Volume 31 Numéro 15 Le 11 avril 2014

Être bien assuré : une question primordiale en agriculture


Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Votre ferme est-elle bien assurée ? Si vous avez répondu à l’affirmative, en êtes-vous bien certain ? Une vingtaine de producteurs agricoles ont sérieusement dû revoir leur contrat d’assurance suite à la formation « Les assurances à la ferme » organisée par l’Union des cultivateurs franco-ontariens, le 20 mars au centre communautaire de Marionville.

L’experte Joanne Sirois, qui compte une trentaine d’années d’expérience en la matière à titre de propriétaire d’une franchise Co-operators a mis le doute dans l’esprit de plusieurs agriculteurs qui ont assisté à sa formation d’une journée. Si bien que plusieurs clauses ont été revues pour s’assurer que tous les risques étaient couverts si le pire survenait.

Celle-ci a soulevé plusieurs points auxquels les propriétaires et dirigeants d’entreprises agricoles n’avaient pas pensé et ces précieuses informations pourraient leur éviter des maux de tête en cas d’accident.

Retour aux notions de base
D’entrée de jeu, Mme Sirois a dérouté les participants en leur expliquant un concept de base de l’assurance, qu’elle a elle-même appris à ses débuts dans le métier. « Je suis arrivée un jour dans la cour d’un fermier de St-Albert dont l’argent lui sortait par les oreilles et j’ai remarqué 10 beaux tracteurs. Pourtant, aucun ne figurait sur la police d’assurance, raconte-t-elle. Quand je l’ai questionné, il m’a répondu que s’ils brûlaient, il s’en rachèterait d’autres, point final. Ce qu’il faisait, ça s’appelle de la gestion du risque. »

Elle suggère donc aux agriculteurs de se questionner sur la nécessité d’assurer ou non un bien, en fonction de leur volonté ou leur capacité à s’en procurer un autre. « Ce qu’est un contrat d’assurance, c’est ce que vous voulez qu’on vous paye ou ce que vous ne pouvez pas vous racheter [en cas d’incident]. C’est un plan B », rappelle-t-elle.

D’autres notions incontournables ont aussi été abordées par l’experte en assurances, dont celle des franchises, des niveaux de protection, de la valeur marchande et de la responsabilité civile, mais une qui a suscité beaucoup d’intérêt est celle des facteurs de coassurance.

Ce que cache ce concept est un partenariat entre l’assureur et l’assuré. C’est applicable lorsque les agriculteurs ne veulent pas assurer un bâtiment ou un bien à leur pleine valeur ou s’ils se procurent des biens et qu’ils n’avertissent pas leur assureur. La police d’assurance n’est donc pas ajustée en fonction de la nouvelle valeur, donc ne couvre pas ces nouveaux investissements.

Clauses supplémentaires

D’autres clauses doivent être étudiées puisqu’elles offrent des possibilités plus vastes en cas d’incident. Celle de la non-reconstruction en cas de feu donne droit à l’agriculteur de ne pas rebâtir sa ferme par exemple. Une deuxième clause donne la possibilité à un fermier de changer de production tandis qu’une autre permet de reconstruire un bâtiment ailleurs sur la propriété suite à un incendie.

Pour les agriculteurs qui font des travaux à forfait, il faut aussi savoir qu’ils doivent s’assurer s’ils font au-delà de 10 000 $ de revenus. Idem pour la vente d’embryons pour ne pas être tenu responsable de transport outremer d’une maladie.

L’aspect de la perte de revenu a également suscité des questionnements. Johanne suggère de s’assurer idéalement pour 18 mois afin de recevoir un salaire si la ferme passait au feu. Le délai moyen d’une reconstruction est de 17 mois dans le laitier et de 12 mois dans la volaille. « C’est à peu près la chose la plus importante », conclu Joanne Sirois.

SAVIEZ-VOUS QUE…

-Chaque année dans l’Est ontarien, 2 à 3 fermes sont rasées par les flammes. Johanne Sirois explique que c’est attribuable à la tempête de verglas de 1998. Le réseau a été reconstruit rapidement ; il est instable par secteur.

En Europe, les tracteurs ne sont pas assurés.

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