Le 18 février 2004

Il arrive que la vie prenne l’aspect d’un véritable conte? Une histoire de foin et d’amitié

Par Chantal Quirion


Grâce à un petit mot accroché à une balle de foin, deux familles d’agriculteurs de l’Est et de l’Ouest du Canada, ont fait connaissance et sont unies par un lien d’amitié, né d’un geste solidaire. On aperçoit à gauche, Pierre et Eliane Etter de Sarsfield

Il est de ces histoires que l’on ne se lasse jamais de raconter. Elles ont un « je ne sais quoi » de si émouvant qu’elles nous touchent à chaque fois.
Il était une fois, une petite lettre, qui après avoir voyagé à travers le pays attachée à un ballot de foin, survécut miraculeusement, aux dents du hachoir où périt son compagnon. Échappant à la gourmandise des ruminants, elle se retrouva enfin dans les mains de celui à qui elle était destinée mais il s’en fut de peu pour que l’histoire s’arrête là, puisqu’il la confondit à un vulgaire papier et s’apprêta à la jeter!

Ceci n’est pas un conte mais une histoire vraie.
Lorsqu’en avril 2003, Bernard Leer, un fermier de St.Walburg en Saskatchewan, se pencha pour ramasser un papier qui traînait dans son étable, il fut bien étonné. La lettre qu’il tenait entre ses mains était datée du 1er août de l’année 2002 et venait de Sarsfield en Ontario. Pour comble, elle lui était destinée.

« Cher et brave fermier,
Ayant entendu parler des problèmes que vous vivez suite à ces deux années de sécheresse, nous avons pensé qu’il fallait faire un petit quelque chose pour vous aider. Nous espérons que ces quelques balles de foin vous seront utiles en ces temps durs et nous vous souhaitons que la pluie revienne bientôt sur vos champs.

Toute la famille Etter vous souhaite bonne chance à vous et à tous vos fermiers. »

Il aura fallu tout ce temps et bien des péripéties, pour que ce mot rédigé par Pierre et Éliane Etter de Sarsfield, parvienne enfin à destination. Compatissants à l’endroit des fermiers de l’Ouest qui n’arrivaient même plus à nourrir leurs troupeaux à cause de la sécheresse, les Etter avaient tenu à joindre ces bribes d’encouragement aux balles de foin qu’ils donnaient pour rejoindre le chargement de Hay West.

Ce fut donc au tour de Pierre Etter d’être surpris, lorsque huit mois après avoir rédigé ce mot et ayant abandonné l’idée qu’il en eut un jour des nouvelles, il entende Bernard Leer au bout du fil.
Moment intense et chargé d’émotions, les deux hommes sympathisèrent instantanément. Un lien avait été créé et les deux familles finirent par se rencontrer lors d’un voyage que les Etter firent en Saskatchewan en juillet 2003.

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