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Des députés ontariens goûtent à une journée de travail sur la ferme

Par Pierre Glaude
info.agricom@atreide.net


Grâce à une initiative de M. Jean-Marc Lalonde, député de Glengarry-Prescott-Russell à l’assemblée législative ontarienne, près d’une trentaine de députés de Queen’s Park pourront constater par eux-mêmes et sur place les grandeurs et les misères du métier d’agriculteur pendant une journée cet été.

Le 2 août dernier, c’était le tour des députés Alvin Curling et Mario Sergio, tous deux représentant des circonscription très urbaine de la région de Toronto, de venir prêter main forte à deux agriculteurs de Prescott-Russell. La ferme de Joseph et Claire Mueller de Clarence Creek accueillait le député Carling, tandis que M. Mario Sergio s’est retrouvé à la ferme de Pierre et Louise Bercier de Ste-Rose. Une journée à la ferme Agricom a rencontré M. Sergio vers 11h15 afin de connaître ses réactions. Celui-ci était arrivé la veille à la résidence des Bercier et s’était levé à 5h15 pour entreprendre diligemment sa journée «J’ai même réveillé M. Bercier», nous a confié avec fierté le député. Ce que Pierre Bercier nous a confirmé.

À l’étable laitière, M. Sergio s’est affairé une bonne partie de l’avant midi à nettoyer l’allée et faire boire les veaux. À 11h30, c’était le copieux brunch à la maison, ?ufs, bacon, fruits, rôties, etc. tout y était. Décidément les Bercier accueillent bien les travailleurs bénévoles ! Et les discussions commencent. Très à propos, on parle d’abord de la difficulté qu’ont les agriculteurs et en particulier les producteurs laitiers à trouver de la main-d’oeuvre compétente. On parle ensuite de l’insuffisance des programmes de soutien aux agriculteurs en Ontario comparativement à ce qui se passe au Québec. M. Sergio est d’accord: l’Ontario a besoin d’un programme de soutien permanent sur lequel les familles d’agriculteurs peuvent compter pour planifier le développement de leurs entreprises et faciliter la prise en mains par la relève. Dans l’état actuel des choses, trop peu de jeunes sont attirés par la profession et de belles fermes sont tout simplement vendues en pièces détachées, en convient le député.

«La ferme familiale risque de disparaître si rien n’est fait», déclare-t-il. Écouter et comprendre «J’ai grandi sur la ferme de mon grand-père aux États-Unis jusqu’à l’âge de dix-huit ans», nous révèle le député Sergio, «mais je suis conscient que la situation d’aujourd’hui sur la ferme est très différente de celle de ma jeunesse». «Je suis venue ici aujourd’hui pour écouter et comprendre les problèmes quotidiens que vivent les agriculteurs ontariens», poursuit M. Sergio. «J’avoue aussi que j’aime beaucoup retrouver le contact avec les animaux de ferme», affirme celui qui effectuait sa première visite dans l’Est ontarien francophone. Messieurs Lalonde et Sergio ont affirmé à Agricom que les députés qui ont visité les fermes partout en province mettront en commun leur expérience dans une présentation au caucus en octobre prochain. Cette présentation visera à émettre des recommandations pour un programme de soutien à long terme des fermes familiales. Le député Sergio a dit se sentir chez lui dans l’Est ontarien sur une ferme francophone. «L’étable, les champs, les animaux, le temps des foins, c’est toute ma jeunesse», s’exclame le député de la région de Toronto dans un excellent français, car toute la conversation se fait uniquement en français chez les Bercier. «Et où avez vous appris cet excellent français», lui demande le journaliste d’Agricom. «Oh mon épouse vient d’Alma au Lac Saint-Jean. Et justement, demain je continue mon voyage vers le Lac Saint-Jean», lui répond le député. «Mon beau-père apprécie toujours mon aide pour finir la deuxième coupe de foin. Il dit qu’il aime bien ma technique pour placer les balles de foin dans la charrette», conclut en badinant le député torontois. [Photo : Le député à table avec J.M.L et la famille Bercier; BdV :] Mario Sergio, député de Queen’s Park (à l’extrême droite), invité de Jean-Marc Lalonde (assis à sa droite), en discussion lors d’une pause durant sa journée de travail à la ferme chez la famille Bercier de Ste-Rose, le 2 août dernier.

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