Volume 32 Numéro 09 Le 19 décembre 2014

Du bœuf beau, bon, pas cher!


-Photo MDumont

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Dans le contexte d’une année difficile pour la production de cultures destinées à l’alimentation animale dans le Nord ontarien, les recherches appliquées visant à diminuer les coûts de production du bœuf de boucherie prennent tout leur sens. Des chercheurs de la Station de recherche de New Liskeard ont ouvert leurs portes à Agricom et expliqué les techniques qui sont mises à l’essai depuis quelque temps, mais dont les résultats sont encore préliminaires.

Toute la recherche est axée sur la façon la plus économique de produire du bœuf, une préoccupation particulièrement pertinente cette année. De fait, le Témiskaming a vécu une saison difficile pour les grandes cultures. Le ministère de l’Agriculture de l’Ontario évalue les pertes en récoltes entre 5 et 5,5 millions $. Dans le soya par exemple, 10,000 des 14 000 acres ont été laissés aux champs.

L’an dernier, des essais pour tenter d’intégrer des épines d’épinettes et des déchets d’écorces n’ont pas donné des résultats concluants. Les vaches ont rejeté les mélanges, mais les chercheurs ont observé qu’elles s’alimentaient de litière composée de fins copeaux de tremble, de peuplier et de bouleau.

Ainsi depuis novembre, les chercheurs testent différentes rations pour diminuer les coûts d’alimentation : 100 % foin, 25 % copeaux/75% foin ainsi que 25 % paille/75% foin. Les sujets de recherche seront pesés régulièrement et subiront un ultrason tous les 60 jours pour déterminer la quantité de gras corporel. Des données seront également recueillies au moment du vêlage afin de déterminer s’il a été facile et comparer le veau à ceux mis au monde par des vaches alimentées de façon plus traditionnelle.

Pâturage au maïs
Un autre volet de cette recherche visant à laisser les vaches paître dans un champ de maïs à l’automne permettrait aux éleveurs de faire des économies significatives. Si les résultats de la prise de poids sont jugés bons, le coût d’alimentation passerait de 1 $ par jour pour un animal nourri au foin à 80 ¢ au pâturage de maïs.

Dans le champ où une différente section est rendue disponible chaque jour – sans quoi elles ne s’alimentent que des épis –, les vaches mangent tout le plant jusqu’à 35 centimètres du sol.  Le maïs remplit bien les besoins alimentaires du bœuf qui a besoin de peu de protéines, mais beaucoup d’énergie et de fibres contenues dans les feuilles et la tige.

Bien que les vaches aient de l’eau à volonté comme le veut le protocole de recherche, elles n’y touchent pas quand il y a de la neige. Un souci de moins pour les producteurs.

Le même essai a lieu dans un second champ où on n’a prélevé qu’une coupe de foin. D’autres expériences similaires ont déjà démontré que les vaches s’accommodent bien de cette technique d’alimentation s’il elles sont protégées du vent et à condition que la neige ne recouvre pas le foin puisqu’elles n’ont pas l’instinct de la déplacer pour trouver la nourriture.

Cette pratique pourrait particulièrement être économiquement avantageuse dans le nord de l’Ontario où le foin est souvent visible jusqu’à Noël et où la deuxième coupe de foin peut causer la perte de la plante due au gel.

Nourrir les animaux dans un champ présente aussi l’avantage d’éliminer la tâche d’épandage du fumier.

D’autres volets de l’étude débuteront au printemps prochain, alors que la Station de recherche sèmera différents types de foins, de graminées ou des mélanges.

Des tests seront aussi menés sur des veaux qui naîtront en janvier et en juin afin d’évaluer la rentabilité pour les producteurs de bœuf du nord de l’Ontario.

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