Volume 33 Numéro 06 Le 6 novembre 2015

DFO maintient le cap pour établir sa stratégie


Crédits photos : N.CARNET / P. BOURGAULT / CNIEL

Par Chantal Quirion


Dairy Farmers of Ontario (DFO) dément catégoriquement les rumeurs à l’effet qu’elle laisserait tomber son intention d’implanter sa propre stratégie sur les ingrédients laitiers. Elle maintient néanmoins que parvenir à une entente nationale demeure une priorité.

Une telle stratégie, qu’elle soit ontarienne ou canadienne,  viserait à rendre le secteur des ingrédients laitiers non gras plus compétitif.

« Ce n’est pas vrai que l’on se retire et c’est très important de le comprendre. Nous avons toujours un intérêt élevé pour un accord national, ça demeure une priorité, mais d’après nous, notre plan ontarien constitue une base. Toutefois, un accord national serait meilleur que juste l’Ontario », réagit Graham Lloyd, conseiller général et directeur des communications chez DFO.

Rappelons que le 13 octobre dernier, DFO a annoncé avoir obtenu l’appui des transformateurs ontariens Gay Lea Foods et Parmalat pour la mise en œuvre de sa stratégie, soit les deux seules entreprises à transformer le surplus de protéines laitières dans la province. Cet appui se concrétiserait entre autres, par des investissements dans des technologies plus performantes pour offrir d’autres dérivés que la poudre de lait qui sert principalement à l’alimentation animale. Ce débouché s’avère peu lucratif et gruge dans les profits des producteurs laitiers. DFO a avancé la date du 1er février pour aller de l’avant avec la mise en œuvre. Il y a cependant un « si ». Pour que cette stratégie soit optimale, il faut la réunion d’une deuxième condition, la création d’une sixième classe non contingentée d’ingrédients laitiers. DFO a déposé une demande en ce sens,  auprès de la Commission de commercialisation des marchés agricoles.

Cette nouvelle classe ne viserait pas à arrêter les importations de concentrés protéiques, mais plutôt à offrir un cadre plus concurrentiel aux échanges commerciaux.

Mais en même temps que DFO se concentrait sur l’atteinte de ses objectifs provinciaux, ses représentants continuaient à siéger sur le comité national, qui lui aussi planche depuis plusieurs années pour trouver des solutions au problème des débouchés. Au cours des dernières semaines, plusieurs journées de négociations ont mobilisé l’ensemble de l’industrie laitière canadienne.

« Nous au niveau national on est déjà en négociation avec les transformateurs. Ils sont tous là, l’Association canadienne des transformateurs, la Commission canadienne du lait, en fait, l’objectif dans tout ça c’est de trouver des marchés plus valorisants. Il y a plusieurs pistes de solution et on n’en ignore pas une », explique pour sa part, Thérèse Beaulieu aux communications pour les Producteurs de lait du Canada. Celle-ci indique toutefois qu’il n’est pas dans la nature d’une négociation d’être tenue sur la place publique et que les annonces ont pour habitudes d’être faites une fois des ententes conclues.

C’est donc derrière des portes closes que continue à se dérouler le débat national. Toutefois, l’annonce de DFO a suscité de vives critiques. Il en est mention dans un document obtenu par Agricom, dont le contenu ne peut être publié sans le consentement des Producteurs laitiers du Québec qui n’ont pas encore répondu à notre appel. Toutefois, lors d’une réunion le 2 novembre, DFO  a indiqué à ses membres qu’il y avait bel et bien réactions de l’ensemble des provinces canadiennes, hormis l’Ontario, qui auraient l’intention d’unir leur voix pour faire avorter la stratégie ontarienne.

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