Volume 30 Numéro 09 Le 21 décembre 2012

Des poulets qui coûtent cher


En Ontario, les agriculteurs peuvent élever et vendre jusqu'à 300 poulets par année à partir de leur propriété à des acheteurs qui se présentent à ladite ferme pour consommation personnelle. Photo ILessard

Par Julie Bellefeuille
info@journalagricom.ca


Les organismes Practical Farmers of Ontario (PFO) et Sustain Ontario unissent leurs forces pour mener une campagne pour convaincre le Chicken Farmers of Ontario (CFO) de permettre aux agriculteurs d’élever une plus grande quantité de poulets sans être contraints à acheter un quota. Ces deux groupes voudraient voir la limite actuelle passer de 300 à 2000 volailles par année, en Ontario.

Selon la loi ontarienne, un producteur agricole peut élever jusqu’à 300 poulets par année sans avoir à se procurer un quota de production, une limite imposée et gérée par le CFO.

En Ontario, pour avoir plus de 300 poulets, il faut investir un minimum de 1,75 million $ pour se procurer le quota minimum, qui donne le droit de produire 14 000 têtes par cycle. En considérant qu’on compte dans une année jusqu’à sept cycles de production, on estime donc que ce quota minimum permet à un producteur d’élever approximativement 98 000 poulets de grain annuellement, une quantité beaucoup trop élevée pour certains petits producteurs.

L’Ontario reste l’une des provinces canadiennes les plus limitatives pour la production de viande de volaille en limitant le nombre à 300 poulets par année. Selon le président du PFO, Sean McGivern, c’est loin d’être économiquement viable pour les petites fermes ou encore pour les fermes diversifiées et l’achat du quota minimum est impensable. Sustain Ontario et le PFO voudraient donc que les agriculteurs aient plus  d’options.

Selon M. McGivern, la limite actuelle est inefficace. Il explique que les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas intéressés à se diriger en production avicole, car l’investissement de départ est trop important et  que la rentabilité n’est pas envisageable avant des années.

Procédures
Au début septembre, le PFO a envoyé une requête auprès du CFO pour lui expliquer le problème et lui donner des pistes de solution possibles, mais leur demande a été refusée.

La vice-présidente du panneau de direction, Gwen Zellen, a indiqué que l’élevage de 300 poulets est permis afin de pouvoir aider les familles à les élever pour leur propre consommation. « Conformément à la règle numéro 2387-2012 du CFO, les petits producteurs peuvent produire et vendre jusqu’à 300 poulets [par année] à partir de leur propriété à des acheteurs qui se présentent à ladite ferme pour consommation personnelle ».

Le PFO a fait appel devant le conseil d’administration du CFO et promet de poursuivre ses démarches devant le tribunal du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario ou encore devant la Commission de la commercialisation des produits agricoles si leur demande est à nouveau refusée.

Ailleurs au Canada
M. McGivern explique que plusieurs autres provinces ont une exemption moins restrictive et que les producteurs ontariens sont désavantagés. Par exemple, la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba ont une limite de production variant entre 999 et 4000 volailles.

Quant à la Nouvelle-Écosse, les nouveaux producteurs peuvent élever jusqu’à 500 poulets sans devoir payer de quota la première année et augmenter leur limite jusqu’à 10 000 têtes les années subséquentes, moyennant quelques frais annuels et des frais de licence. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *