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Il ne faut pas oublier la contribution des agricultrices !


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N.D.L.R. Allocution de madame Anne Thibodeau, de Earlton dans le Nord ontarien et directrice pour cette région à l’Union des cultivateurs franco-ontariens, à l’occasion du 65e anniversaire de l’Union culturelle des franco-ontariennes (UCFO) à Cochrane, en juin dernier.

Depuis le tout début, comme femmes impliquées en agriculture, vous étiez le support de votre mari et certaines d’entre-vous partagiez les tâches de la ferme en plus de celles de la maison. En faisant un peu de recherche sur votre histoire, j’ai appris que l’Union culturelle a permis à plusieurs femmes de s’épanouir en dehors du milieu familial.

Un petit groupe de l’Est de l’Ontario a pu offrir une chance aux femmes de partager leurs talents de cuisinières et de couturières.

En regardant ce que vous avez accompli jusqu’à présent, je vous dis: «Vous en avez fait du chemin !» Vous agrandissez votre territoire géographique et vous donnez une chance à d’autres de s’épanouir comme femmes, de consolider la culture et l’héritage francophone. Avec des cours et des sessions d’information et de formation, l’Union culturelle aide aussi les femmes à avoir une meilleure estime de soi, confiance en elle-même et à agrandir leur cercle social.

Aujourd’hui nos entreprises agricoles ne sont pas seulement gérées par les hommes, mais administrées par un partenariat entre homme et femme. On le voit de plus en plus dans la province voisine où des femmes entreprennent l’agriculture elles-mêmes. Avec l’aide de l’Union des cultivateurs, l’Union culturelle et les Groupements de gestion agricole, notre monde agricole a réussi à sensibiliser les gens de nos communautés urbaines à reconnaître nos forces, nos connaissances et nos expériences de plusieurs façons. Nous ne sommes pas là seulement pour traire les vaches, nous contribuons aussi à l’économie de notre communauté et de notre pays. Nous mettons le lait sur la table pour plusieurs dans le monde, quand même bien que nos gouvernements ne le reconnaissent pas toujours.

Comme francophones, ensemble nous bâtissons une force unie qui garde notre héritage et notre culture vivante et il ne faut pas lâcher. Malgré les défis que le gouvernement ou d’autres organismes et associations peuvent nous donner, nous sommes encore debout et il faut le rester.

L’évolution de notre société nous pousse à des changements aussi. La technologie est un des grands facteurs. «Il faut suivre», comme on dit. L’Union des cultivateurs fait face à un de ces changements. Depuis un peu plus d’un an maintenant, nous sommes en négociations pour changer de nom. C’est quelque chose qui n’est pas facile à faire, surtout lorsque nous existons depuis plus de 70 ans, que notre réputation est faite et que nous sommes reconnus sous le nom d’ ?Union des cultivateurs franco-ontariens’. Un changement qui devrait reconnaître la contribution des femmes en agriculture, et le mot ?Union’ qui apporte quelques fois des problèmes de compréhension.
La relève est un autre défi qui frappe à la porte. Nos différends comités, les entreprises agricoles, comme toutes autres choses d’ailleurs, ce sont nos jeunes qui ont la charge d’en prendre la relève. Mais nos jeunes curieux veulent aller dans les grands centres et explorer d’autres possibilités dans leur choix de carrière. On ne peut pas les retenir.
L’Union culturelle, l’Union des cultivateurs et les Groupements de gestion agricole nous rassemblent pour discuter d’affaires, pour nous informer et nous donner une formation. Ces groupes nous donnent aussi une occasion sociale.

Un enrichissement qui s’offre à chacune et à chacun avec le travail d’équipe, les échanges de travaux et les échanges entre les différentes communautés de la province. Avec ces échanges, nous créons des liens d’amitié qui nous rapprochent malgré la distance. Ces échanges nous permettent aussi de réaliser que nous ne sommes pas seuls avec nos difficultés et nos problèmes. C’est en jasant avec d’autres que nous trouvons des solutions et que quelques fois, nous réalisons aussi que ce n’est pas si pire que ça, il y en a d’autres qui sont plus ?poignés’ que nous autres. Dans le Nord ontarien, on apprend à se débrouiller et à fonctionner avec ce qu’on a, comme Mom dit souvent.

Comme représentante agricultrice francophone du Témiskaming, que ce soit pour l’Union des cultivateurs ou pour le Groupement de gestion agricole du Témiskaming, et même comme maman bénévole dans les écoles élémentaires, j’ai un devoir et une responsabilité de continuer mon travail pour garder ma francophonie. Surtout comme femme de 2e génération, comme ma mère, c’est de supporter et d’encourager la continuité de ces organisations, comme la vôtre, pour qu’un jour notre relève puisse avoir l’expérience de goûter à ce que nous vivons aujourd’hui et de bâtir toujours pour le meilleur.
Je me présente, Anne Thibodeau, fille de Doris Thibodeau.
Merci !

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