Volume 30 Numéro 21 Le 12 juillet 2013

Des francophones mieux servis qu’ils ne le pensent


Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


L’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) commence à voir les retombées de sa montée de lait du 14 juin au sujet du piètre état des communications francophones en milieu agricole ontarien. Le Dairy Farmers of Ontario (DFO) et le Egg Farmers of Ontario (EFO) ont tous deux vigoureusement fait valoir que leurs organismes s’efforçaient d’offrir des services en français, mais ont avoué prévoir entreprendre quelques démarches supplémentaires dans les prochains mois pour rendre encore plus accessibles l’information dans la deuxième langue officielle.

« L’Ontario compte au-delà de 3000 exploitants agricoles qui se déclarent de langue maternelle française, a confié Simon Durand, directeur général de l’UCFO. C’est important pour nous que cette population ne soit pas négligée et laissée pour compte. »

Ce dernier avait fait une sortie publique pour dénoncer et exprimer sa consternation face à la difficulté des agriculteurs de langue française de travailler et de transiger dans la langue de leur choix.

Il n’en fallait pas moins pour que les représentants des deux agences de commercialisation ne contactent le directeur général de l’UCFO pour faire état des efforts déployés par leurs organismes respectifs pour bien desservir leur clientèle francophone.

« On sait que ce n’est pas 100 %, mais on ne peut pas dire que c’est absent », nous a confié le membre du bureau de direction et représentant francophone du Egg Farmers of Ontario, Marcel Leroux.

Même son de cloche du côté de DFO. En entrevue avec Agricom, le responsable des communications, Graham Lloyd, s’est dit avoir été un peu surpris lorsqu’il a pris connaissance du communiqué de presse diffusé par l’Union. Celui-ci soutient faire des efforts considérables pour satisfaire les producteurs laitiers francophones.

« Une fois qu’un producteur nous indique qu’il veut recevoir ses communications en français, nous leur envoyons tout dans la langue de son choix », a-t-il affirmé. M. Lloyd précise que toutes les communications avec les producteurs peuvent être traduites en français et assure que l’information est acheminée dans les plus brefs délais.

« Nous ne faisons pas la traduction après faits, nous faisons la traduction simultanément. Dès qu’un agriculteur s’est enregistré comme francophone, on leur envoie la documentation en français en même temps que celle acheminée aux anglophones », a-t-il poursuivi.

Tant du côté de DFO que d’EFO, on assure que des représentants et des inspecteurs bilingues sont assignés aux agriculteurs de langue française de l’Est ontarien, auquel s’ajoute la région du nord pour le DFO.

De plus, les rapports annuels, les formulaires et les règlements sont tous disponibles dans la langue de Molières. Même chose pour les bulletins électroniques ou les magazines qui sont en partie ou entièrement traduits, selon le cas.

Efforts supplémentaires

« Nous n’avons jamais eu une plainte, a spécifié le responsable des communications du DFO. Si un producteur veut une information en français, nous voulons travailler avec eux et nous assurer que les communications sont efficaces. »

Les deux porte-parole ont spécifié que leurs organismes vérifieraient la disponibilité des formulaires en français sur leur site web dans les prochains mois et ont promis qu’ils rendraient disponibles ceux qui ne l’étaient pas, puisqu’ils sont de toute façon déjà traduits.

Quant à l’EFO, Marcel Leroux a annoncé que le programme éducatif sur lequel travaillent leurs employés sera traduit en français d’ici l’automne, de façon à ce que les écoles francophones puissent en bénéficier.

Simon Durand félicite les efforts supplémentaires promis par les deux offices de commercialisation pour faire une revérification de l’accessibilité des documents francophones et d’apporter les correctifs nécessaires pour faciliter la tâche des agriculteurs francophones.

« Nous ne voulons pas que nos entrepreneurs agricoles réussissent moins bien parce qu’ils parlent une langue moins populaire. Alors j’invite tous les producteurs à ne pas hésiter à demander des services en français », a conclu M. Durand.

Les deux organismes ont toutefois répondu à notre journaliste qu’il n’était pas dans leurs plans de traduire l’ensemble de leurs sites web respectifs.

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