Volume 26 Numéro 04 Le 1er octobre 2008

Encore en élection et une belle occasion manquée

Par Denis Bourdeau, président de l'Union des cultivateurs franco-ontariens


Nous voilà donc encore en période électorale. Je me demandais qu’est-ce qui aurait bien pu faire que le Premier ministre Harper brise sa propre loi afin de tenir l’élection dès cet automne? Eh bien, je crois avoir trouvé!

Voici: Pendant la période d’élection américaine, jamais les grosses entreprises, surtout les pétrolières, ne voudraient faire du tort au parti Républicain au pouvoir en augmentant les prix en cette période électorale, même si des raffineries sont fermées dans le sud suite aux trois ouragans. Et, comme les prix canadiens sont liés aux leurs, eh bien j’en profite et je vais remplir tous mes réservoirs de pétrole et aller voter pour quelqu’un en qui je peux avoir confiance!

En passant, vous rappelez-vous du penseur qui dernièrement disait que les consommateurs économiseraient des montagnes d’argent si les produits laitiers sur les tablettes de vos supermarchés provenaient de la Nouvelle-Zélande, le plus gros exportateur de produits laitiers au monde?

J’imagine que dans son calcul, il avait omis d’additionner les soins de santé pour soigner les milliers de bébés et vieillards avec des reins détruits par la poudre de lait frelatée à la mélamine, provenant d’une compagnie de la Nouvelle-Zélande en Chine.

Je vais voter, en fin de compte, pour un homme ou une femme et son parti qui croient que les Canadiens doivent se nourrir de l’agriculture canadienne et leur gouvernement, si élu, protégera les acquis des familles agricoles et leur qualité de vie.

Une belle vente perdue

Récemment, le magazine d’investissement Steve Sjuggerud’s Daily Wealth rapportait que l’Iran avait acheté pendant l’été un million de tonnes de blé du seul pays qui en avait à vendre, son ennemi juré, les États-Unis*.

Où était le Canada là-dedans’ Pourtant, nous sommes un des plus grands exportateurs de blé. Eh bien oui! Avec le démantèlement de la plus grosse coopérative canadienne, la Saskatchewan Wheat Pool, le blé a été acheté par une poignée de courtiers américains, les prix ont doublé et le Canada a perdu le contrat de vente de son propre blé chez-lui.

Je ne vous apprends rien si je vous dis qu’un peuple qui a faim va buter son chef ; l’arme verte, la nourriture, est une arme qui peut être plus forte que le nucléaire et avec l’augmentation de la population et les changements climatiques, le pays qui détiendra la nourriture aura tous les autres pays à sa merci.

Je crois aussi que c’est la raison pour laquelle l’on attaque et l’on veut démanteler la Commission canadienne du blé (CCB), afin que le blé se transige à la bourse, tombant dans les mains de ces mêmes courtiers américains.

Présentement, une partie du blé canadien de la CCB est vendu dans au-delà de 125 pays et j’ai confiance que les producteurs canadiens vont vendre leur blé afin de soulager la faim et non pour obtenir un pouvoir politique.

Producteurs de blé, gardez la Commission canadienne du blé et la mise en marché du blé en vos mains et vos enfants vont vous en remercier !
Comme plusieurs autres produits de la terre, plein de courtiers, de transformateurs et de revendeurs s’enrichissent à nos dépens, des denrées que nous produisons.

Passez une bonne fin de saison,

Denis

*Référence: An Alarming Twist on the Ag Boom, par Chris Mayer, publié sur l’internet le 18 septembre 2008: Daily Wealth. Daily Wealth se décrit comme un webzine d’investissement anti-conformiste.