Volume 37 Numéro 4 - Le 22 novembre 2019

Élevage du bœuf dans le Nord ontarien : une étude expose les vrais obstacles


L’étude qui s’intitule « Comprendre les obstacles à l’élevage du bétail dans la Clay Belt » identifie des mythes qui freinent l’arrivée de ces nouvelles fermes. Photo : Marc Dumont

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
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Une étude de l’Université de Guelph et de l’Université de Hearst avec le CRRIDEC (Centre régional de recherche et d’intervention en développement économique et communautaire) sortie en septembre dernier vient de révéler un nouveau détail en corrélation avec l’élevage de bœuf dans le Nord de la province. Le français parlé par la majorité de la population du Grand Nord de l’Ontario serait perçu comme un des principaux obstacles à l’implantation de nouvelles fermes bovines dans la région. L’étude qui s’intitule « Comprendre les obstacles à l’élevage du bétail dans la Clay Belt » identifie également neuf autres mythes qui freinent l’arrivée de ces nouvelles fermes. « Une bonne partie des obstacles liés à l’élevage de bétail c’est les perceptions provenant des gens du Sud de la province. Les agriculteurs de la région ont parfois été surpris des obstacles soulevés, » explique Gabriella Miron membre de l’équipe de l’étude.

En plus des obstacles liés à la langue, le Nord de l’Ontario aurait un manque d’emplois, souffrirait d’une pénurie d’activités sociales et récréatives, de services de santé et de possibilité d’études postsecondaires. Puis, il ferait toujours froid dans le Nord ce qui limiterait la capacité à faire pousser certaines récoltes. Plusieurs fermiers éventuels croient d’ailleurs qu’il existe un accès limité aux services agricoles, que l’isolement et l’éloignement sont des obstacles et que la faible rétention des jeunes amènerait un problème de main d’œuvre.

L’étude défait chacun de ces mythes. Par exemple, plus de 89 % de la population est bilingue. Pour un producteur de bœuf du Nord, Jason Desrochers, la qualité du mil et des petites céréales est excellente dans Nord : « C’est un endroit idéal pour la vache, un animal adapté au froid ; mais il faut conserver les forêts. Elles protègent contre le vent. » Pour Barry Potter, la Grande enclave argileuse est une terre promise : « C’est la dernière région agricole d’importance à développer au monde ! » Les hivers sont froids, c’est vrai, mais les étés sont à peine quelques degrés de moins qu’à Guelph et les journées d’été ensoleillées sont plus longues.

Tous les gens consultés reconnaissent que les coûts associés au transport sont un problème. Sans compter que l’élevage du bœuf présente des défis de taille au moment d’être rentable.

Cette étude arrive à un temps opportun. Les Producteurs de bœuf de l’Ontario ont déjà manié plusieurs efforts afin de créer de nouvelles fermes bovines. L’objectif fixé de créer 30 nouvelles fermes bovines dans la région de Matheson à Hearst sur une période de 20 ans n’a pas porté ses fruits, bien que deux symposiums sur le sujet ont eu lieu. Également, les déclarations ministérielles et la création d’un poste de conseiller en développement agricole dans le Nord n’ont pas été des arguments convaincants pour la relance de fermes bovines dans la région.

C’est pourquoi l’Université de Guelph et de Hearst ont réuni leurs expertises pour étudier les obstacles institutionnels, personnels, économiques et environnementaux face à l’implantation de nouvelles fermes de bœuf. La cueillette de données s’est fait grâce à des entrevues auprès de 70 candidats réunissant des fermiers actuels et éventuels de même qu’auprès de représentants du monde agricole de divers paliers. Après l’analyse des données recueillies, l’équipe de recherche a réuni trois groupes de discussion pour examiner des solutions.

L’encadrement auprès des futurs producteurs potentiels est essentiel. « […] dissiper les mythes liés à l’élevage de bétail dans le nord de l’Ontario est crucial. Il est important d’identifier les occasions […] de prendre le temps de répondre aux questions de nouveaux agriculteurs potentiels, mettre sur pied un programme de mentorat, » explique Gabriella Miron au sujet des solutions proposées dans l’étude. En complément de l’étude, l’équipe a rédigé trois boîtes à outils offertes aux municipalités, à la province et aux agriculteurs potentiels et actuels.

Il est possible de lire toute l’étude et les documents d’appui sur le site Web du CRRIDEC de l’Université de Hearst.

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