Volume 29 Numéro 10 Le 20 janvier 2012

Grains: L’année 2012 n’annonce rien de bon

Par Jean-Philippe Boucher, Spécialiste mise en marché des grains
info@journalagricom.ca


Fidèle à lui-même, le département de l’agriculture des États-Unis (USDA) aura à nouveau surpris les marchés une fois de plus ce mois-ci en présentant les résultats de son très attendu rapport mensuel de janvier.  

 

En résumé, ce rapport aura surtout révélé que les situations d’offre et demande de grains tant aux États-Unis que dans le monde seront moins préoccupantes que prévu pour les prochains mois:

 

Maïs : Les inventaires américains ont été revus à la hausse pour la fin 2012 à 21,49 millions de tonnes alors que les marchés prévoyaient une baisse à 19,13 millions de tonnes. Dans le monde, les inventaires de fin d’année ont aussi été réajustés à la hausse à 128,14 millions de tonnes. Les marchés anticipaient plutôt une baisse de ceux-ci en raison principalement des conditions de sécheresse enregistrées en Amérique du Sud depuis la mi-décembre. Mais même si le USDA aura bel et bien réduit les récoltes prévues pour le Brésil et l’Argentine, ce recul n’aura pas été aussi important que prévu et insuffisant pour contrebalancer les hausses de production de maïs aux États-Unis, en Europe et en Ukraine.

 

Soya : Grâce à une révision à la hausse surprenante de la dernière récolte américaine de soya à 83,17 millions de tonnes, combiné à une baisse prévue de la consommation et des exportations américaines de soya, les inventaires américains de fin d’année auront été aussi réajustés à la hausse à leur plus haut niveau enregistré depuis 2006-2007, soit 7,49 millions de tonnes. Cependant, reflétant essentiellement une baisse anticipée des récoltes sud-américaines de soya de 2,5 millions de tonnes (Brésil et Argentine), les inventaires mondiaux ont pour leur part été revus à la baisse de 1,1 million de tonnes. Les marchés prévoyaient cependant une baisse plus importante des récoltes sud-américaines que ce qu’a révélé le USDA.

 

Blé : L’offre mondiale de blé a été à nouveau gonflée cette fois-ci à 691,5 millions de tonnes, principalement en raison de la révision à la hausse des productions du Brésil, de l’Europe et de la Russie. Et malgré un léger ajustement à la hausse de la consommation prévue pour 2011-2012 à 681,43 millions de tonnes, les inventaires mondiaux de fin d’année auront gagné 1,5 million de tonnes pour maintenant s’établir à 210,02 millions de tonnes. Il s’agit du plus important niveau de réserve mondiale de blé observé depuis 1999-2000.  

 

Ainsi, si pratiquement tout au long de 2011, les marchés appréhendaient un contexte de disponibilité de grains à nouveau serré pour 2012, le dernier rapport mensuel du USDA aura remis les pendules à l’heure. Et pour l’instant, dans les faits, seule l’offre de maïs pourrait réellement se révéler problématique pour les prochains mois, particulièrement aux États-Unis où, il faut le dire, le niveau des inventaires de maïs prévus d’ici la fin de l’année commerciale en cours demeure historiquement très serré.

 

Mais cette situation pourrait changer rapidement. Si, comme plusieurs firmes spécialisées le prévoient, les producteurs américains décident de semer une superficie record en maïs cette année de plus de 94 millions d’acres, les États-Unis pourraient alors possiblement obtenir une récolte record l’automne prochain de plus de 340-350 millions de tonnes. Rien n’est impossible, mais dans ce contexte, il ne faut donc pas s’attendre à voir les prix des grains tenter de briser de nouveaux records en 2012 pour l’instant.

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