Volume 31 Numéro 04 Le 11 octobre 2013

Des conseils pour éviter d’autres morts d’abeilles


Par josianne haspeck


En prévision de la saison 2014 des semis de maïs et de soja, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a émis certaines recommandations afin d’éviter d’autres morts d’abeilles.

Des millions d’abeilles ont été retrouvées mortes en 2013. L’ARLA a établi que l’utilisation de semences de maïs et de soja traitées aux néonicotinoïdes a des répercussions sur l’environnement compte tenu de leurs effets sur les abeilles et les autres pollinisateurs. Selon l’ARLA, les tests effectués ont démontré qu’environ « 70 % des échantillons d’abeilles mortes contenaient des résidus de ces insecticides. »

Des recherches sont en cours pour déterminer s’il existe d’autres options respectueuses de l’environnement tout en permettant de continuer à traiter les semences de maïs et de soja. En attendant de connaître les conclusions de ces recherches, l’ARLA exige notamment l’utilisation de lubrifiants favorisant l’écoulement des semences à faible émission de poussière et l’adoption de pratiques plus sécuritaires en matière de plantation de semences.

Selon la Fédération de l’agriculture de l’Ontario (FAO), les scientifiques n’ont toutefois pas identifié avec certitude la cause qui expliquerait cette mortalité des abeilles. « Nous savons que tous nos membres sont affectés par cette question d’une façon ou d’une autre, et malheureusement, il n’y a pas de réponse facile », fait savoir Mark Wales, président de la FAO.

Nouveau choix de semences
Chez les semenciers, on observe également une volonté de régler le problème. Des semences exemptes d’insecticides seront offertes dès cet automne aux agriculteurs, une recommandation du groupe de travail sur la santé des abeilles en Ontario mis sur pied par le ministère de l’Agriculture de l’Ontario (MAAO).

Ce dernier tente toujours de trouver d’autres mesures pour réduire les risques pour la santé des abeilles.

« Nous cherchons des solutions à court terme, confirme Dan Davidson, président de l’Ontario Beekeeper’s Association (OBA). Les pesticides ne devraient être utilisés que lorsque nécessaires, mais jusqu’à tout récemment, les producteurs ne savaient même pas qu’ils avaient le choix. »

Le groupe de travail est composé de la FAO et de l’OBA, mais également de scientifiques et de représentants des gouvernements provincial et fédéral. « Les stratégies que le groupe de travail développe s’appuient sur les données scientifiques disponibles et reposent sur l’expertise des membres du groupe », a précisé le MAAO par courriel.

Pour renverser la situation, Kathleen Wynne a signalé la création d’une équipe de 21 inspecteurs et spécialistes de l’apiculture, l’apport d’un financement annuel de plus de 100 000 $ à l’OBA et la promesse de verser plus de 700 000 $ aux initiatives de recherche sur la santé des abeilles, en 2013.

« Tandis que l’Ontario attend que le gouvernement fédéral (l’autorité de réglementation des pesticides au Canada) lui fournisse son orientation à l’égard de l’utilisation des néonicotinoïdes, nous avons fait ce que nous pouvions en prenant des mesures en vue de trouver des solutions, fondées sur des données scientifiques, pour assurer la santé des populations d’abeilles », a-t-elle indiqué.

« De la nourriture qui nous est destinée, 30 % sont pollinisés. Si ce n’est pas pollinisé, c’est de la nourriture que nous ne pourrons pas manger. Les abeilles font 80 % de cette pollinisation », rappelle M. Davidson.

Il est possible de formuler ses commentaires sur la question de l’exposition des abeilles aux néonicotinoïdes à l’ARLA par l’entremise de cette adresse, pmra.publications@hc-sc.gc.ca, d’ici le 12 décembre.

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