Le 17 août 2005

France Vanier ? « Sky is the limit » n’est pas assez grand!

Par Chantal Quirion


Nous avions rencontré France Vanier en 2003 alors qu’elle donnait sa première clinique en tant qu’instructrice certifiée de l’école de John Lyons. À son ranch de Plantagenet, le Pine Haven Quarter Horses où se déroulait l’événement, nous avions été pour le moins impressionnés par la détermination, la passion et l’ambition hors du commun qui habitent cette femme.

Arrivée tardivement dans l’univers équin, France Vanier n’avait pas hésité à s’expatrier à quelques reprises pour aller quérir l’enseignement qu’elle visait: les techniques de Johns Lyons. À cette fin, elle avait pris la route menant au Colorado emmenant avec elle deux enfants en bas âge et tirant derrière elle, deux chevaux. Son conjoint et sa mère l’accompagnèrent en alternance dans ses périples pour lui donner un coup de main. Ce support familial est toujours aussi présent qu’apprécié en 2005 et heureusement, car le rythme trépidant de la vie de France Vanier n’a d’égal que le galop vertigineux de ses chevaux.

Donc en 2003, elle devenait la sixième au Canada à pouvoir dispenser l’enseignement de John Lyons et la seule à le faire dans la langue française. Un trait qui la démarque et dont elle retire beaucoup de fierté quoiqu’elle soit parfaitement bilingue.

Depuis, que s’est-il passé et quels sont ses projets d’avenir? Premièrement, le ranch a prospéré. Le troupeau de Quarter Horses compte maintenant dix-sept sujets et les premiers poulains sont maintenant en âge d’être vendus. Il y a eu quelques transactions au cours de l’année dernière et d’autres sont à venir. Ces poulains sont vendus dressés ou sinon, à la condition exclusive que le nouveau propriétaire suive une formation avec Mme Vanier. Celle-ci tient seulement à s’assurer que « sa » progéniture reflète sa marque de commerce et celle de John Lyons: un cheval calme et constant. « Je commence à avoir de très bonnes juments avec une lignée de « reining » dit-elle. C’est-à-dire qu’on les distingue pour leurs aptitudes pour la performance et leur grande habilité physique. »

Le « reining », un terme qui n’a pas d’équivalent français, est une discipline qui était en démonstration lors des dernières olympiades à Athènes et qui risque fort de faire partie des compétitions officielles lors des prochains Jeux. Il s’agit de compétitions équestres tout à fait spectaculaires. Bien que France Vanier soit présentement à suivre sa formation pour devenir instructrice de niveau 2 spécialisée en Gymkhana, elle songe déjà à faire de même en reining pour devenir éventuellement entraîneure pour ce sport en pleine montée.

Apprendre, dit-elle, est un mot sans limite. Elle est retournée régulièrement aux États-Unis suivre des cliniques avec Josh Lyons, le fils de John et elle l’a même fait venir à Laval au Québec en mai dernier où près de deux cent cinquante personnes ont profité de l’opportunité.

Elle donne elle-même des cliniques et le territoire qu’elle dessert prend toujours de l’expansion, au Québec comme en Ontario. Parmi les nouveautés, elle offre maintenant un programme intensif de deux jours pour le débourrage de poulains ou pour le redressage de chevaux matures. Elle a déjà dispensé une quarantaine de ces formations qu’elle donne tant à domicile qu’à son ranch. En général, les clients préfèrent venir chez elle à cause du manège de six pieds, nécessaire à l’entraînement. À ce manège extérieur elle compte en ajouter un intérieur pour continuer ses activités tout au long de l’année.

Elle a maintenant un site Internet ce qui lui permet de se faire connaître ici et ailleurs. Son premier stagiaire français l’a découvert en naviguant sur la toile. Romain Deletraz, étudiant en production animale à la Maison familiale rurale IREO des Herbiers dans la région de Vendée, se dit fort heureux de cette expérience qui a débuté en juillet dernier. C’est la première fois, dit-il, qu’il entendait parler des techniques de Lyons et il s’estime privilégié de ramener avec lui ce bagage. Un apprentissage où la sécurité fait loi et où le respect qui s’établit entre la monture et le cavalier permet de grandes choses. Il ne cache pas son intérêt pour l’équitation Western, peu connue en France et qu’il compte bien exporter dans sa région natale, la Haute Savoie.

Sur demande, France Vanier donne aussi des formations sur mesure. C’est ainsi qu’en juillet dernier, trois jeunes entraîneures équestres du Québec sont venues pour une semaine au Pine Haven Quarter Horses. Nancy Bellehumeur, July Langlois et Sonia Bergeron, trois jeunes professionnelles âgées respectivement de vingt-cinq, vingt-quatre et vingt-deux ans y venaient pour un double objectif. D’une part, disent-elles, la demande pour le débourrage de poulain est croissante et l’enseignement de France Vanier à cet égard s’avère la meilleure façon de peaufiner leur savoir.

D’autre part, Sonia et July ont déjà commencé à amasser l’argent qui leur servira à faire le même périple que France au Colorado. Elles veulent donc maximiser les impacts de ce voyage en acquérant au préalable les bases de la formation. Nancy rêve aussi de suivre cette trajectoire, mais avant, elle se donne comme objectif de retourner à la compétition.

À toutes ces activités, France Vanier ajoute celle de chroniqueuse puisqu’elle écrit régulièrement dans le Cow-boy?s Magazine. Dans la même veine, elle s’est attaquée à un projet ambitieux, la rédaction d’un livre sur les techniques de Lyons. Un livre écrit en français où les étapes seront décortiquées minutieusement et abondamment illustrées.

Faut-il s’étonner que ses filles Amélie et Laura, âgées aujourd’hui de cinq et trois ans, soient habitées de la même passion’

*Plusieurs cliniques sur des sujets variés sont au programme cet automne. C’est pourquoi une visite au www.pinehavenqh.com s’impose.

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