Volume 31 Numéro 06 Le 8 novembre 2013

Des végétaux et des bactéries qui collaborent


Par Agriculture et Agroalimentaire Canada


Imaginez que les cultures puissent survivre sans engrais industriels azotés. C’est l’objectif que tente d’atteindre Krzysztof Szczyglowski, chercheur d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) du Centre de recherches du Sud sur la phytoprotection et les aliments (CRSPA) de London, dans le cadre de ses recherches sur les bactéries fixatrices d’azote qui interagissent avec certains végétaux.

Compte tenu de la croissance de la demande d’aliments à l’échelle internationale, la mise au point de nouvelles pratiques permettant d’optimiser la croissance des végétaux tout en réduisant ou en minimisant l’utilisation d’intrants synthétiques comme les engrais sera bénéfique pour le secteur. Les engrais azotés stimulent la croissance des végétaux et augmentent la production des agriculteurs, mais la fabrication de ces engrais comporte des coûts et des défis.

Heureusement, certains végétaux ont développé la capacité de trouver eux-mêmes l’azote dont ils ont besoin pour croître naturellement.

« Certains végétaux, principalement les légumineuses comme le soja et la luzerne, n’ont pas besoin d’engrais industriels azotés puisqu’ils interagissent avec certaines bactéries du sol et les hébergent dans leurs nodules racinaires, explique Krzysztof Szczyglowski. Ces nodules permettent aux végétaux de fixer l’azote atmosphérique, sans avoir besoin d’engrais. Comme l’atmosphère contient 78 % d’azote, elle constitue une source d’azote largement sous-utilisée qui peut remplacer les engrais industriels ».

Le chercheur tente d’élucider pourquoi certaines bactéries du sol peuvent pénétrer la racine des végétaux et pourquoi ces derniers développent ensuite des nodules. Les nombreux gènes végétaux symbiotiques identifiés par Krzysztof Szczyglowski ont suscité un intérêt à l’échelle internationale et ses travaux ont été publiés dans plusieurs revues scientifiques prestigieuses, dont le Science.

Depuis, il poursuit son objectif qui consiste à limiter le besoin d’utiliser des engrais azotés dans les cultures qui peuvent héberger certaines bactéries et se procurer elles-mêmes de l’azote.

La relation entre les bactéries fixatrices d’azote et les végétaux fait l’objet d’études depuis plus de 100 ans. Selon Krzysztof Szczyglowski, qui y a consacré 25 ans de recherche, on peut s’attendre à comprendre entièrement cette relation et à pouvoir mettre au point une vaste gamme d’applications d’ici 10 à 20 ans.

Le CRSPA fait partie du réseau national de centres de recherche d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Le Centre effectue des recherches dans les domaines de la génomique des cultures, de la biotechnologie et de la lutte antiparasitaire intégrée (maladies des insectes et des végétaux). Un des principaux objectifs des recherches d’AAC consiste à promouvoir l’innovation scientifique et la durabilité de l’environnement afin d’aider le secteur à accroître sa résilience et ses possibilités de croissance.

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