Volume 35 Numéro 19 Le 8 juin 2018

Ferme Avicole Laviolette, au sommet de la technologie


Le centre de classement de la Ferme Avicole Laviolette a doublé sa superficie et modernisé ses installations à la fine pointe du progrès technologique.

Par Evelyn Levac et Chantal Quirion


Il se brasse toujours des affaires à la Ferme Avicole Laviolette à St-Isidore.  La dernière sur la liste et non la moindre : l’agrandissement et la modernisation du centre de classement.

« On a doublé la superficie. Là on est rendu à 10 600 pieds carrés », précise Marcel Laviolette, propriétaire de l’entreprise familiale avec son frère Pascal.

L’entreprise produit, classifie et distribue des oeufs aux épiceries, restaurants et grossistes dans l’Est ontarien et le sud du Québec.

Le plus gros

Ce projet d’un million et demi de dollars, incluant les coûts de construction et l’acquisition du nouveau matériel, fait du centre de classement de la Ferme Avicole Laviolette, l’un des plus gros en Amérique du Nord,  dans sa catégorie.

Dans l’industrie des œufs au Canada, trois gros joueurs contrôlent près de 90 % du marché. « On est devenu un gros parmi les petits »,  poursuit M. Laviolette, qui semble très fier de faire partie du 10 % restant.  Le centre de classement d’œufs à la Ferme Laviolette est l’unique centre de classement entre deux divisions de la compagnie Burnbrae Farms, l’une à St-Zotique au Québec et l’autre près de Brockville, dans l’Est ontarien.

Les Laviolette produisent environ 30 % des œufs qui sortent de leur centre de classement dans leurs deux poulaillers, dont un qui est annexé au centre de classement. Le reste provient de neuf fermes de la région, soit deux de plus qu’avant les travaux. Cet agrandissement a par ailleurs augmenté la quantité commandée à chacune.

Au total, 160 000 œufs par jour sortent du centre de classement de La Ferme Avicole Laviolette.

La performance

C’est en janvier 2018 qu’a eu lieu la mise en production du centre de classement. Une extension du centre déjà existant a été aménagée afin de faire place au nouvel équipement de classement d’œufs à la fine pointe de la technologie. « Notre vieil équipement qui datait de 2008 manquait en capacité et en efficacité de rendement », indique encore M.  Laviolette. « Notre nouvel équipement est complètement automatisé et plus rapide. » En effet, la nouvelle machine classe 250 caisses de 15 douzaines d’œufs par heure comparativement à l’ancienne qui ne classait que 100 caisses pour la même intervalle.

Les œufs sont ramassés directement aux fermes clientes chaque lundi et jeudi pour être transportés au centre de classement à la ferme des Laviolette  à l’aide de camions réfrigérés. Les caisses d’œufs sont ensuite entreposées dans des salles réfrigérées en attendant leur classification. Afin de commencer le processus, un employé transfère les œufs sur un convoyeur afin qu’ils soient acheminés vers un bras mécanique qui les transfère à un autre convoyeur comprenant des places individuelles pour chaque œuf. Avec le nouveau système, les plateaux d’œufs peuvent être empilés sur trois étages avant d’être transférés sur le deuxième convoyeur. Cette simple modification permet à l’employé responsable de s’affairer à d’autres tâches simultanément sans ralentir le roulement de l’opération. Les œufs sont alors dirigés vers une chambre sur la ligne de classification où ils sont délicatement brossés, lavés dans une solution désinfectante et séchés par la suite.

On procède ensuite au mirage des œufs, le processus par lequel la surface et l’intérieur de l’œuf sont examinés afin de déceler des imperfections possibles soit, des coquilles fissurées, de la saleté résiduelle ou la présence de sang près du jaune d’œuf.

Auparavant, ce processus avait lieu dans une petite pièce sombre où une lumière vive était projetée sous les œufs. Un employé était chargé d’observer les œufs au passage et de séparer les œufs imparfaits. Maintenant, c’est la machine elle-même qui détecte ces défauts. La machine mémorise l’emplacement des œufs imparfaits pour ensuite les rediriger au passage d’une barrière de tri. Les œufs fissurés tombent dans un bac de déperdition pendant que les œufs avec une coquille sale sont destinés à des fins de transformation. « Contrairement au travail humain, celui de la machine est toujours pareil. Ça nous permet de garantir un produit de la meilleure qualité à chaque fois », commente
M. Laviolette. « Et puisque la vitesse et le volume de rendement ont augmenté, nous avons relocalisé l’employé qui faisait le mirage ailleurs dans la chaîne de classification. » 

D’ailleurs, les 16 employés à temps plein de l’entreprise ont conservé leur emploi.   

Marcel Laviolette est entouré de ses enfants, Kevin, Laurie, Justin et Hugo.

Marcel Laviolette est entouré de ses enfants, Kevin, Laurie, Justin et Hugo.

Les œufs sont ensuite pesés et triés selon leurs poids. À la Ferme Avicole Laviolette, tous les œufs sont codés avec de l’encre non toxique. Les codes spécifient la date de la classification, la date de péremption et la provenance des œufs. Ce système de codage est déjà utilisé depuis plusieurs années à la Ferme Laviolette. Par contre, la nouvelle machine appose les codes avec une incroyable précision et une vitesse fulgurante. Les œufs classés et codés sont finalement mis en plateaux qui sont eux aussi estampillés de la date de péremption. Entre 70 et 80 % de ces œufs sont acheminés vers des restaurants et des grossistes de Montréal à Ottawa. Le reste est dirigé vers des usines de transformation.

Au total, 160 000 œufs par jour sortent du centre de classement des Laviolette.  « En ce moment, nous roulons à environ 70% de notre capacité.  Il y a place à l’expansion », affirme M. Laviolette en ajoutant : « On investit pour le futur. »

D’ailleurs, la 3e génération vient tout juste de s’ajouter officiellement à la main-d’œuvre à temps plein. Kevin Laviolette

« Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours su que je voulais être producteur comme mon père et ma grand-mère avant lui », déclare Kevin Laviolette avec fierté et confiance. « Je pense que ma grand-mère
( feu Mme Yollande Laviolette) serait fière de voir ce que nous avons développé. » 

 Avec une hausse de la demande pour les œufs de 34% dans les derniers 11 ans, la Ferme Avicole Laviolette est en croissance dans un marché qui démontre une tendance propice à l’expansion. 

Des gens innovants

La Ferme Avicole Laviolette a été honorée d’un Prix de la première ministre pour l’excellence en innovation agroalimentaire en décembre dernier.  On reconnaissait ses pratiques exemplaires et innovatrices dans toutes ses sphères d’activités. Par exemple, dans le soin apporté aux détails de la construction de leur dernier poulailler et pour la modernisation du centre de classement, entre autres.

C’est la deuxième fois que la province lui décerne ce prix prestigieux. En 2014, on le leur avait attribué pour le marquage des œufs, procédé déterminant à l’époque dans le cheminement vers la traçabilité des aliments. En 2012, l’entreprise avait été la première en Ontario à implanter un système automatisé qui appose sur chaque œuf un code alphanumérique.

Un 20e anniversaire

Marcel Laviolette célébrait le 31 mai dernier, son 20e anniversaire à temps plein sur la ferme familiale.

Dorénavant, il allait se concentrer exclusivement sur la croissance de l’entreprise fondée en 1977 par sa mère, feu Mme Yollande Laviolette.

2 réflexions au sujet de « Ferme Avicole Laviolette, au sommet de la technologie »

  1. Ginette Seguin

    Est-ce qu’on peut voir comment les poules sont installées,
    on se préoccupe de plus en plus du bien-être animal.
    En tout cas vos oeufs sont très bons

    Répondre
    1. Journal Agricom Auteur de l’article

      Bonjour Mme Séguin,

      Je vous invite à parcourir le site web de la Ferme Avicole Laviolette. Vous y trouverez aussi leurs coordonnées si vous voulez les contacter directement.
      https://fermeavicolelaviolette.com/. Vous pouvez également les suivre sur Facebook.
      Merci de votre intérêt,

      Chantal Quirion, Agricom

      Répondre

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