Volume 28 Numéro 20 Le 15 juin 2011

Du sarrasin, pourquoi pas ?

Par Isabelle Lessard, journaliste
info.agricom@lavoieagricole.ca


Plusieurs agriculteurs ont beaucoup souffert des pluies abondantes que nous avons connues en début de saison estivale. On peut observer un peu partout des dizaines de champs qui n’ont pas encore été travaillés, et encore moins ensemencés. Certes, il devient un peu trop tard pour semer du maïs ou du soya, alors pourquoi ne pas opter pour une culture alternative : le sarrasin.

Bien que moins populaire que les cultures traditionnelles, le sarrasin s’avère une excellente option pour les semis tardifs. Selon Tom Manley, propriétaire de l’entreprise Homestead Organics, il est possible de le semer jusqu’au 18 juillet, notamment en raison de sa croissance rapide qui ne nécessite que 11 semaines.

Blé d’automne VS sarrasin

Le choix entre le blé d’automne et le sarrasin peut se poser pour certains agriculteurs puisque ces deux cultures peuvent être semées plus tard en saison. Tom Manley suggère d’abord de déterminer les intentions de rotation dans les champs en question. S’il est prévu de semer du maïs ou du soya dans le même champ l’an prochain, il faut écarter l’option du blé d’automne.

De plus, le sarrasin s’avère un choix idéal pour débuter une rotation. « Le sarrasin a une habileté à fixer le phosphore et ce dernier est un élément important dans la production de plantes à fleurs, telle le soya. Donc en faisant précéder le soya de sarrasin dans sa rotation, la légumineuse en bénéficie. Et le sarrasin a une capacité à ouvrir le sol avec ses racines, ce que le soya aime particulièrement », explique M. Manley.

Bien que le blé d’automne soit rentable en raison de la hausse de la valeur des denrées, le sarrasin peut à la fois servir de culture pour consommation humaine et/ou d’engrais vert. « Même si nous ne récoltons pas le sarrasin, il s’avère un excellent engrais vert. Il n’est pas coûteux, il supprime les mauvaises herbes, il développe le phosphore et il ouvre le sol. Donc plutôt que de laisser un champ à l’état sauvage parce que l’agriculteur a manqué son semis, il est préférable de cultiver un sarrasin et de l’enfouir vers la 6e ou 8e semaine », soutien Tom Manley

Il est toutefois à noter que le sarrasin aime les champs bien drainés. « Il n’aime pas avoir les pieds mouillés. Il ne fonctionne pas bien sur un terrain saturé parce que son développement sera interrompu », conclut-il.

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