Volume 29 Numéro 10 Le 20 janvier 2012

Du poulet local et légal à Thunder Bay


Par Catherine Delorme, collaboratrice
info@journalagricom.ca


Un abattoir provincial pour poulets pourrait ouvrir ses portes à Thunder Bay ce printemps, si tout va bon train. Dans le but d’en créer une coopérative d’abattage, des agriculteurs de la région ont repris les choses en main avec l’aide du Lakehead University’s Food Security Research Network (LUFSR). En plus de permettre à cette région de consommer de la volaille locale, l’ouverture de cet établissement permettra également d’éliminer un certain nombre d’abattages sans permis à même la ferme, perpétrés par des agriculteurs de la région.

 

La majorité des infrastructures sont déjà en place suite à l’initiative de Ken Milenko, un membre de la communauté de Thunder Bay qui travaille sur ce projet depuis déjà huit ans.

 

Le groupe de recherche du Lakehead University’s Food Security Research Network constate que la demande pour la viande de poulet local est croissante, confirme responsable des affaires locales, Raili Roy. Celle-ci affirme que 5 % de la population de Thunder Bay achète des produits locaux. Par contre, il est impossible de se procurer du poulet de la région. L’abattoir provincial le plus près se trouve à proximité de la localité de Dryden, à plus de quatre heures de route. « L’abattoir de Dryden est trop loin. Les risques de transport sont énormes pour les poulets et le gaz coûte cher. Actuellement, les coûts afin d’offrir du poulet local à la population sont trop élevés pour être réalisables », constate Mme Roy.

Défi supplémentaire

 

Raili Roy explique que le permis d’abattoir provincial ne permet pas aux agriculteurs de vendre leurs produits aux épiciers de la région, et ce, même si les normes sont les mêmes. Une loi fédérale exige que la viande vendue dans les épiceries provienne d’animaux abattus dans des établissements fédéraux. Les éleveurs devront donc assurer eux-mêmes la mise en marché de leurs produits.

 

La responsable des affaires locales explique qu’il y a dans la région plus de 6000 poulets prêts à être débités. Le nombre de volailles pourrait doubler quand les infrastructures seront en marche.

 

Selon le plan d’affaires actuel, le coût d’abattage sera de 4 $ le poulet. Les prix pour le débitage de la dinde et autres volailles ne sont pas encore fixés. « Le coût du poulet est suffisant afin de rembourser les investissements et de garder l’abattoir ouvert entre 3 et 4 jours par année », explique Mme Roy. L’objectif de cet établissement n’est pas de générer un profit, mais bien de fournir aux agriculteurs un endroit où ils pourront abattre leurs volailles en toute légalité, et ainsi, offrir du poulet local à la population.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *