Volume 32 Numéro 05 Le 24 octobre 2014

Des agrumes cultivés en Ontario


Marlene et sa soeur, dans le verger d'argousiers, au Golden Orchard, dans le comté de Bruce sud. -Photo Lilian Schaer

Par Lilian Schaer, AgInnovation


Vous pourriez être au milieu d’un verger d’agrumes à vous balader parmi les branches chargées de fruits aux couleurs orangées qui se balancent au gré du vent. Vous savez toutefois que cela n’est qu’un rêve puisque vous vous trouvez en Ontario, une province qui n’est pas reconnue pour avoir des conditions climatiques favorables à la culture des agrumes.

Ce que vous voyez, c’est un argousier, un « super fruit » unique et difficile à trouver, considéré comme étant la « récolte d’agrumes de 100 milles de l’Ontario ».

Cet arbuste très épineux est une excellente source d’antioxydants, d’acides gras, de vitamines et de minéraux tels que le potassium et le fer; riche en oméga 3, 6, 9 et 7. Il est également bon pour la peau et les artères.

À titre d’exemple, huit petites baies peuvent totaliser environ une dose quotidienne de vitamine C. L’huile d’argousier était d’ailleurs utilisée pour le traitement des victimes brûlées lors de l’accident nucléaire de Tchernobyl, au cours des années 1980.

Ceux qui le cultivent sont rares en Ontario. Marlene Wynnyk et son partenaire, Rodger Shankland, sont reconnus comme étant les pionniers ontariens de l’argousier. Ils ont établi la première plantation de la province, il y a neuf ans, dans leur verger « Golden Orchard » dans le comté de Bruce sud.

Il s’agit d’un travail motivé par la passion qui leur a permis de remporter le Prix du premier ministre pour l’excellence en innovation agroalimentaire et les a établis comme chef de file en Ontario pour l’argousier alors que l’industrie en plein essor travaille à prendre son envol.

« Le tout a commencé comme un projet d’argousier, mais c’est maintenant une odyssée, indique Marlene. Chacun de nous désire être reconnu pour quelque chose; moi, je suis la dame de l’argousier. Notre but ultime est de promouvoir l’agrotourisme dans notre région. »

L’argousier pousse et s’adapte bien en sol peu productif. De plus, il est résistant à la sécheresse et peut survivre à des températures oscillant entre -40 oC et +40 oC.

Dix des quatre-vingts acres de la ferme de Marlene et Rodger sont consacrés à leur verger dans lequel ils cultivent deux variétés idéales pour le climat ontarien: le Huron Sunset et le Citrus Gold.

L’argousier est considéré comme un arbuste et afin qu’il puisse pousser comme un pédoncule unique, plusieurs branches doivent être coupées pendant la récolte. Les baies sont ensuite récoltées.

Au verger Golden Orchard, les feuilles sont séchées et utilisées pour faire du thé; les branches restantes sont déchiquetées dans une déchiqueteuse de bois et réutilisées comme paillis dans le verger.

La santé comme source de motivation
La passion de Marlene pour l’argousier a été motivée par son intérêt pour la santé des femmes, ce qui a mené à la mise sur pied de son entreprise The Healing Arc.

« J’adore le plein air et j’ai toujours cru qu’un corps sain équivaut à un esprit sain », indique Marlene.

Cette dernière détient une maîtrise en travail social de l’Université Wilfrid Laurier et travaillait auparavant dans les domaines des ventes et des relations publiques. « Je devais prendre ma retraite à l’âge de 60 ans, puis à l’âge de 65 ans. Maintenant, j’ai pris la décision qu’à l’âge de 70 ans je prendrai une année sabbatique. »

Marlene mentionne que la plupart des baies qui sont récoltées à la fin août début septembre sont vendues aux gourmets torontois qui se présentent au verger pour cueillir leurs propres fruits.

Sa sœur Sandra prépare des confitures, des gelées et des salsas très recherchées, tandis que d’autres sont utilisées pour faire des jus ou comme ingrédients pour une crème corporelle, des huiles, des savons et des baumes pour les lèvres.

Tutorat
Une autre passion de Marlene et Rodger consiste à aider les autres agriculteurs à cultiver l’argousier, à vendre des arbres et à fournir des conseils à ceux ayant un intérêt pour cette culture.

Jusqu’à présent, ils ont aidé une vingtaine d’agriculteurs, dont la plupart sont à la recherche d’une culture à valeur ajoutée supplémentaire pour leur exploitation agricole existante.

« Toutes les valeurs nutritives, les analyses et les faits scientifiques concernant l’argousier ont été faits et recueillis; toute cette information est remise aux producteurs qui font l’achat de nos arbres. À l’automne, nous prenons une journée pendant la semaine pour aller rendre visite aux producteurs qui sont intéressés dans la culture de l’argousier et cela est sans frais pour eux », explique-t-elle.

Elle est d’avis que la demande et la rentabilité de l’argousier sont là et que l’industrie ne cessera pas de croître à mesure que ces nouveaux vergers entreront en production.

Marlene envisage d’écrire et de mettre sur le marché un livre numérique concernant la culture de l’argousier en Ontario. Elle espère également continuer à être porte-parole lors de conférences et auprès de sociétés de l’industrie de l’horticulture.

Un nouveau partenariat avec Richters Herbs est également en pourparlers; la pépinière du sud de l’Ontario fera la vente de l’argousier au début du printemps prochain.

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