Volume 31 Numéro 15 Le 11 avril 2014

Des chefs de file en agriculture et en francophonie récompensés


Marc-André Tessier

Par Marc-André Tessier
Collaborateur
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Il était clair pour l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) que cette année, parmi les candidats possibles au Prix d’excellence en agriculture Pierre-Bercier, aucun couple ne méritait davantage cet honneur que Hélène et Robert Chauvin. Ce duo, de Pointe-aux-Roches dans le sud de l’Ontario, sera récompensé pour le travail d’une vie ce 25 avril, lors du banquet annuel de l’UCFO à Belle River.

 Propriétaires de la ferme Ferme Chauvin Farm, spécialisée en grande culture, Hélène et Robert Chauvin représentent fièrement la cinquième génération depuis 1827.

 Le copropriétaire prend les reines des deux opérations de la ferme de son père : un troupeau d’une centaine de vaches ainsi que de près de 150 acres de plants de tomates. Ce n’était pas de tout repos. « Des fois, je devais labourer toute la nuit jusqu’à 5 heures 45 du matin et ensuite aller faire la traite des vaches à 6 heures », raconte-t-il.

 Mme Chauvin n’est pas en reste non plus. Elle abandonne une carrière en enseignement pour aider à la ferme. Elle se consacre à la tenue de livre, mais aussi à soigner les veaux et parfois même traire les animaux. « J’ai commencé là-dedans comme ça, un peu à la fois, affirme-t-elle, le sourire aux lèvres. Vous savez, quand on est en amour, on n’y voit plus clair. Je ne savais pas que j’embarquais dans une situation pareille », ajoute-t-elle en rigolant. 

« Plus on se mêle des affaires, plus on apprend! »

Le couple Chauvin a été très présent au sein de leur communauté. Robert a siégé pendant 15 ans sur le bureau de la coopérative de Pointe-aux-Roches, qui est maintenant fusionné à AGRIS Co-operative. Il a aussi été impliqué auprès de l’Ontario Farm Tax Appeal Board et de l’UCFO, sans oublier son passage comme administrateur de la Caisse populaire de Pointe-aux-Roches.

 Il est très clair pour Robert que l’implication communautaire est importante. Il encourage tous les gens à prendre part aux organisations qui les touchent. « Moi j’ai trouvé ça très intéressant. J’ai appris beaucoup et plus on se mêle des affaires, plus on apprend! », martèle-t-il.

Hélène aussi a fait sa marque, mais davantage dans le domaine culturel.

 La langue et la culture francophone sont aussi très importantes pour les futurs lauréats. « Mon père avait pour son dire si on veut que la langue demeure, il faut avoir l’occasion de s’en servir. C’est pour ça que toutes mes années [comme administrateur], je les ai faits en français. Les comptables n’aimaient pas toujours ça, mais ça les forçait à embaucher des comptables francophones », ajoute-t-il avec un rire gras.

 Une équipe indissociable

L’Union d’Hélène et Robert ne date pas d’hier. « On s’est rencontré au séminaire de London », raconte Hélène.

 Leur fils, Maurice le reconnaît. « Mon père et ma mère ont toujours été une équipe ensemble. Ils se sont toujours supportés », confie-t-il.

 Cette équipe a mené à plusieurs années d’implication et d’efforts acharnés dans leur domaine.Malgré les fruits indéniables de leur travail, Robert, modeste, est réticent à en prendre le crédit. « Recevoir le prix Pierre-Bercier, je ne le mérite pas, je suis certain. Mais c’est un grand honneur que je vais tenir à cœur le restant de mes jours ».

Son frère Paul n’est pas d’accord. « À mon avis, même si c’est mon frère, il a été un des grands chefs de la région dans le domaine de l’agriculture », déclare-t-il.

 Craignant d’aller à la retraite et voir la ferme passer à des étrangers, c’est avec grand soulagement qu’ils ont vu leur fils Maurice se décider à prendre la relève de la ferme, le printemps dernier. Hélène et Robert peuvent maintenant s’amuser et raconter avec fierté qu’il y a maintenant une sixième génération de Chauvin qui gère la ferme et qui sait, peut-être éventuellement une septième.

 

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