Volume 33 Numéro 05 Le 23 octobre 2015

Des élections marquées par un retour fracassant des libéraux


Par Chantal Quirion
redaction@journalagricom.ca


Après 10 ans de règne conservateur, le Canada entre dans l’ère libérale avec Justin Trudeau, qui à 43 ans, s’inscrit comme le plus jeune premier ministre de l’histoire du pays. Pour Stephen Harper, la défaite a été cuisante. L’ancien premier ministre, bien que réélu dans sa circonscription, a annoncé sa démission le soir même des élections, le 19 octobre.

De la bouche de plusieurs commentateurs, c’est une véritable vague rouge, sinon un raz-de-marée,  qui se sont abattus sur le pays avec une récolte de 184 sièges pour les libéraux sur les 338 disponibles, leur conférant du même coup le statut de parti majoritaire. Ils n’en occupaient que 36 à la veille du déclenchement des élections. Les conservateurs eux,  ont perdu leur pari d’obtenir à nouveau la majorité avec un faible score de 99 sièges alors qu’ils en comptaient 159 à la dissolution de la Chambre. La déconfiture a été tout aussi grande pour Thomas Mulcair et ses troupes alors que le NPD n’a raflé que 44 circonscriptions. Il faut se souvenir qu’en 2011, c’est une vague orange qui avait coloré les élections alors que le NPD avait fait une percée spectaculaire au Québec, au détriment des libéraux et du Bloc québécois qui sont revenus à l’avant-scène, comme en témoignent les résultats de lundi soir. Dans les provinces Atlantique notamment, les libéraux ont tout balayé sur leur passage. En Ontario, les résultats sont impressionnants avec 80 sièges sur les 121 disponibles de la province, sans parler d’une reprise marquée de circonscriptions dans le Nord de l’Ontario.

Aussi, dans Glengarry-Prescott – Russell (GPR), circonscription majoritairement francophone avec une forte densité d’entreprises agricoles laitières, le candidat libéral Francis Drouin a ravi le siège du député conservateur Pierre Lemieux qui siégeait depuis 2006. Historiquement, GPR est considéré comme un fief libéral, étant resté aux mains des Rouges de 1962 à 2006.

Les agriculteurs de cette circonscription avaient d’ailleurs convié les candidats pour un débat sur les grands enjeux agricoles, au cours duquel le maintien intégral de la gestion de l’offre et le contournement des barrières tarifaires aux frontières américaines avaient occupé toute la place. Ont-ils fait tourner le vent? Difficile d’en présumer, mais pendant ces 78 jours de campagne, le désir de changement a été abondamment exprimé. Élections Canada indique par ailleurs un taux de participation record avec 68,5 %, sommet jamais atteint depuis 1993.

La Fédération d’agriculture de l’Ontario indique de son côté avoir été très active pendant cette campagne.

« Les décisions prises par le fédéral affectent tous les Canadiens, incluant la façon dont nous gérons nos fermes en Ontario. La Fédération d’agriculture de l’Ontario a fait tous les efforts durant cette campagne pour garder cet enjeu à l’esprit des candidats. L’agriculture est rarement en tête des plateformes électorales quel que soit le parti, mais la FAO a travaillé à ce que tous les partis et tous les candidats gardent ces enjeux sur la table. Nous avons aidé à permettre une meilleure compréhension des programmes et des règles qui influencent les agriculteurs de l’Ontario et du Canada » a déclaré,  Paul Wettlaufer, membre du conseil d’administration de l’OFA.

Les experts agricoles

Chez les libéraux, Mark Eyking, porte-parole du parti pour l’agriculture a été élu dans Sydney-Victoria au Cap Breton. Diplômé en commerce du Nova Scotia Agricultural College, il a également étudié en agriculture durable à l’Université de Davis. En politique depuis 2 000, il a occupé plusieurs postes clés dont secrétaire parlementaire auprès du ministre de l’Agriculture avant d’être nommé au cabinet de Paul Martin pour un mandat portant sur les économies émergentes, entre autres. Il a d’abord été producteur maraîcher pendant une vingtaine d’années. Personne dans le milieu agricole ne s’étonnerait de le voir nommer ministre de l’Agriculture. M. Trudeau dévoilera la composition de son cabinet le 4 novembre.

Pour sa part, Gerry Ritz, ministre sortant de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire a été réélu dans Battlefords-Lloydminster en Saskatchewan. C’est donc du côté de l’opposition officielle qu’on devrait le retrouver.

Lors du débat des dirigeants agricoles organisé par la Fédération d’agriculture canadienne, FAC le public avait pu entendre Malcolm Allen porte-parole du NPD pour l’agriculture. Ce dernier n’a toutefois par remporté le suffrage dans Niagara-Centre qui est passé aux mains des libéraux.

 

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