Volume 29 Numéro 20 Le 22 juin 2012

Fin de l’Agence québécoise de vente du blé


Par Isabelle Lessard, journaliste
redaction@journalagricom.ca


Les  producteurs de blé de consommation humaine du Québec ont décidé de mettre fin à leur Agence de vente obligatoire. Dans un scrutin postal réalisé entre la mi-mai et le 4 juin, 83 % des agriculteurs répondant ont voté en faveur du démantèlement de l’Agence.

Rejoint par téléphone, Mathieu Forget, un porte-parole du regroupement Opération blé qui militait contre le maintien de l’Agence de vente obligatoire s’est dit très heureux du résultat final. Il ajoute que ce vote fait enfin ressortir la volonté des producteurs d’avoir le libre-choix de leur mise en marché du blé.

C’est que la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec (FPCCQ) avait déjà tenu un tel vote précédemment, mais plusieurs membres avaient soulevé des questions éthiques quant à la méthodologie utilisée et la validité des résultats qui penchaient pour le maintien de l’Agence.

« La Fédération se doit de prendre position rapidement et d’en informer correctement les producteurs et les acheteurs de blé afin que ceux-ci puissent s’ajuster pour la commercialisation du blé de 2012 », souligne Clément Leblanc, un autre producteur impliqué dans l’Opération blé.

Agricom n’a pas réussi à obtenir les commentaires de la FPCCQ puisque celle-ci n’a pas retourné nos appels. On a cependant appris que la Fédération a tenu une assemblée les 11 et 12 juin pour discuter de la suite des choses.

Bien que l’information n’ait pas encore été confirmée, une rumeur circulerait voulant que l’Agence mettrait fin à ses services sous peu. Elle pourrait bien ne pas mettre en marché les récoltes du blé de printemps, prévues pour le mois d’août. Elle ne ferait que la mise en marché du blé d’automne de 2011.

Quelque 60 % des 2021 producteurs appelés à voter ont exercé leur droit de vote. Cependant, 68 bulletins de vote ont été rejetés soit parce qu’ils n’étaient pas conformes, soit parce qu’ils étaient arrivés en retard, après la date de fermeture du scrutin.

Opposition à l’Agence
Depuis quelque temps, un groupe de producteurs agricoles dénonçait les coûts élevés d’opération de l’Agence qui avait initialement le mandat de relancer la production de blé de consommation humaine. Or, il s’agit d’un échec selon eux, d’autant plus que ce service est contraignant et coûteux pour les producteurs de blé québécois.

Le Québec et l’Ontario ont connu de fortes baisses des superficies réservées à la culture du blé de printemps, soit respectivement 35 et 50 %. Cela pourrait s’expliquer entre autres par les nombreux problèmes de qualité et de rentabilité, selon la FPCCQ.

Clément Leblanc d’Option blé disait tout de même garder espoir que la culture du blé reprenne de la vigueur prochainement. « Il y a de l’avenir au Québec pour la production de blé de consommation humaine dans la mesure où les producteurs se voient imposer moins de frais, moins de paperasserie et moins de contraintes.  Il faut encourager la production de produits à valeur ajoutée permettant au producteur de toucher un meilleur prix et au consommateur québécois de bénéficier de produits d’ici et de qualité »  rappelait M. Leblanc une douzaine de jours avant le début du vote.

Cette culture est devenue pratiquement marginale en sol québécois, si bien qu’elle représenterait seulement 5 % des volumes de grains commercialisés.

En Ontario, les producteurs se sont départis de leur Agence en 2003 alors que celle du Québec voyait le jour en 2005.

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