Le 3 mars 2005

ESB- test de dépistage pour les animaux vivants: Une lueur d’espoir au bout du tunnel!

Par Chantal Quirion


Une découverte scientifique risque de changer complètement le problème de l’ESB. Il existe maintenant une technologie capable de détecter la présence de prions dans le sang.

Les prions sont, rappelons-le, ces protéines infiniment petites que l’on retrouve tant chez les animaux que chez les humains atteints d’encéphalopathies spongiformes transmissibles, dont l’ESB.Or, jusqu’à maintenant, seule une autopsie permettait de déceler leur présence. Avec l’arrivée des ligands, on a pu mettre au point un filtre capable de retenir les prions circulant dans le sang et par conséquent, d’en confirmer ou d’en infirmer la présence.

Depuis plusieurs années, la compagnie montréalaise ProMetic investit dans la recherche sur les ligands qui sont à l’origine de cette avancée. Ce sont en fait, des protéines synthétiques encore plus petites que des anti-corps normaux et qui agissent comme des crochets sur les impuretés sanguines. Visuellement, les ligands ressemblent à une tige qui se termine par deux bras, ces derniers étant ajustables selon le type de protéines auxquelles ils ont à s’accrocher. Ils ont donc la faculté supplémentaire de reconnaître les pathogènes.

Le potentiel de ces propriétés a amené la Croix-Rouge des États-Unis à demander la collaboration de ProMetic pour créer le premier filtre capable d’éliminer les prions, les virus ainsi que tous les autres pathogènes pouvant être contenus dans le plasma sanguin. Le but recherché était alors, d’éliminer les risques d’infection lors de transfusions sanguines. Il fallait donc trouver un moyen d’ancrer les ligands, ce qui en raison de leur taille, s’avérait un défi colossal. On y arriva en formant un filet formé de millions de billes microscopiques de matière gélatineuse auxquelles on a attaché les ligands.

Pour tester les capacités du filtre on a contaminé des échantillons de sang dans des proportions 100 000 fois plus élevées qu’un échantillon de sang normal que l’on a fait circuler à travers le réseau de ligands. Chez ProMetic on affirme que d’une part, il a été démontré que le filtre élimine 99,99 pour cent des impuretés et d’autre part, que le sang filtré une fois réinjecté sur des animaux n’a eu aucun effet infectieux. Déjà, la Croix Rouge et Prometic annoncent des filtres futurs qui pourraient retirer du sang des familles complètes de virus.

Ce partenariat s’effectue à travers la coentreprise Pathogen Removal and Diagnostic Technologies Inc. (PRDT) formée de la Croix-Rouge des États-Unis et de ProMetic. PRDT a récemment conclu une entente avec MacoPharma, notamment pour le développement et la commercialisation du premier dispositif de prélèvement sanguin avec un filtre de ligands intégré. Selon le président directeur général de ProMetic, Pierre Laurin, la Grande-Bretagne sera probablement la première à s’en prévaloir.

Dépistage de l’ESB
De cette technologie découle d’autres applications tout aussi prometteuses comme la détection des prions. Individuellement, un prion est trop petit pour être décelé dans le sang. Cependant, retenus et regroupés dans le filtre, on a beaucoup plus de chance de les détecter estime M. Laurin.

Il reste encore des étapes à franchir avant qu’une trousse de détection soit mise sur le marché mais déjà des producteurs de bovins du Québec ont manifesté un vif intérêt pour le projet, rapporte le président directeur général de ProMetic. « Nous aimerions bien faire une annonce bientôt mais il faut d’abord procéder à la validation du produit. Il faut établir une politique de gestion des résultats, circonscrire les paramètres d’utilisation et rendre le produit commercialement viable. »

Ainsi, un délai de deux ans semble raisonnable au terme duquel on espère offrir aux producteurs une arme puissante de détection dont les coûts devraient représenter quelques cents la livre. Toujours selon M. Laurin, la trousse de détection en étant fabriquée à grande échelle pourrait être comparée au test de grossesse qui aujourd’hui s’achète en pharmacie et qui permet d’obtenir un diagnostic en quelques heures. Un procédé simple et efficace qui se résumerait à peu de chose près à un prélèvement sanguin et surtout, qui pourrait être appliqué à l’ensemble du cheptel.

L’accueil favorable des producteurs facilitera sans aucun doute le processus de validation qui, avec les gouvernements, guideront Prometic dans le processus d’implantation. « Si on avait fait part de cette découverte avant la crise de la vache folle, les réactions auraient été bien différentes, estime M. Laurin.

Dans le contexte actuel, la promesse d’être en mesure de fournir l’assurance que notre matériel est propre à la consommation revêt une toute autre importance.» Cette assurance donc, permettrait d’éliminer bien des obstacles à l’exportation, de regagner la confiance des consommateurs et se traduirait pour les producteurs comme la fin d’un long cauchemar.

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