Volume 30 Numéro 10 Le 18 janvier 2013

Du concombre à la vodka


Photo M Dumont

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
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Comment passe-t-on de la production de concombre anglais à celle de rhum et de vodka? Cela peut surprendre, mais c’est exactement le parcours de Marcel Rheault, de Hearst. 

L’agriculteur a pendant 15 ans cultivé des concombres anglais, mais l’arrivée du libre marché a radicalement fait chuter le prix obtenu pour ses produits. La rentabilité n’étant plus ce qu’elle était, M. Rheault s’est mis à la recherche d’une autre occupation.

 

Il a alors songé à la production serricole puisqu’il était installé à proximité d’un oléoduc. Et qui dit oléoduc, dit CO2 : une source de chaleur pour la production en serre qui ferait rêver n’importe quel agriculteur. Mais sur l’entrefaite, Marcel apprend qu’une entreprise pharmaceutique de Chicago est à la recherche d’un producteur de raisins pour en utiliser que la pelure, ce qui laisse le champ libre à l’utilisation de la chaire ou de son jus. Il obtient donc son permis de production d’alcool.

 

L’affaire ne va nulle part, mais l’agriculteur s’intéresse à la distillation. Il est allé suivre une formation à l’Université du Michigan pour parfaire ses connaissances et il s’est également rendu à San Francisco,  là où, dit-il, « on fait la meilleure vodka au monde! ». Il a aussi visité des installations en Colombie-Britannique.

 

Il se procure également une distilleuse venue directement d’Allemagne pour fabriquer du whisky, de la vodka et du rhum. « La Ferrari des distilleuses » comme se plait à l’appeler Marcel.

 

Avec cette distilleuse, il pourra produire 600 caisses de 12 bouteilles de 750 ml par mois.  Le rhum et la vodka seront mis en marché dès le début de 2013 par la Commission de liqueurs de l’Ontario (LCBO). Quant au whiskey, ce sera plus tard puisque la fabrication du whisky canadien nécessite un vieillissement en baril de trois ans.

 

Marcel Rheault est le seul dans le nord de l’Ontario à détenir un permis de production de la LCBO qu’il a réussi à obtenir grâce à son ardeur à promouvoir l’agriculture dans le nord de l’Ontario.

 

Approvisionnement difficile
L’un des défis auquel fait face Marcel est celui de l’approvisionnement en orge malté. Son grain parcours bien du chemin avant d’atterrir dans ses cuves de distillation, ce qu’il aimerait éviter à tout prix. De fait, il est préparé à Thurder Bay, empoché à New York et expédié à Hearst chez Rheault Distillerie. « C’est cher pour rien! », s’insurge Marcel, mais il doit s’en contenter pour l’instant puisqu’il n’a trouvé aucun producteur d’orge local capable de lui en fournir 50 tonnes par année. N’empêche qu’il aimerait bien encourager les agriculteurs du nord de l’Ontario.

 

Marcel s’est également pratiqué à fabriquer des alcools fins avec une liqueur de framboises qui a déjà suscité de nombreuses réactions enthousiastes. Il espère faire de même avec des pommes qu’il pourra cueillir sur son verger. Il a planté cette année une centaine de pommiers et planifie en planter cent autres l’an prochain.

 

Il reçoit également la visite d’un maître-distillateur. Marcel est très conscient que distiller est un art et il compte bien en connaître tous les secrets. Il reconnaît qu’il ne pourra jamais faire la concurrence aux grands. Ce qu’il veut, c’est simplement un produit de qualité supérieure.

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