Volume 29 Numéro 02 Le 7 septembre 2011

Ferme Riverdale Deux ans après avoir reçu le CIL


Photo : J Bellehumeur

Par Josée Bellehumeur
jbellehumeur@ucfo.ca


La Ferme Riverdale d’Earlton, propriété de la famille Rivard, a eu l’honneur d’être l’hôte du Concours international de labour (CIL) de 2009. À cette occasion, François Rivard avait alloué pour la tenue de l’événement une aire de 400 acres de terre cultivable, soit approximativement trois quarts de la superficie totale que possédait la ferme. Mais après que la Cité des tentes ait été démontée, que les dizaines de milliers de festivaliers aient levé le pied et que les centaines de pylônes électriques soient démantelés et chargés dans d’immenses camions-remorques, les Rivard n’étaient pas au bout de leurs peines. Plusieurs travaux de réparation les attendaient.

 

Travail supplémentaire   

À l’automne 2009, après l’événement, les travaux aux champs on été beaucoup plus long que prévu. De fait, les agriculteurs ont dû réparer 11 drains endommagés lors de l’installation des poteaux électriques. Et ce n’est pas tout ! Au printemps 2010, ils en ont réparé trois autres qui avaient été endommagés et la même quantité à l’automne de la même année. Ce printemps, encore trois drains ont été réparés, pour un total de 20. Heureusement pour eux, les frais de remplacement et de réparation ont été assumés par le CIL, en vertu de leur contrat.

 

Ils ont aussi utilisé une sous-soleuse dans les champs pour aider à décompacter le sol sur les chemins qui donnaient accès aux kiosques, parc de roulottes, etc. Les passages à répétition à ces endroits précis avaient créé une compaction en profondeur, dommageable pour les cultures subséquentes.

 

De plus, les planches de labour du concours ayant été conçus dans le sens contraire duquel le champ est labouré à l’habitude, les Rivard ont dû fermer les rigoles avec le chargeur et labourer les champs de sorte à ne laisser aucune trace du passage des dizaines de charrues. 

 

Il a également fallu ramasser les déchets laissés sur place et étendre une fine couche de copeaux de bois avec l’épandeur pour permettre une meilleure décomposition et un meilleur labour.  Ces résidus avaient été répandus dans plusieurs zones pour éviter que le terrain ne devienne trop boueux en cas de pluie.

 

Impact sur les rendements

Selon Éric Rivard, copropriétaire de l’entreprise depuis octobre 2010 avec son frère Alex, les rendements ont été affectés surtout aux endroits où étaient situés les chemins d’accès au site en raison de la circulation était élevée. « Malgré le passage de la sous-soleuse, on voit à l’œil que le maïs est moins grand à ces endroits-là », a-t-il confié à l’Agricom.  Sur les terres où avaient lieu les labours, « c’était très rough et encore aujourd’hui on le sent dans le tracteur lorsqu’on travaille le sol, les rendements sont assurément moins élevés à ces endroits-là », poursuit Éric.

 

Selon Daniel Tassé, agronome au ministère de l’Agriculture, le type de sol où a eu lieu le concours de labour est de l’argile — argile de New-Liskeard. Lors de l’événement, la température a été clémente, heureusement. Le temps sec a contribué à diminuer le risque de compaction du sol.  Selon M. Tassé, un sol compacté peu prendre des années avant de retrouvé une bonne structure.  Le passage de machinerie telle que la sous-soleuse, les rotations de cultures et l’apport de matière organique sont des pratiques qui favorisent la décompaction du sol.

 

Et si c’était à recommencer ? Éric Rivard hésiterait à prêter encore son terrain aujourd’hui si on lui demandait d’y tenir un tel événement. ʺ En 2009, ce sont mes parents qui étaient propriétaires, moi j’aurais probablement refusé. J’avais peur des conséquences. Heureusement, la température était de notre côté!ʺ

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *