Volume 31 Numéro 20 Le 20 juin 2014

Des délais plus longs pour les travailleurs étrangers temporaires


Philippe Etter engage chaque année deux travailleurs étrangers temporaires sur sa ferme laitière de Sarsfield. -Photo ILessard

Josianne Haspeck

Par Josianne Haspeck
Collaboratrice
info@journalagricom.ca


Les travailleurs étrangers temporaires jouent un rôle tout aussi important que les travailleurs étrangers saisonniers pour les producteurs agricoles ontariens. Or, les délais de réponse plus longs qu’à la normale aux demandes d’avis relatif au marché du travail (AMT) commencent à inquiéter quelques agriculteurs.

Producteur laitier à Sarsfield dans l’Est ontarien, Philippe Etter embauche deux travailleurs étrangers temporaires du Guatemala depuis cinq ans. Ceux-ci s’occupent de la traite des vaches notamment et exécutent plusieurs tâches relatives aux soins des animaux.

Sans eux, il serait difficile de trouver des travailleurs fiables, responsables et prêts à travailler selon des horaires atypiques. « Ils sont ici pour un an moins un jour et habitent dans une maison située sur la ferme. On les paye aux deux semaines selon un salaire établi par Service Canada et on leur garantit un minimum de 50 heures semaine », explique M. Etter.

Les employeurs qui veulent embaucher un travailleur étranger temporaire dans le cadre du Volet agricole doivent soumettre une demande d’AMT, ainsi que tous les documents à l’appui à Emploi et Développement social Canada/Service Canada. Centre Service Canada est responsable précisément de ce programme ou du traitement des demandes d’AMT de la région où le travailleur étranger temporaire sera embauché.

Selon le producteur agricole, les délais depuis deux ans, mais plus spécifiquement cette année, sont particulièrement longs.

« Pour Service Canada, une fois la demande envoyée, c’était une question d’une ou deux semaines avant d’obtenir une réponse. Cette fois-ci, je sais que mon dossier est approuvé, mais il est en attente depuis plus d’un mois. J’attends encore d’obtenir l’autorisation qui doit, semble-t-il, venir d’un niveau supérieur », indique-t-il.

Le producteur laitier a besoin de nouveaux travailleurs pour la fin du mois de juillet.

Le président de Foreign Agricultural Resource Management Services (FARMS), Ken Forth, confirme que les délais sont effectivement plus longs bien qu’il soit normal d’obtenir une réponse au bout de 14 semaines. Comme FARMS a seulement un rôle d’administrateur du programme visant l’embauche de travailleurs étrangers temporaires et non de décideur, il réfère à Service Canada pour toute autre question.

« Il n’y a eu aucun changement au processus d’émission de permis de travail, soutient Nancy Caron, porte-parole pour Citoyenneté et Immigration Canada. Les délais de traitement peuvent varier en fonction du nombre de demandes que nous recevons et des délais pour que ces demandes soient considérées complètes. Tous les documents requis sont inclus. » Elle indique que le délai de traitement pour un permis de travail basé sur un dossier complet est présentement de deux mois et que pour éviter des délais, il faut toujours s’assurer que la demande soit complète et soumise le plus longtemps à l’avance possible.

Le producteur laitier de Sarsfield craint que ces délais ne soient en fait des répercussions du moratoire sur le programme imposé par le ministre fédéral de l’Emploi, Jason Kenney, qui ne touche pourtant que le domaine de la restauration.

« Si aucun nouveau travailleur étranger n’est embauché pour travailler chez nous, ça voudra dire de plus longues heures de travail pour moi, fait savoir M. Etter. Par chance, mes parents travaillent encore au sein de l’entreprise. À court terme, ils pourront me prêter main-forte. »

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