserver les retombées économiques chez eux. Si Hawkesbury a été identifié comme site possible pour accueillir une partie du campus, il

Le directeur du Collège d’Alfred s’explique difficilement les appréhensions d’un groupe de gens d’affaires d’Alfred et des environs. « Certes, l’idée d’envisager Hawkesbury comme emplacement potentiel pour accueillir une partie du campus du Collège d’Alfred de l’Université de Guelph, a bien été émise, affirme Gilbert Héroux. Cependant, il ne s’agit que d’une option. Comprenez, dit-il, que lorsque l’on parle de développement, il est normal de regarder toutes les possibilités offertes et étudier une option n’exclut pas les autres. Il est vraiment prématuré de se forger une opinion ».

Rappelons qu’une douzaine de gens d’affaires locaux ont formé un Comité sur le développement et l’expansion du Collège pour exprimer leur volonté d’agir pour que la totalité du campus demeure à Alfred. M. Héroux affirme qu’il est tout disposé à leur fournir de l’information mais que pour l’heure, aucune conclusion ne doit, ni ne peut, être tirée.

Le directeur voit dans ce regroupement une belle analogie avec le cas de la piscine du Collège: « Lorsque nous avons indiqué que nous n’étions plus en mesure de maintenir ce service à la municipalité, un comité de citoyens s’est formé pour en empêcher la fermeture. Depuis, j’échange régulièrement avec Michel Gingras qui est le président du comité et le partage d’information est excellent. Le Collège collabore à cent pour cent et nous étudions les conditions pour parvenir à un transfert de la piscine à la municipalité ». M. Héroux réitère donc l’invitation au nouveau Comité sur le développement et l’expansion du Collège, indiquant qu’il lui fera plaisir de collaborer.

Parallèlement, un membre du Conseil communautaire du Collège d’Alfred, Denis Perrault, a été approché par ce nouveau comité pour servir de personne-ressource, ce qu’il a accepté. « Je crois que c’est une bonne chose que la communauté s’implique, on a besoin d’elle », dit-il.

Quelques sites ont en effet été identifiés pour leur potentiel, incluant le site actuel à Alfred, confirme M. Perrault. Ce dernier toutefois, présente un obstacle: « L’Université de Guelph n’acceptera jamais d’investir dans un projet de 20 à 30 millions de dollars, si le terrain ne lui appartient pas.» Or le fait est, que le Collège est sous-locataire des lieux qui sont la propriété du gouvernement de l’Ontario. Cependant, M. Perrault affirme qu’un lobby a été entrepris pour acquérir la propriété, auquel le maire d’Alfred et Plantagenet, Jean-Yves Lalonde, participe activement depuis six mois. « On a besoin de l’aide du village si on veut obtenir ce terrain, dit-il. Cela va être une décision politique ».

Personnellement, il préférerait que le campus s’établisse entièrement sur le site actuel. « Les terres sont si belles, dit-il. L’endroit est vraiment propice pour mettre en pratique la gestion de l’environnement et j’avoue que j’ai du mal à imaginer un campus fragmenté ».

Cependant, M. Perrault se range à l’avis de M. Héroux, pour dire qu’une décision dans ce dossier est bien lointaine puisque aucun travail d’analyse n’a été amorcé. C’est une étape qui prendra au moins deux ans, une fois entreprise. « Avant de présumer du site, il reste bien des points à examiner, ajoute M. Perrault. Le vice-président de l’Université de Guelph, le Dr Alastair Summerlee, vise un campus d’au moins mille étudiants. Il faudra forcément faire des études de marché et de faisabilité pour s’assurer que le projet est susceptible d’en attirer un tel nombre. »

Quant à Gilbert Héroux, il est certain que l’opinion de la communauté par le bais du Conseil communautaire sera prise en considération pour le choix du site. « De façon ultime, c’est à l’Université de Guelph qu’il appartiendra de prendre une décision mais je connais assez bien l’Université pour savoir que cela se fera en consultation. Il n’est pas dans les habitudes de ses dirigeants de prendre des décisions à la légère et ils sont à l’écoute et très respectueux de la communauté ».

L’Union des cultivateurs franco-ontariens qui siège au Conseil communautaire du Collège d’Alfred n’a pas encore adopté de position, jugeant que sans analyses comparatives, il est impossible de se prononcer. Son président, Pierre Bercier, espère toutefois que l’éventail des choix sera bien étoffé. « Il ne faudrait pas se concentrer uniquement sur Hawkesbury, le potentiel de d’autres emplacements dans l’Est ontarien devrait être également considéré.»

Depuis la création du Comité sur le développement et l’expansion du Collège, le sujet a fait couler beaucoup d’encre. S’il est trop tôt pour présumer d’un site pour le campus en entier, il semble à peu près certain que le secteur agricole est et demeurera à Alfred. « Avec tous les efforts investis dans la transition biologique, j’imagine mal que l’on pense à déménager la ferme. Cela n’a d’ailleurs jamais été mentionné, affirme Gilbert Héroux. Mais, ajoute-t-il, nous ne pouvons le garantir puisque le Collège n’est pas le propriétaire des lieux. »

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