Le 19 août 2004

Fête champêtre de l’UCFO… Bobby Lalonde : un musicien né?

Par Chantal Quirion


C’est tout un honneur pour l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) qui accueillera Bobby Lalonde le 29 août prochain. Ainsi l’artiste de renom international a accepté de se joindre aux festivités champêtres qui se dérouleront dans le cadre du 75e anniversaire de l’UCFO. Beau temps mauvais temps, tout est prévu pour que cette journée à Clarence Creek se déroule sous le signe de la gaieté, de la bonne humeur et surtout, au rythme des prestations musicales qui seront nombreuses.

La scène sera ouverte à tous les artistes qui au fil des improvisations livreront des performances uniques. C’est d’ailleurs cet aspect qui a séduit Bobby Lalonde. Partager la scène avec d’autres musiciens et interprètes dans un cadre qui permet de laisser libre cours à l’instinct du moment, voilà ce qu’il aime particulièrement. Il offrira cependant quelques pièces de son vaste répertoire qu’il a choisies pour l’occasion.

On a déjà eu un bel échantillonnage des multiples talents des agriculteurs avec la pièce musicale La noce d’Antoine et de Corine. Plusieurs d’entre eux y seront présents y compris le populaire Louis Racine qui animera la journée.

Depuis 2002, Bobby Lalonde se consacre davantage au travail en studio et à son magasin de musique. De ce fait, ses fans ont moins l’occasion de l’apprécier sur scène. L’Union des cultivateurs franco-ontariens s’estime donc particulièrement privilégiée de pouvoir offrir cette chance à ses membres et à leurs familles ainsi qu’aux nombreux collaborateurs du journal Agricom.

Pour l’artiste natif de Fournier, il s’agit d’un petit clin d’?il au passé puisque c’est dans les foires agricoles de la région qu’il a donné ses premiers spectacles en compagnie de ses frères Gerry, Gilles et Marc. « C’est avec le support de cette communauté que j’ai fait mes débuts dit-il. Tous ces gens n’ont d’ailleurs jamais cessé de m’encourager au cours des années », affirme-t-il reconnaissant.

Cette communauté en fait, c’est la sienne et il s’y sent à l’aise. Il a fréquenté l’école primaire de St-Isidore puis l’école secondaire de Plantagenet. Malgré tous les aléas du métier, il a été tenté de s’établir à Fournier.

Au début, plus ou moins certain, il y a acheté une maison en se disant « essayons-ça». Dix-huit ans plus tard, on le retrouve à la même adresse avec Joy son épouse et leurs trois enfants: Adam, Brandon et Kelita.

Le calme et la tranquillité du milieu rural sont certes des qualités qu’il apprécie mais les liens sociaux qui s’y tissent revêtent pour lui une grande importance. Tout au long des années où ses tournées l’ont amené à s’absenter fréquemment, ces rapports de bon voisinage ont été pour lui un gage de sécurité, l’assurance de s’avoir sa famille entourée de gens prévenants sur qui elle pouvait compter au besoin,

Il n’est pas le seul à apprécier le charme de la campagne. Ses clients qui viennent pour enregistrer dans son studio attenant à la maison, apprécient énormément la quiétude des lieux. Ils sont aussi nombreux que prestigieux et s’il le voulait, Bobby Lalonde pourrait bien se consacrer exclusivement à cette activité.

Cependant, il tient à être présent dans son commerce d’instruments de musique à Vankleek Hill. C’est sa façon à lui de rester en contact avec le public. Depuis qu’il a pris la décision de prendre une pause du côté des tournées, il a ouvert cette boutique où plusieurs viennent de très loin pour le consulter et avoir son avis avant d’acquérir un instrument. C’est aussi pour lui une occasion de se livrer au plaisir de l’improvisation lorsque des musiciens franchissent la porte.

Si quelques-uns uns sont portés à voir dans ses innombrables succès les talents de l’homme d’affaires conjugués au talent incontesté du musicien, lui pour sa part, n’y voit qu’une unique passion: la musique, celle qui a ordonné la moindre de ses actions. Toujours il s’est laissé guidé par son inspiration et aucun calcul n’a jamais interrompu le cours de ses ambitions, même en dépit du risque que cela ne fonctionne pas.

Éclectique, il s’amuse autant à fondre les styles musicaux pour leur faire prendre un nouvel envol, qu’à travailler en studio pour composer des indices pour la radio et la télévision ou des bandes sonores pour le cinéma ou qu’en performant sur scène où il joue à peu près de tous les instruments. « J’ai toujours été quelqu’un qui a plusieurs fers au feu, dit-il. C’est ce qui me permet de rester en équilibre, de prendre un certain recul». Ce recul lui sert présentement à mijoter un autre album lequel sera probablement livré en 2005.

Pour l’heure, il partage son temps entre sa maison d’édition, spécialisée dans les textes de chansons et son studio d’enregistrement, Les productions Bolab ainsi qu’à son magasin Bobby Lalonde Musique, et ce, quand il n’est pas sur la scène. Même s’il ne fait plus officiellement de tournées, il se joint occasionnellement au groupe Granery All Stars Blues Band, qui a accepté sa participation selon ses disponibilités. C’est ainsi qu’on a pu l’apprécier au cours de la dernière édition du Festival de jazz de Montréal.

Pour faire le survol de la carrière de Bobby Lalonde il faudrait écrire un livre; il y a certes la passion mais son talent exceptionnel pour ne pas dire son don, n’est certainement pas étranger à son parcours inusité. Intronisé au Temple de la renommée de la musique Country de la Vallée de l’Outaouais, partageant un Félix, avec le groupe Garolou, ou faisant la tournée du Canada et de l’Europe avec son groupe Le Bobby Lalonde Band ou encore avec le groupe Swing qu’il a co-fondé avec Michel Bénac et où Kelita sa fille participait comme danseuse à claquettes, toujours, il s’est hissé au sommet de la renommée.

Avant de partager la scène avec Kenny Rogers, Johnny Cash, Ronnie Prohet, et bien d’autres, il a d’abord ému sa mère en tenant le violon à l’âge de trois ans, époque où il l’accompagnait avec ses oncles au cours de nombreuses soirées musicales. Ayant délaissé l’instrument un certain nombre d’années, il lui offrit la surprise à l’âge de huit ans, d’un récital de onze pièces apprises en une semaine, le plus beau cadeau qu’une mère alitée à l’hôpital puisse recevoir. Bien sûr elle en pleura!

En pensant à sa mère, Bobby Lalonde ne peut s’empêcher de sourire, se rappelant une époque lointaine où lui et ses frères prenaient un temps fou à se préparer avant d’entrer en scène « Lâche donc de te peigner, disait-elle! Tu ne vas quand même pas jouer pour le premier ministre!.

Elle était alors loin de s’imaginer qu’un jour, son fils Bobby serait invité à se produire en privé devant les grands politiciens de ce monde réunis. Avec Margaret Thatcher, Ronald Reagan, le président Mitterrand et Pierre Elliott Trudeau à l’avant-scène, elle eût fort probablement envie de replacer quelques mèches rebelles sur le crâne de son fils. Quoiqu’il en soit, Bobby Lalonde retient de ce moment, le commentaire que lui adressa le Premier ministre du Canada à l’époque, Pierre Elliot Trudeau: « J’ai été ravi, dit-il, de présenter un musicien franco-ontarien au président Mitterrand ».

Malgré l’ampleur de ses succès, l’artiste demeure humble et c’est en toute simplicité qu’il a accepté de se joindre aux festivités. C’est donc avec impatience que nous attendrons cette fameuse journée!

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