Volume 28 Numéro 03 Le 16 septembre 2010

Être bilingue, c’est payant!

Par André Dumont, collaboration spéciale


Si vous parlez les deux langues officielles du Canada, vous avez de bonnes chances de gagner de meilleurs revenus que vos collègues unilingues.

Dans une étude publiée récemment, des chercheurs de l’Université de Guelph examinent les liens entre la connaissance d’une deuxième langue officielle, son usage au travail et les revenus des individus.

S’il est peu probable qu’un agriculteur bilingue gagne plus que son voisin unilingue, sur le marché du travail, il en est autrement.

Au Canada (à l’exclusion du Québec), un homme qui maîtrise l’anglais et le français gagne en moyenne 3,8 % de plus. Les femmes bilingues gagnent 6,6 % de plus.

Les professeurs d’économie Louis Christofides et Robert Swidinsky ont découvert qu’au Québec, la différence est encore plus significative. Les hommes qui maîtrisent l’anglais gagnent en moyenne 7 % de plus que ceux qui ne parlent que français. Les Québécoises bilingues gagnent 8 % de plus.

L’étude fait aussi d’intéressantes corrélations entre les revenus et le fait d’utiliser ou pas la deuxième langue au travail.

Au Québec, un homme qui maîtrise l’anglais et qui en fait usage au travail gagne 17,8% de plus qu’un unilingue francophone.

Dans le reste du Canada, un anglophone qui se dit bilingue ne gagne pas plus s’il utilise ou pas le français au travail. Le simple fait d’être bilingue lui vaut un salaire 3,8 % plus élevé.

Selon ce que rapporte le Globe & Mail, il semble que les employeurs soient prêts à payer plus, simplement parce que le bilinguisme est associé à d’autres qualités importantes, comme un intérêt pour l’éducation, la sensibilité interculturelle et la sophistication.

« Les employeurs verraient un individu bilingue comme étant « capable », ou « sensible », ou « ayant de bonnes aptitudes sociales » », estime le professeur émérite Louis Christofides.

Cette étude a été réalisée en croisant des données du recensement de 2001, dans lequel pour la première fois, on demandait aux répondants d’indiquer leur degré de connaissance d’une deuxième langue officielle et son usage au travail.

Les résultats ont été publiés dans le périodique canadien Analyse de Politiques publié par les Presses de l’Université de Toronto.

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