Volume 32 Numéro 09 Le 19 décembre 2014

Des prévisions météo imprévisibles


-Photo ILessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Environnement Canada prévoit que l’hiver sera… Impossible de répondre à cette question, nous a répondu le météorologue Peter Kimbell. Étrange situation que celle de cette saison qui s’amorce sur une note d’incertitude.

Alors que le météorologue et chasseur de tempêtes Mark Robinson annonce un hiver tout aussi froid que le dernier, les écrans du ministère fédéral, eux, affichent une carte blanche. Est-ce un signe que Dame-Nature fera encore à sa tête ? Sans doute.

En fait, la carte des prévisions pour janvier, février et mars est effectivement blanche, tant du côté des précipitations que pour la température. Cela indique que les quantités de neige prévues et le chiffre qu’indiquera le thermomètre ne seront ni au-dessus de la normale, ni dans la normale, ni en dessous.

« La probabilité est autant dans les trois scénarios. En d’autres mots, on ne sait pas », répond simplement Peter Kimbell, qui ajoute avec plus de certitude que le temps sera un peu plus chaud que la normale et possiblement un peu plus sec d’ici le jour de l’An. Il s’avance même à dire, avec précaution, que le même scénario pourrait se poursuivre au cours des premières semaines de janvier.

« Après cette période, il n’y a pas de prévision que nous pouvons donner avec beaucoup de confiance », prévient-il.

Une science inexacte
Le phénomène n’est pas si rare. Il arrive assez couramment que les spécialistes ne puissent pas prédire la météo plusieurs semaines à l’avance. M. Kimbell fait remarquer qu’il s’agit après tout d’une science basée sur l’instabilité et qui varie en fonction de nombreux facteurs.

D’ailleurs, Peter Kimbell avoue lui-même s’être trompé l’an passé et avoir prédit un hiver doux alors que le vortex polaire était descendu plus au sud qu’à l’habituel, apportant avec lui des températures terriblement froides. Le vortex est un courant froid qui circule normalement à travers les régions polaires.

« Prévoir le temps plus de deux semaines à l’avance est extrêmement difficile à faire. C’est une science dans son ensemble et au-delà de deux semaines, on fait ce qu’on peut, mais il y a beaucoup d’incertitude », explique le météorologue d’Environnement Canada.

Ce dernier indique qu’il est encore plus difficile de prévoir les précipitations de neige puisque les tempêtes se déplacent rarement comme prévu. Il cite à titre d’exemple la première bordée de neige de cette année, le 11 décembre. Elle a laissé pas moins de 20 cm à Toronto, alors que Kitchener, situé à 100 km, n’a rien eu.

« Même à court terme, c’est souvent difficile de prévoir où se déplacera la tempête », dit-il.

D’ailleurs, les données statistiques d’Environnement Canada n’indiquent pas de tendance à la baisse quant aux quantités de neige reçues au cours des dernières années, comme on pourrait le croire.

Selon un texte d’André Dumont publié dans le Bulletin des agriculteurs, Mark Robinson s’avance à dire que le mercure descendra sous la normale de saison pour l’Ontario, le Québec, le Manitoba et le Midwest américain. Le météorologiste du Weather Network s’attend également à avoir une quantité de neige plus élevée qu’à l’habituel.

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