Volume 35 Numéro 18 Le 25 mai 2018

George Posch, profession : maître meunier bio


George Posch moud et vend ses céréales qu'il cultive sur 660 acres dans le Témiskaming. Photo: Marc Dumont

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Au Témiskaming, George Posch cultive, moud et vend du sarrasin, de l’épeautre et du blé sur 660 acres avec son fils et son frère. Chaque étape se fait avec le plus grand des soins. Ils cultivent sans fertilisants et sans produits chimiques.

Les meules pour moudre sont en pierre comme à l’ancienne et M. Posch utilise deux salles pour éviter la contamination entre les farines. Dans ces salles, la température et l’humidité sont contrôlées. À l’épicerie, ses sacs de farine sont blancs : un rappel de la pureté du produit. Ses produits portent la mention « Biologique » d’ Ecocert Canada. L’importance de la certification de ses produits n’est qu’un autre exemple de l’approche de M. Posch : « Comment faire les choses un peu mieux? », une question qu’il applique à toutes les sphères de sa vie.

Le processus de certification d’Ecocert Canada est exigeant et rigoureux. C’est en février qu’il faut en faire la demande. Il s’agit d’indiquer quels sont les plans de l’année : quelle culture dans quel champ. Chaque champ a son histoire et est numéroté. À la première demande, il faut documenter l’utilisation de fertilisants et de produits chimiques ainsi que la rotation des cultures depuis trois ans. Alors, c’est une transition qui dure 36 mois avant d’obtenir la pleine certification.

Ecocert Canada a ses règles : pas de fertilisants, pas de produits chimiques, pas de semences modifiées génétiquement. « Chaque année, c’est de plus en plus compliqué », affirme M Posch. Ecocert Canada favorise l’achat local pour les semences. S’il est impossible d’obtenir localement des semences certifiées, le producteur peut quand même en acheter à la condition que les semences ne soient pas modifiées génétiquement, et qu’il obtienne trois lettres de fournisseurs qui attestent que les semences certifiées ne sont pas disponibles. M. Posch utilise ses propres semences d’épeautre depuis 20 ans.

Il faut pratiquer la rotation des cultures et prévoir une zone tampon de huit mètres autour des champs pour éliminer la contamination par des champs du voisin. Cependant, il est possible de surseoir à cette obligation en présentant une lettre du voisin qui certifie qu’il n’utilise pas de fertilisants ou produits chimiques. La certification biologique touche également les installations d’entreposage et la machinerie de ferme. Gare à celui qui utilise un tracteur dont un des cylindres indique la perte d’une seule goutte d’huile!

Juste avant la récolte arrive un inspecteur pour voir les champs. C’est l’occasion de vérifier si les produits interdits ont été utilisés ou s’il y a eu contamination par les semences des voisins. « Rien qu’à regarder, ça paraît », affirme M.Posch.

Pour M. Posch, la certification biologique touche également la fabrication de la farine. La traçabilité doit être sans faille. Il faut que tout soit justifié dans son inventaire : combien il récolte, combien il moud, combien il vend et combien de farine il donne aux cochons. Toutes les ventes pour chaque produit  doivent correspondre au volume des récoltes. 

La certification est un processus exigeant qu’il accepte bien, mais… qui comporte aussi sa dose d’irritants. Parfois c’est frustrant, confie-t-il.

Toutefois, rien n’arrête M. Posch dans sa quête pour améliorer ses farines. « Ce que je produis, j’en suis fier! Apporter une valeur ajoutée grâce à mes moulins, fait que je me sens bien quand je mange ce que je produis. J’espère continuer même si je ne peux pas justifier les dépenses.  Je fais moins que le salaire minimum», dit-il. Puis, il y a tous les témoignages et reconnaissances. Même qu’un chef cinq étoiles lui a raconté que ses enfants s’étaient chamaillés pour du pain fait avec ses farines. C’est un beau compliment.

Les farines de M. Posch sont vendues surtout localement, de Sudbury à Bracebridge et le long de la Route 11 jusqu’à Toronto. Il y a également de grosses boutiques d’aliments naturels à Guelph et Bracebridge. M. Posch admet que c’est un obstacle d’être isolé dans le Nord, mais qu’il ne voudrait pas aller dans le Sud même s’il est originaire de cette région

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *