Et puis quoi encore…


Éditorial de Marc Quesnel, président de l’UCFO

Malgré s’être fait répéter à maintes reprises par le gouvernement Trudeau que la gestion de l’offre n’était pas négociable dans le cadre de l’ALÉNA, nous nous sommes levés le premier octobre avec une nouvelle entente AÉUMC où les secteurs sous gestion de l’offre ont pris une méchante râclée.  Pour le secteur laitier, ce qui semble transpirer de l’accord à date est qu’il y aura une autre brèche entre 3.6 à 3.9 % à la frontière, ET la classe 7―qui est le lait diafiltré et la poudre de lait vendu au prix mondial―doit disparaitre, ET avant de mettre sur le marché tout nouveau produit ou classe de produit qui contiennent des produits laitiers, nous devons demander la permission à nos partenaires USA et Mexique.  Je me demande où est passée la souveraineté du Canada sur ce point. De plus, à partir de l’année 5, il y aura un accès supplémentaire de 1% par année.  Pour un gouvernement qui clamait protéger la gestion de l’offre, il y a clairement quelque chose qu’il n’a pas bien compris. 

C’est triste quand on constate que dans le dernier 6 ans, il y a eu 3 ententes conclues par le Canada avec divers pays et, à toutes les fois, le Canada a vendu son secteur laitier comme monnaie d’échange.  On parle ici de 18 % d’ouverture de marché supplémentaire dans le dernier 6 ans.  Je n’ai pas le chiffre exact mais d’après mes calculs, si le Canada se tient aux accords actuels, cela va représenter approximativement 25% des produits laitiers vendus dans notre pays va venir de l’étranger.  Pour le consommateur canadien qui est convaincu qu’il s’en découlera une pression à la baisse sur les prix des produits laitiers, ils peuvent se tourner vers la Nouvelle Zélande où le prix au producteur est le plus bas de la planète et l’un des plus hauts pour les consommateurs.  Ce sont les intermédiaires et les riches actionnaires qui s’enrichissent.  N’oublions pas nos normes de qualité du lait et de bien-être animal parmi les plus hautes au monde et qui surpassent de loin celles de nos voisins du sud.  C’est comme si notre gouvernement nous dit que la qualité du lait et le bien-être animal ne sont pas importants. Il nous confirme cette impression en permettant l’apparition dans nos supermarchés canadiens de produits qui, à la base, ne respectent pas nos normes.  Nous pourrions ajouter à cela combien la production sous gestion de l’offre apporte un revenu stable à nos familles et qui contribue à faire vivre nos communautés rurales. Nous créons des emplois et l’argent généré est à son tour dépensée dans les régions canadiennes.

Contrairement à ce que M. Trudeau crie haut et fort, que ce nouvel accord est bon pour tous les Canadiens, c’est clair et net qu’il n’est pas bon pour aucun producteur Canadien qui est sous gestion de l’offre. Par ricochet, cet accord n’est pas bon pour les Canadiens résidant dans nos communautés rurales.     

 

Une réflexion au sujet de « Et puis quoi encore… »

  1. Paul Bourgeois

    Tu as parfaitement raison Marc et tes commentaires reflètent bien la réalité des communautés agricoles. Également, nous devons souligner que les producteurs de lait américains ont le droit d’utiliser des hormones de croissances qui ne sont pas alloués au Canada. Alors pourquoi importons-nous du lait et des produits laitiers qui contiennent des hormones qui ne sont pas autorisés au Canada ?

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