Volume 29 Numéro 03 Le 21 septembre 2011

Du boeuf en or


Par Marc Dumont, collaborateur


Jason Desrochers, président de la Coopérative des producteurs du Bœuf en or, a réussi son pari. Ce jeune agriculteur de Val Gagné, dans la Grande enclave argileuse du Grand Nord de l’Ontario a mis sur pied une coopérative de 7 producteurs de bœuf qui a mis en marché une viande devenue un produit de niche. La qualité du Bœuf en or n’est plus à établir, si bien que cette coopérative roule en vitesse grand « V » et ne suffit plus à répondre au marché.

 

Il s’est d’ailleurs mérité le Prix du Premier ministre pour l’innovation agroalimentaire, accompagné d’une bourse de 5000 $ pour avoir réussi la mise en marché de son produit plutôt rare.

 

Qualités nutritives

Cette viande rouge contient une quantité significative de vitamines B12 et d’Omega 3. L’animal est élevé sans supplément alimentaire, sans grain, sans antibiotique et sans hormone de croissance. Il est nourri grâce au fourrage de qualité qu’on retrouve dans le Nord de l’Ontario et il demeure au pâturage jusqu’au moment de l’abattage, vers l’âge de 12-14 mois. Sa viande qui contient des avantages certains pour la santé humaine est très maigre.

 

Ce nouveau produit a fait l’objet de recherches à l’Université du Québec en Abitibi- Témiskaming et à l’Université de Guelph, à ses stations de recherche de New Liskeard et de Kapuskasing. Le chef Daniel Esposito du Collège Canador de North Bay s’est impliqué pour la méthode de cuisson et pour les dîners organisés pour tester le produit afin de s’assurer qu’il corresponde au goût des gens soucieux de consommer du bœuf de qualité supérieure. La recherche a démontré que cette viande rouge ne contient que 2 % de gras, soit moins que le poulet consommé sans la peau. Même s’il est abattu vers 14 mois, la chair contient autant de valeur nutritive que s’il est abattu à 24 mois.

 

« C’est la viande du futur, insiste Jason Desrochers. Pour les gens soucieux de leur taille, de leur santé du cœur et généralement de leurs habitudes alimentaires, le Bœuf en or répond à ce qu’ils recherchent. Je n’ai pas peur de faire la promotion de mon produit de qualité. Il est plus cher que le bœuf acheté en épicerie, mais dans le cas de ce bœuf-là, les gens payent pour la graisse qui n’a pas de valeur alimentaire. »

 

 

Mais avant d’en arriver à ce succès, Jason avoue que le chemin n’a pas toujours été facile. À titre de président de la coopérative, il a dû s’occuper à la fois de la mise en marché et de la vente. « Ça prend 3 ans avant que les gens achètent. La première année, les gens posent des questions, la deuxième, ils cherchent à confirmer ce qu’ils ont compris et la troisième année, ils achètent », raconte-t-il.

 

Convaincre des producteurs potentiels de produire du Bœuf en or a aussi été un gros défi au début. Or, il a maintenant un argument solide : le prix de revient est meilleur que celui du bœuf sur le marché, soit entre 20 à 25 % de plus. Même en ces temps-ci quand le prix du bœuf est bon. De plus, grâce à la coopérative, l’intermédiaire du grossiste est éliminé.

 

Quoi qu’il en soit, Jason Desrochers en parle avec conviction et son enthousiasme ne trompe pas. Soudeur de formation, il a choisi de retourner à l’agriculture avec son père. Pour Jason, faire de l’agriculture dans le Nord de l’Ontario exige de penser différemment sinon ce ne serait pas rentable. C’est pourquoi il a choisi  d’élever ce type d’animal et cette méthode d’élevage. D’ailleurs, les champs ne nécessitent pratiquement aucune fertilisation, ni aucun labour. « Au fond, ajoute-t-il, j’élève le bœuf comme mon grand-père le faisait. »

 

 

 

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