Volume 35 Numéro 12 Le 16 février 2018

États-Unis – deux poids, deux mesures


Selon un rapport de 2015, de la firme Grey, Clark, Shih and Associates, Limited, le soutien accordé aux producteurs laitiers des États-Unis a totalisé environ 35,02 $CA/hectolitre - soit l'équivalent de 73 % des revenus tirés du marché par les producteurs.

Par Journal Agricom


La firme Grey, Clark, Shih and Associates, Limited (GCS) a publié un rapport détaillant l’ampleur du soutien que continue à offrir le gouvernement des États-Unis à son secteur agroalimentaire aux niveaux fédéral, des États et local.

L’étude, qui porte sur les changements découlant du Farm Bill de 2014, montre qu’en 2015, le gouvernement des États-Unis a accordé environ 22,2 milliards de dollars en subventions directes et indirectes au secteur laitier américain. Peter Clark, de GCS, a présenté les faits saillants du rapport, pour lequel les Producteurs laitiers du Canada (PLC) ont versé une subvention inconditionnelle, à la Conférence annuelle sur la politique laitière des PLC.

« Ce soutien extrêmement généreux est complètement ignoré. En matière de soutien à l’agriculture, la générosité des États-Unis dépasse même celle de l’Union européenne. Notre étude détaille à la fois à l’échelle nationale et au niveau des États les pertes que subissent les producteurs laitiers américains. En effet, les données du département de l’Agriculture révèlent que depuis plus d’une décennie, les prix à la production du lait aux États-Unis ne couvrent pas les coûts de production. Une part des milliards consacrés aux programmes de soutien profitant au secteur agroalimentaire des États-Unis n’aboutit pas nécessairement dans les poches des producteurs », a indiqué M. Clark.

Selon le rapport, on estime qu’en 2015, le soutien accordé aux producteurs laitiers des États-Unis a totalisé environ 35,02 $CA/hectolitre – soit l’équivalent de 73 % des revenus tirés du marché par les producteurs. Les données du département de l’Agriculture révèlent également que les producteurs laitiers américains fonctionnent à perte et que leur coût de production est plus élevé que ce qu’ils tirent du marché. En fait, la différence entre le prix à la production moyen reçu par les producteurs à l’échelle nationale aux États-Unis et le coût de production moyen national – chaque année entre 2005 et 2016 –  représente une perte pour les producteurs. De toute évidence, le fait que les transformateurs puissent acheter le lait à des prix inférieurs au coût de production présente un avantage concurrentiel considérable pour l’industrie laitière américaine.

L’industrie laitière américaine a montré l’industrie canadienne du doigt à de nombreuses reprises et demandé un accès accru au marché canadien des produits laitiers, mais il est évident qu’avec l’ampleur des subventions octroyées à l’industrie laitière des États-Unis, il y a un éléphant dans la pièce, selon GCS.

« Les politiciens des États-Unis ont vite fait de diaboliser le Canada pour son système différent. Or, ce qui constitue un commerce équitable est une question de perception. Par exemple, 41 pays, dont les États-Unis, détiennent des contingents tarifaires approuvés par l’OMC. Les États-Unis ont contesté le droit du Canada d’utiliser ses contingents dans le cadre de l’ALÉNA il y a plus de 20 ans. Ils ont perdu. Mais les États-Unis ont tendance à ratisser large quand ils se plaignent du commerce », a conclu M. Clark.

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