Volume 29 Numéro 14 Le 23 mars 2012

Éoliennes : La pression reste forte sur le gouvernement McGuinty


Photo : Association canadienne de l'énergie éolienne

Par Josianne Haspeck, collaboratrice
info@journalagricom.ca


Déçue de l’issue du vote concernant sa motion privée pour demander l’imposition d’un moratoire sur l’énergie éolienne, la députée d’Huron-Bruce, Lisa M. Thompson, est toutefois satisfaite de la pression que cela a exercée sur le gouvernement libéral de l’Ontario.

Déposée le jeudi 8 mars dernier, la motion a été défaite à l’Assemblée législative par 45 voix contre 28, le gouvernement libéral et le Nouveau Parti démocratique (NPD) s’étant liés contre la proposition. Cette motion venait appuyer la demande de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario (FAO) et avait pour but de laisser le temps à une étude indépendante de faire la lumière sur les conséquences possibles de l’énergie éolienne sur la santé et l’environnement.

La porte-parole adjointe de l’Énergie pour le Parti progressiste-conservateur de l’Ontario avait d’ailleurs déposé une pétition de 1000 noms pour venir appuyer sa motion et l’ensemble de ses collègues a reçu plus de 1700 courriels d’appui de la part de la population. « Je suis plutôt satisfaite de la pression que nous avons mise sur le gouvernement pour qu’il réalise que la Loi sur l’énergie verte ne fonctionne pas. D’autant plus qu’aux nouvelles ce matin (19 mars), j’ai entendu le ministre de l’Énergie, Chris Bentley, dire qu’il faut donner aux communautés locales la chance de s’exprimer. […] Ça a permis de réveiller le gouvernement », mentionne-t-elle.

Effectivement, le gouvernement McGuinty souhaite permettre aux municipalités de dire leur mot — sans obtenir un droit de veto — quant à l’emplacement des projets d’énergie éolienne et d’énergie solaire sur leur territoire. Le tout sera confirmé lors de la publication du rapport sur l’énergie verte qui se fera au cours de cette semaine.

Le vice-président politiques et affaires gouvernementales de l’Association canadienne de l’énergie éolienne (CanWEA), Jean-François Nolet, affirme que ses membres ont toujours « travaillé main dans la main avec les municipalités ». « Nous voyons d’un œil positif que ces partenariats entre l’industrie et les communautés soient renforcés dans l’avenir », assure-t-il.

Rural Ontario Municipal Association (ROMA) ne s’entend pas sur la question, selon son porte-parole Brian Lambie. Certaines municipalités veulent un moratoire, d’autres non. L’Association accueille favorablement un mouvement qui offrirait une prise de décision locale plus grande, soutient-il, mais le concept d’un moratoire vient en contradiction avec la prise de décision locale et flexibilité. Il y a donc moins d’appuis pour ça, ajoute-t-il.  

Mme Thompson souhaite toujours la tenue d’études et la compilation de statistiques d’une région donnée pour aider les communautés à prendre des décisions éclairées quant au développement de l’énergie éolienne dans leur environnement. Selon elle, les conséquences de cette industrie sur la population et son milieu dépendent de l’endroit où elle s’installe.

M. Nolet, affirme toutefois le contraire. « Les études sur les aspects du son et de la santé, il y en a eu beaucoup. Nous en avons fait faire et elles démontrent clairement qu’il n’y aucun impact sur la santé quant au son émis par les éoliennes. Le gouvernement de l’Ontario et son médecin hygiéniste en chef tout comme l’Institut national de la santé du Québec en ont fait et arrivent aux mêmes conclusions, assure-t-il. Ces études scientifiques sont révisées par des paires et souscrites aux principes de recherche. »

Soulignant que le moratoire proposé par Mme Thompson aurait mis en péril des milliers d’emplois et des millions de dollars d’investissements dans l’énergie propre s’il avait été adopté, M. Nolet rappelle que la marge de recul de 550 m pour les éoliennes, soit un règlement spécifique à l’Ontario, est parmi les plus sévères en Amérique du Nord. Selon la députée, il faudrait s’assurer que cette distance séparatrice est « appropriée pour l’Ontario. »

La députée d’Huron-Bruce affirme être particulièrement fière du fait que son chef, Tim Hudak, profitera de la seule occasion de l’année qu’il a pour déposer un projet de loi, ce jeudi, à l’Assemblée législative, intitulé The Affordable Energy and Restoration of Local Decision Making Act, 2012.

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