Volume 31 Numéro 10 Le 17 janvier 2014

Deuxième victoire pour les producteurs avicoles francophones


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Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Les producteurs de poulets francophones qui avaient porté leur cause devant les tribunaux pour obtenir le droit de transiger avec les abattoirs québécois et qui ont remporté la bataille se feront rembourser leurs frais légaux. Dans une décision rendue le 20 décembre, le juge Michel Z. Charbonneau a ordonné au Chichen Farmers of Ontario (CFO) de rembourser les coûts légaux déboursés par le groupe de 24 producteurs de poulets francophones, soit l’équivalent de 202 500 $.

Le juge de la Cour supérieure de l’Ontario a ordonné à l’association de payer 170 000 $ auxquels s’ajoutent entre autres des déboursés de 32 200 $.

« Nous avons obtenu une bonne partie de ce que nous voulions [en terme de modification aux politiques] et nous avons en plus une bonne compensation, alors nous sommes satisfaits », s’est exprimé en entrevue téléphonique Nicole Decaire, une productrice francophone d’Apple Hill.

C’est cependant beaucoup moins que ce qu’avait réclamé à la cour l’avocat des producteurs, Ronald Caza. Les 24 aviculteurs francophones avaient initialement demandé un remboursement de 365 000 $. Ils ont donc obtenu 55 % du montant revendiqué.

Dans une tentative de régler l’affaire hors cour, le CFO avait offert aux producteurs avicoles francophones le tiers de la somme exigée. Insatisfaits de cette proposition, les agriculteurs s’étaient adressés à la Cour de justice de l’Ontario pour régler le litige une fois pour toutes.

« Nous avons obtenu beaucoup plus au travers du juge et je crois qu’il a été très juste envers nous », a déclaré Mme Decaire.

Un dossier en progression
Les producteurs de poulets sont heureux d’avoir obtenu le droit de faire abattre leurs poulets dans des abattoirs francophones – du côté du Québec -, mais leur vœu le plus cher pour l’année 2014 serait de voir s’établir un abattoir dans l’Est ontarien.

Ultimement, ces agriculteurs voudraient pouvoir faire abattre leur volaille plus près de leur entreprise, non seulement pour diminuer les pertes financières dues au transport vers la région de Toronto et pouvoir offrir à leurs clients des aliments locaux, mais aussi pour développer l’économie de la région.

« Si nous voulons faire abattre nos oiseaux en Ontario, il faut absolument aller à 5 heures de route de nos fermes, s’insurge la productrice. Ça fait loin ! Plus longtemps le poulet est en mode transport, plus il perd de poids et c’est une perte que nous devons assumer, en tant que producteur. »

Simon Durand, directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) pense que la construction d’un abattoir dans l’est de la province pourrait amener plusieurs autres usines de transformation à venir s’implanter dans cette région, tout comme Olymel l’a fait à Cornwall avec son usine de bacon.

Celui-ci a d’ailleurs rencontré personnellement la première ministre et ministre de l’Agriculture, Kathleen Wynne, lors d’un souper-bénéfice le 28 novembre dernier. Sa participation financée par des producteurs de poulets de l’Est ontarien et l’UCFO, lui a ainsi permis d’exposer la situation à Mme Wynne et de lui demander que la région puisse obtenir son abattoir francophone plutôt que d’envoyer les poulets sur la rive québécoise ou à Toronto.

L’homme d’affaires francophone de Sarsfield, Robert Laplante, est pour l’instant le seul qui a concrètement soumis un projet d’implantation d’un abattoir dans l’Est ontarien.

Rappelons qu’au terme de plusieurs jours de contreinterrogation et de plaidoyer, le CFO avait reconnu et concédé que leurs règlements existants violaient les droits linguistiques des producteurs de poulets francophones. Les dirigeants de l’organisme avaient donc accepté de les modifier pour accommoder ceux-ci.

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