Volume 30 Numéro 19 Le 7 juin 2013

Fraîchement diplômé, mais des défis pleins la tête


Alexandre Castonguay se prépare à prendre la relève à la ferme Agriguay de St-Isidore. Photo I Lessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Alexandre Castonguay est parmi cette relève prometteuse sur qui les agriculteurs plus âgés peuvent se fier pour faire honneur à la profession. Récemment diplômé du Campus d’Alfred, le jeune homme est maintenant armé d’un savoir et d’une motivation à toute épreuve qui, gageons-le, le mèneront loin.

À peine âgé de 20 ans, Alexandre s’apprête à prendre la relève de la ferme laitière familiale Agriguay, propriétaire d’un troupeau de 180 vaches laitières holsteins (470 têtes) et de quelque 870 acres de terres cultivées, située à St-Isidore, dans l’Est ontarien.

Son frère aîné, Maxime, lui aussi formé à Alfred, a déjà mis un pied dans la porte de l’entreprise l’année dernière, en acquérant des parts. Et à compter de mai 2014, Alexandre sera enfin lui aussi propriétaire de 20 % des parts de la compagnie. Il joindra donc les rangs de son grand-père, Hervé, son père, André, son oncle, Robert, et son frère, à titre d’actionnaire.

Mais avant toute chose, Alexandre doit faire ses preuves et il en est conscient. « Ici à la ferme, on doit faire un an de probation avant d’intégrer l’entreprise. Ça sert à s’assurer que la relève est sérieuse et compétente pour prendre cette responsabilité », explique le jeune agriculteur.

Il s’agit d’un rêve qu’il chérit depuis plusieurs années et qui s’est intensifié avec la réalisation de son « projet de ferme », un projet de fin d’études qui permet aux apprentis agriculteurs de plonger les mains dans la gestion de l’entreprise et d’analyser les forces et les faiblesses de la ferme de leur choix.

Originalement une ferme de subsistance, l’exploitation agricole des Castonguay est rapidement devenue une entreprise florissante et prospère. Mais Alexandre a déjà des plans pour pousser encore « une coche plus loin ». Les comparatifs et l’analyse des données financières et des pratiques de gestion du troupeau réalisés dans le cadre de son projet ont permis à ce jeune entrepreneur de bâtir ses propres défis et de mieux connaître dans quoi il s’embarquait.

« On a réalisé qu’on élevait un trop grand nombre de génisses. Alors l’un des buts serait de diminuer le nombre d’animaux de remplacement », explique le jeune diplômé, en précisant que le taux de réforme atteint 43 %, alors qu’il voudrait se rapprocher de la moyenne de 34 % des fermes du Groupement de gestion agricole de l’Ontario.

Moins d’animaux de remplacement veut aussi dire plus d’espace pour élever un plus grand nombre de vaches en lactation, selon les aspirations d’Alexandre.

Un autre aspect qu’il désire améliorer est la réduction des coûts de production, sans évidemment diminuer les rendements. Il compte y parvenir notamment en intensifiant la mécanisation des tâches.

« Ce que j’aime ici, c’est que les actionnaires prennent en considération mes idées. Ce n’est pas parce que je suis jeune qu’ils ne m’écoutent pas. Ils veulent nous aider [mon frère et moi] à perfectionner l’entreprise », confie Alexandre qui s’apprête à mettre en œuvre les connaissances acquises dans le cadre de ses études collégiales aux profits du troupeau, de la ferme familiale et de sa communauté agricole franco-ontarienne.

Tout comme son arrière-grand-père Isaïe lors de son établissement dans la région, Alexandre croit très fort au potentiel de la ferme et du troupeau avec lequel il « s’amusera » pour les quarante ou cinquante prochaines années. Bref, la ferme Agriguay qui est établie depuis près d’une centaine d’années est entre bonnes mains.

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