Volume 33 Numéro 04 Le 09 octobre 2015

Gestion de l’offre: Soyons unis!


Par Luc Gagné


Lettre d’opinion

En ces jours où la gestion de l’offre est empreinte de bien des discussions, je me permets de vous donner mon opinion sur notre rôle en tant que défenseurs d’une agriculture en santé et prospère.

Premièrement, il ne faut pas avoir peur de donner les faits tels qu’ils sont. Les producteurs ne font pas des revendications pour demander la charité ou pour faire pitié. Au contraire, ils sont là pour demander à ce qu’on protège un système qui est gagnant pour tous. Le consommateur ne paie pas plus cher qu’ailleurs pour la plupart des produits laitiers qu’il achète et si c’est le cas pour certains produits laitiers, c’est de la même façon que pour d’autres produits de consommation qui coûtent aussi plus cher au Canada qu’aux États-Unis. Il faut rappeler aux consommateurs que le système de gestion de l’offre ne coûte rien à nos gouvernements et aux consommateurs et du même coup qu’il permet aux agriculteurs de bien vivre de leur métier et de redistribuer leur salaire dans la communauté. Malheureusement, ce n’est pas nécessairement le message qui circule et le consommateur tend souvent à croire ce qu’il lira dans les journaux.

Deuxièmement, il ne faut pas oublier que la vie et la vigueur de nos communautés et de nos villages sont directement proportionnelles à la santé de l’agriculture. Sans une agriculture en santé, la survie de beaucoup de villages sera compromise. À titre d’exemple, en 2014, pour le groupe Pro-Gest qui regroupe 75 fermes laitières de l’est de l’Ontario et des régions de l’Outaouais-Laurentides et de Lanaudière au Québec, c’est l’équivalent de 225 personnes à temps plein (57 heures/semaine) qui ont travaillé sur ces fermes et la masse salariale a été d’un peu moins de 10 000 000 $. Cela comprend les salaires directs, les retraits des propriétaires et les impôts payés. Ces montants ne tiennent pas compte de tous les salaires indirects que leur entreprise a générés. On n’a qu’à penser à vos conseillers en gestion, comptables, vétérinaires, inséminateurs, nutritionnistes et tous les autres intervenants du milieu agricole.

Troisièmement, la baisse du prix du lait d’environ 7$/hl depuis le début de l’année ne semble pas s’être reflétée sur les prix à l’épicerie. C’est là un autre exemple que le prix payé à la ferme n’est pas aussi relié à ce qui est chargé à l’épicerie. En fait, le prix payé pour le lait par les transformateurs varie selon l’utilisation finale qu’ils en font. Sachez qu’il existe cinq classes de lait. Plus le lait sera vendu dans la classe 1: le lait et la crème de consommation, le prix payé aux producteurs sera plus élevé sans pour autant que le consommateur paie davantage à l’épicerie. L’inverse est aussi vrai, si les transformateurs utilisent davantage le lait dans les classes inférieures 2 à 5, le prix à la ferme diminuera sans que le consommateur paie moins cher à l’épicerie.

Finalement, c’est dommage, voire malheureux de réaliser qu’il y a seulement un côté de la médaille qui circule sur les réseaux sociaux et dans les journaux.  Mis à part les journaux agricoles, le point de vue du producteur et de l’industrie laitière n’est jamais à la une. Les réponses aux articles qui détruisent la gestion de l’offre sont rarement publiées dans les journaux accessibles aux consommateurs. Ce n’est certainement pas parce que le monde agricole est absent de ces réseaux. Le consommateur a besoin de connaître la vérité sur les intentions réelles et malfaisantes des détracteurs de la gestion de l’offre. Les manifestations des dernières semaines auront permis de faire la lumière sur certaines croyances non fondées.

Luc Gagné, agr.

 

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