Le 18 mai 2005

Françoise Sabourin-Brunet: quand le souvenir fleurit!

Par Chantal Quirion


Même à 74 ans on peut encore donner la vie. Françoise Sabourin-Brunet en couchant sur papier son histoire, livre un récit qui après une longue gestation, arrive comme un nouveau-né. Écrire sa vie, nous dit l’auteure, est un geste libérateur. Cela nous apporte de grandes joies mais nous confronte aussi à nos vieilles peines refoulées. C’est une merveilleuse aventure dont on ressort grandi.

C’est d’abord à la demande de sa petite fille Geneviève que cette affectueuse grand-mère décide de rédiger ses mémoires. Nous sommes en l’an 2000 et prête à attaquer, elle s’ouvre aux souvenirs qui ne manquent pas d’affluer. Bien vite pourtant, elle ajourne le projet faute d’une méthode qu’elle sent, lui manquer. « Il me fallait une structure et je déposai le projet sur la tablette avec l’espoir qu’une méthode se révélerait à un moment donné. »

La réponse devait lui arriver quelque temps plus tard par l’entremise des ateliers « J’écris ma vie ». L’initiateur de ce projet, l’auteur québécois Olivier Fillion, lui enseigna ses techniques dans l’espoir qu’elle transmette à son tour ce savoir. Une mission qu’elle ne désirait pas au départ mais qui s’imposa malgré elle. Elle devint la première animatrice en Ontario français de ces groupes d’écriture pour lesquels elle a donné jusqu’ici, trois séries de trente ateliers. Un service qu’elle rend de façon tout à fait bénévole.

Chemin faisant, elle écrit « sa petite histoire qui fait partie de la grande ». Onzième d’une famille de dix-sept enfants, Françoise S.-Brunet est née dans le comté de Vaudreuil au Québec où elle demeurera jusqu’à son mariage, hormis pendant sa 10e et 11e années scolaires qu’elle fit à l’École Normale de Saint-Jérôme. Son père était fermier et malgré la famille nombreuse, « nous n’avons jamais manqué de rien », assure-t-elle.

Son père Hector et sa mère Émilia lui inculqueront par l’exemple, les vertus du partage et de l’entraide, une croyance solide en Dieu ainsi qu’un attachement profond aux valeurs familiales. « Ils m’ont fait voir, par le témoignage de leur vie, tous les replis du c’ur de Dieu. »

Après avoir embrassé la carrière d’enseignante, Françoise deviendra épouse et fermière à son tour, ayant rencontré Roma, son seul et unique amour dont elle prend le nom, Brunet. Ste-Anne-de-Prescott deviendra son village d’adoption où cinquante-trois ans plus tard, elle habite encore. De cette union naîtra quatre enfants: Rachel, Lucie, Louis et Yves. « Être parents a été la plus grande mission que j’ai eue à accomplir sur la terre et elle perdurera tant que j’aurai ma capacité d’aimer. »

Aujourd’hui grand-mère de sept petits-enfants et arrière-grand-mère également, elle livre un témoignage vibrant où pourra puiser sa descendance. Sa vie ne fut pas faite que de joies mais le courage et la force qu’elle opposa à l’épreuve sont autant de richesses qui font partie de ce patrimoine caractériel qu’elle lègue à ceux qu’elle aime.

Beaucoup plus qu’un recueil de souvenirs, chaque ligne sous-entend l’amour et la sensibilité, le désir de livrer ce qu’elle a retenu de la vie, ce qu’on lui a légué et dont elle tient à faire cadeau à son tour. « C’est un livre qui prendra toute sa valeur lorsque je n’y serai plus. »

Bien fière de cette réalisation, Françoise Sabourin-Brunet invite les gens à l’imiter en leur donnant ce conseil: « Écrivez vos souvenirs pour que les enfants vous reconnaissent. Ne cherchez pas à faire beau mais à faire vrai ». Ce qu’elle a elle-même très bien réussi.

On peut se procurer « Quand la vie fleurit » en contactant Françoise Sabourin-Brunet au 613.674.2096 ou en lui écrivant à franccoisebrunet@rogers.com ou encore à lbrunet@hawk.igs.net.

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