Volume 31 Numéro 17 Le 9 mai 2014

Des vins vendus dans les marchés fermiers


-Photo ILessard

Par Lysane Caouette


Les consommateurs peuvent retrouver sur les tablettes des marchés fermiers les vins certifiés de la Vintners Quality Alliance (VQA) depuis le 1er mai. Le projet pilote de deux ans dirigé par la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario s’inscrit dans la Stratégie de développement de l’industrie du vin et du raisin de la province lancé en 2009 par le gouvernement de l’Ontario.

La VAQ est un organisme de réglementation provincial qui s’assure de maintenir l’intégrité des appellations des vins locaux et de faire respecter la vinification et l’étiquetage selon les normes établies.

L’autorisation de vente des vins de la VQA dans les marchés de producteurs permettra à une vingtaine d’entreprises vinicoles locales de jouir d’une plus grande visibilité dans les marchés ontariens.

Sur les 200 marchés publics que compte la province, les vins, les fruits et les légumes se côtoieront dans seulement six d’entre eux pour le lancement du projet-pilote, soit Hamilton, London, Prince Edward, Grand Bend et St. Thomas. D’autres approbations sont prévues sous peu pour permettre aux 140 vineries ontariennes certifiées VQA d’étendre elles aussi leurs tentacules.

La certification VQA critiquée
Pour les viticulteurs de l’Est ontarien, cette nouvelle n’amène rien de nouveau puisqu’à ce jour, aucune bouteille fabriquée dans un des vignobles de l’est de l’Ontario n’a reçu la certification de la VQA.

Jan-Daniel Etter, propriétaire et viticulteur du vignoble le Clos du Vully, explique que pour sa part, les vignes hybrides qu’il utilise dans son vignoble situé à Navan ne sont pas conformes aux normes rigoureuses de certification de la VQA.

En effet, la majorité des viticulteurs de l’Est ontarien extrait le jus des raisins provenant de vignes hybrides. Ces manipulations génétiques sont nécessaires entre autres pour permettre aux vignes de survivre aux hivers de cette région et à diverses maladies dont sont susceptibles par exemple certains cépages européens, explique M. Etter.

À ce jour, seulement huit cépages hybrides sont acceptés, soit le Baco Noir, le Chambourcin, le Chancellor, le Coudere Muscat le Maréchal Foch, le Seyval Blanc le Vidal Blanc et le Villard Noir. Une dizaine d’autres cépages hybrides peuvent être utilisés en faible quantité lorsque mélangés à d’autres cépages.

Un terrain fertile
Pour Jan-Daniel Etter, les années à venir ne peuvent qu’apporter des bienfaits à l’industrie viticole locale. Il soutient notamment que de permettre aux producteurs de vins d’ici de vendre leurs alcools dans les marchés sans nécessairement être soumis à la norme VQA pourrait être bénéfique pour les petites régions productrices de vin.

« Il y a beaucoup de pression de la part des petits et moyens vignobles pour qu’il y ait des changements dans un futur proche, et qu’on puisse vendre des vins non VQA dans les marchés publics. Ça serait une option qui ouvrirait la possibilité de développer de nouveaux vignobles et économiquement, ça nous donnerait une opportunité de plus de vendre nos produits. Ce serait très encourageant pour la viabilité des entreprises viticoles surtout dans les régions non traditionnelles », affirme-t-il. Il considère le marché viticole de la province comme étant un terrain fertile pour développer plusieurs possibilités afin d’encourager la consommation de produits locaux.

Depuis le lancement de cette stratégie, 2 000 emplois ont été créés et le nombre de vineries de la VQA a doublé.

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