Volume 32 Numéro 20 Le 19 juin 2015

Des fraises de l’Ontario à la fête des mères


Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Si le fraisier à jours neutres suscite la curiosité des producteurs maraîchers, plusieurs aspects de sa culture demeurent méconnus à ce jour.

Le Programme d’innovation en agriculture d’Agriculture Canada accorde une subvention de cinq ans pour de la recherche sur l’amélioration de la production du fraisier à jours neutres aussi appelé fraisier à production continue. Le fraisier à jours neutres n’est pas sensible à la lumière du jour. Il produit tôt le printemps et aussi longtemps que la température le permet, souvent tard en octobre, contrairement au fraisier ordinaire qui ne produit qu’en juillet. L’étude du fraisier à jours neutres d’Agriculture Canada se penchera sur quatre volets : l’hibernation, les stolons, la création de nouveaux hybrides et la fertilité du sol.

Le fraisier à jours neutres est une plante intrigante à plusieurs points de vue, notamment en ce qui a trait à son comportement hivernal et ses besoins en protection. On a longtemps pensé que le fraisier à jours neutres devait être cultivé en grands tunnels. Or le fraisier à l’extérieur ne semble pas affecté par les hivers froids; même constat pour les hivers froids avec beaucoup de neige. De plus, le fraisier du nord et celui du sud ne semblent pas hiberner de la même façon. Il s’agit de déterminer ce qui serait à recommander aux producteurs.

Le 2e volet de la recherche porte sur les stolons. Devraient-ils être coupés une fois par semaine, une fois par mois ou une fois par année? Quel est son effet sur la production de fleurs et de fraises? Dans le sud, le fraisier produit beaucoup plus de stolons et de feuilles (il faut chercher les fraises dans le plant) et produit des fleurs 2 fois par année. Dans le nord, le même cultivar de fraisier à jours neutres produit moins de stolons et produit des fleurs plus régulièrement. Il faut déterminer le temps nécessaire pour couper les stolons et pour cueillir les fraises dans un plant qui cache les fruits sous les feuilles : est-ce que c’est économiquement rentable? Ce volet de l’étude se passera donc chez des producteurs pour obtenir des données selon leurs habitudes de cueillette.

Une autre des difficultés avec le fraisier à jours neutres est celle de créer de nouveaux hybrides. Présentement, la reproduction du fraisier se fait par les graines, mais jusqu’ici la production d’hybrides a été un échec. Les tests qui ont été effectués avec la variété Albion ont produit des fraisiers faibles qui ne survivent pas. La reproduction de ce fraisier réussit bien par la culture des tissus, mais il est impossible de créer un hybride de cette façon. Les chercheurs se butent à la complexité de la génétique du fraisier à jours neutres et à la difficulté de déterminer le sexe du plant. Ce volet de la recherche se fera en collaboration avec des chercheurs de la Floride.

Une autre pratique qui intéresse l’équipe de chercheurs est la production de fraises dans les grands tunnels. Les grands tunnels sont conçus pour être déplacés, mais dans la pratique, les producteurs ne les déménagent pas : ça soulève des préoccupations sur la qualité du sol. Pour pallier à cela, les producteurs ont tendance à utiliser des bacs soulevés. Les chercheurs veulent identifier le bon mélange de sols et les besoins en fertilisation.

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