Volume 31 Numéro 10 Le 17 janvier 2014

État de la recherche sur les cultures


Des études sur le blé ont prouvé qu’il n’y avait aucune augmentation significative du rendement chez les producteurs qui sèment 2,1 millions de graines/acre, comparativement à la norme recommandée de 1,5 million. Photo Dreamstime

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Les 7 et 8 janvier se tenait la 21ième Conférence agricole du Sud-ouest au Campus Ridgetown de l’Université de Guelph. À cette rencontre annuelle, il y avait 45 conférenciers qui faisaient le point sur l’état de la recherche en agriculture. Certaines conférences pouvaient être suivies en webdiffusion à partir de quatre endroits en province, dont celui d’Earlton où 24 agriculteurs se sont rendus.

Ces conférences ont principalement porté sur la recherche sur la fève soja, le blé d’hiver et le maïs.

Soya
On le sait, la fève soja est la culture la plus importante en Ontario et depuis qu’ont débuté les recherches, en 2007, la production n’est passée que de 40 à 45 boisseaux à l’acre.

Pourtant un cultivateur a déjà réussi à en produire 160 dans des conditions idéales sans tenir compte du prix des intrants. Cet écart a suffi pour intéresser les chercheurs qui se posent la question «  lequel des intrants est responsable de l’amélioration des rendements ».

N’ajouter que de l’azote ne change pas les rendements. Semer 250 000 graines à l’acre plutôt que les 160 000 recommandées ne donne pas des résultats significatifs. C’est la même chose pour le fongicide. Certaines combinaisons d’intrants sont même responsables de la verse.

D’après les tests, c’est la combinaison d’azote, de densité des plants et de fongicide, qui donne de bons résultats. Pour l’instant, les chercheurs n’en sont pas encore venus à comprendre les mécanismes de cette synergie. D’ailleurs cette combinaison n’est pas rentable, ce qui nécessitera des études plus poussées en la matière.

Pour l’instant, il vaut donc mieux s’en tenir aux facteurs suivants : semer tôt, choisir une variété qui nécessite plus de BTU (longer day bean), pratiquer fidèlement la rotation des terres et suivre les recommandations pour les temps d’épandage du fongicide foliaire.

Blé d’hiver
La discussion quant au blé d’hiver a porté principalement sur les bonnes dates pour l’ensemencement. Pour le sud-ouest de l’Ontario, il est recommandé de semer 900 000 graines à l’acre le 17 septembre pour obtenir des rendements maximums.

Il est à noter que plus la date d’ensemencement avance, plus il est nécessaire de semer  en profondeur pour que la semence soit isolée d’un gel soudain. Selon les présentateurs, des études ont prouvé qu’il n’y avait aucune augmentation significative du rendement chez les producteurs qui sèment 2,1 millions de graines/acre, comparativement à la norme recommandée de 1,5 million.

Cette fois encore, les essais avec les intrants ont démontré qu’il y a une synergie qui augmente les rendements de façon significative  lorsqu’est épandu un fongicide avec 90 livres d’azote/acre.

Maïs
Deux conférences ont porté sur la production du maïs au cours de ces journées. La première a porté sur des conseils pratiques sur l’utilisation des intrants au moment de semer et durant la croissance de cette céréale.

L’épandage au début fait une différence significative, a expliqué un chercheur. Celui-ci a insisté sur l’importance d’avoir une approche stratégique et de bien observer la croissance de la plante pour décider du  moment d’effectuer les autres épandages d’engrais.

Ce conférencier a aussi vanté les mérites de la division du premier épandage. Plutôt que d’utiliser 150 livres d’azote/acre au début de la saison, il convient de n’épandre que 100 livres au début et les 50 livres plus tard, seulement si c’est nécessaire. Il a expliqué qu’une bonne partie de l’azote est emporté par les pluies et fait en sorte que l’engrais n’est plus disponible  à la mi-saison, alors que la plante en aurait eu besoin.

Un deuxième conférencier a démontré que le maïs à haut rendement est un terme qui ne réfère pas au rendement de la plante, mais à celui de chaque parcelle de la ferme. Son propos était une invitation à mieux gérer le sol en s’assurant d’avoir un drainage adéquat, de contrôler efficacement et intelligemment les mauvaises herbes et les insectes nuisibles, ainsi que d’avoir le souci de l’amélioration de la fertilité du sol et de son niveau d’humidité.

Une année record pour les grains
La production globale de grains au Canada a atteint des records ! Les agriculteurs canadiens ont produit 95,5 millions de tonnes en 2013, comparativement à 75,4 millions de donnes l’année précédente, toute production confondue. Malgré l’ensemencement tardif au printemps, les conditions climatiques clémentes ont largement contribué à des récoltes plus qu’abondantes, particulièrement dans l’Ouest du pays.

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