Volume 30 Numéro 17 Le 10 mai 2013

Fin inévitable des cages de gestation


Photo : iStock

Par Isabelle Lessard, journaliste


Huit des plus grandes chaînes de supermarchés n’achèteront plus de porcs provenant d’élevages utilisant des cages de gestation, d’ici 2022. Metro, Costco, Sobeys, Walmart, Loblaw, Canada Safeway, Coop Atlantique et Federated Co-operatives ont fait part de leur intention de n’acheter que du porc provenant de truies élevées selon des pratiques de logements plus respectueuses du bien-être animal.

Ces membres du Conseil canadien du commerce de détail (CCCD), une association regroupant plus de 45 000 magasins de détail, ont déclaré par voie de communiqué être d’avis que « les truies devraient être logées dans un milieu favorisant le plus possible leur grossesse, leur santé et leur bien-être ».

Le CCCD dit travailler en étroite collaboration avec le Conseil canadien du porc (CCP) pour l’élaboration de son nouveau Code de pratiques pour les porcins. Une version préliminaire devrait être publiée le 1er juin afin de recevoir les commentaires du public.

Le Conseil canadien du porc a réservé un accueil plutôt mitigé à l’engagement de ces huit détaillants. Il estime d’une part que cette décision permettra d’entamer un « dialogue productif » entre détaillants et producteurs, mais qu’il ne faut pas oublier la rentabilité des fermes porcines.

« Les modifications apportées à la ferme devront se faire de manière à protéger le bien-être des animaux tout en assurant la viabilité des exploitations canadiennes », a déclaré le président du CCP, Jean-Guy Vincent.

Ce dernier admet que la facture pour convertir les installations porcines risque d’être salée pour les producteurs. Non seulement les porcheries devront être rénovées, ce qui engendrera des dépenses considérables en immobilisation, mais le personnel devra être formé pour travailler en fonction de ces nouvelles normes de manipulation des animaux.

Le CCP s’est dit prêt à dialoguer avec les représentants du CCCD afin de trouver une solution pour que l’industrie « contribue à ces investissements ».

Le système d’élevage des truies s’est intensifié au cours de la dernière décennie. Les élevages sur litière ont laissé place à des stalles individuelles qui facilitent la gestion des animaux. L’alimentation plus systématique et la diminution des blessures dues aux comportements agressifs n’ont pas su convaincre les consommateurs du bien-fondé de l’utilisation des cages de gestation.

« La restriction des mouvements a suscité certaines inquiétudes, à savoir qu’une telle solution inhibe les comportements naturels », explique le CCCD.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *