|
Journal Agricom
Le 21 septembre 2011 Volume 29 Numéro 3
Élections : Francophonie et agriculture
Les électeurs ontariens seront appelés aux urnes le 6 octobre prochain afin d’élire les députés et les ministres qui les représenteront pour les quatre prochaines années. Pour plusieurs Ontariens, faire un choix éclairé ne sera pas chose facile vu le nombre d’enjeux électoraux qui on fait surface au cours des dernières semaines.
Bien que les sujets chauds tels l’électricité, les finances publiques et la santé sont les enjeux qui dominent cette campagne électorale, l’agriculture et la francophonie sont des thèmes qui préoccupent plusieurs de nos lecteurs. Afin de vous aider à prendre une décision qui saura influencer l’avenir de la province de l’Ontario, Agricom a préparé ces deux pages qui font ressortir les priorités des organismes de défense des intérêts des francophones et des agriculteurs.
Dans un premier temps, nous avons questionné Monsieur Denis Vaillancourt, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario pour connaître ses préoccupations en matière de la langue française. Puis, nous avons demandé à Monsieur Simon Durand, directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), de rédiger un court texte pour présenter les priorités de l’organisme et celles de ses membres quant à l’avenir de l’agriculture en Ontario. Son article met donc en lumière quelques cinq enjeux de la plus haute importance sur lesquels l’UCFO aimerait voir le nouveau gouvernement apporter des éléments de solution dans un avenir rapproché.
|
|
|
L'agriculture, notre priorité !
Dans le cadre de la campagne électorale en cours, peu d'organismes agricoles ou francophones prendront parti en faveur d'un parti politique ou d'un autre, devoir de neutralité oblige. De plus, les plateformes sont tellement inégales qu'aucun ne s'est risqué à les comparer. Les différences aux niveaux agricoles et francophones sont frappantes. L'UCFO étant un organisme apolitique, nous
n'émettrons pas de recommandation en faveur d'un parti, mais voici cependant les principaux enjeux que nous percevons, sur lesquels nous aimerions attirer votre attention et auxquels nous souhaiterions voir apporter des éléments de solution.
|
« Les francophones sont des citoyens à part entière »
L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) invite les francophones à être prudents et à s'informer en vue de faire un choix éclairé le 6 octobre prochain. Sans nécessairement vouloir se prononcer en faveur d'un parti ou d'un autre, son président, Monsieur Denis Vaillancourt, encourage les citoyens à être visibles tout au long de la campagne électorale afin de se faire entendre sur leurs priorités.
|
Cairns : Préoccupé par le libre commerce
Le Canada et ses 18 pays homologues membres du Groupe de Cairns se sont réunis du 7 au 9 septembre derniers afin de renforcer le commerce agricole inter¬national. En outre, le Groupe de Cairns se sont dits très inquiets concernant l'état actuel des négociations du cycle de Doha de l'OMC et ont demandé l'établis¬sement d'un programme réaliste pour la libéralisation du commerce et la création d'un système commercial prévisible.
|
|
|
...
|
|
|
Rencontre avec des mordus du labour
Les 9, 10 et 11 septembre se tenait le Concours de labour du Témiscaming, sur les terres de Roch et Anne-Marie Loranger dans la région d'Earlton. C'est sous le ciel bleu que quatorze laboureurs se sont adonnés à leur passion. Parmi ces mordus, plusieurs ont leur petit côté spécial et l'Agricom les a rencontrés afin de vous dresser un portrait de ces hommes et ces femmes qui partagent une passion commune.
|
|
|
Des résidus de maïs pour un pâturage économique
Les résidus de maïs représentent une source d'alimentation économique pour les vaches de boucherie qui sont à la moitié de leur période de gestation. Dans un champ de maïs, l'énergie se situe à demi dans le grain et à demi dans les résidus végétatifs. Après la récolte, la moitié de l'énergie alimentaire demeure donc dans le champ. Les vaches aiment à récupérer les grains et les petits épis qui ont échappé à la moissonneuse-batteuse.
Le plus souvent, un acre de champ fournit de la pâture à une vache pour une période d'un à deux mois (50 vaches sur 50 acres pendant un à deux mois). Il faut toutefois surveiller étroitement les animaux et prendre note de leur condition corporelle de manière à leur offrir les suppléments nécessaires au besoin.
|
Du boeuf en or
Jason Desrochers, président de la Coopérative des producteurs du Boeuf en or, a réussi son pari. Ce jeune agriculteur de Val Gagné, dans la Grande enclave argileuse du Grand Nord de l'Ontario a mis sur pied une coopérative de 7 producteurs de boeuf qui a mis en marché une viande devenue un produit de niche. La qualité du Boeuf en or n'est plus à établir, si bien que cette coopérative roule en vitesse grand « V » et ne suffit plus à répondre au marché.
Il s'est d'ailleurs mérité le Prix du Premier ministre pour l'innovation agroalimentaire, accompagné d'une bourse de 5000 $ pour avoir réussi la mise en marché de son produit plutôt rare.
Qualités nutritives
Cette viande rouge contient une quantité significative de vitamines B12 et d'Omega 3. L'animal est élevé sans supplément alimentaire, sans grain, sans antibiotique et sans hormone de croissance. Il est nourri grâce au fourrage de qualité qu'on retrouve dans le Nord de l'Ontario et il demeure au pâturage jusqu'au moment de l'abattage, vers l'âge de 12-14 mois. Sa viande qui contient des avantages certains pour la santé humaine est très maigre.
|
100 000 oeufs à l'heure
100 000 oeufs à l'heure
Notre collaborateur André Dumont s'est rendu en Iowa cet été, y découvrir l'agriculture à l'échelle américaine. Il nous raconte aujourd'hui sa visite dans une ferme de plus d'un million de pondeuses.
***
C'est à Stuart, à l'ouest de Des Moines, que j'ai pu le mieux apprécier le gigantisme de l'agriculture américaine. J'avais rendez-vous sur l'un des quelque douze sites de Rose Acre Farms, une entreprise « familiale », m'a-t-on assuré.
Andrew Kaldenberg, le gérant de la ferme, est aussi le président de l'Iowa Poultry Association. Pour me recevoir, il a invité Kevin Vinchattle, le directeur de l'association, à se joindre à nous. Ils me montreront tout, répondront à toutes mes questions.
Le complexe compte 1,3 million de pondeuses, réparties dans six bâtiments. Ce n'est rien. Dans le nord-ouest de l'Iowa, on peut trouver des complexes avicoles avec trois ou quatre millions de pondeuses.
L'Iowa est un géant de la production d'oeufs. À lui seul, il en produit trois fois plus que le Canada. Si l'Iowa était un pays, il serait le 11e plus important producteur au monde, m'a dit Andrew Kaldenberg.
|
|
|
Les producteurs en faveur de la CCB
Les producteurs de l'ouest du pays se sont prononcés en faveur du maintien du système de guichet unique de la Commission canadienne du blé. Selon les résultats du plébiscite rendus publics le 12 septembre dernier, 62 % des producteurs de blé ont voté en ce sens, alors que les 38 % restant souhaitaient mettre fin au contrôle de la CCB. L'écart chez les producteurs d'orge est cependant moins prononcé puisque 51 % des agriculteurs on fait valoir leur désir de poursuivre la mise en marché de leur céréale avec l'organisme, contre 49% qui aimeraient un système oligopolistique.
|
OPINION
CCB : Un plébiscite inopportun
La fin du monopole de la Commission canadienne du blé (CCB) est proche. Le gouvernement Harper a promis de mettre fin à ce monopole avant la cam¬pagne de mise en marché 2012-13. Depuis 1943, les agriculteurs des provinces des Prairies étaient contraints par une loi à vendre leur blé et leur orge à la CCB, faute de quoi ils risquaient la prison. La fin de ce monopole ne pouvait arriver assez tôt, mais de nombreux agriculteurs des Prairies demeurent préoccupés par l'avenir de la Commission, ce qui est de mise.
|
L'effet négatif de la récolte rattrapera-t-il les prix des grains ?
Si le printemps est la période de l'année où l'incertitude quant à la quantité de grains qui sera récoltée est la plus élevée, ce qui en gonfle les prix sur les marchés, la récolte en est à l'opposée. En effet, il n'y a pas de secret derrière ce phénomène saisonnier bien connu de tous. Que la récolte se doive d'être importante ou non, à l'automne, les acheteurs ont pratiquement toujours de quoi se mettre sous la dent, ce qui force les prix à la baisse comme le révèle la tendance des prix depuis 5 ans (voir graphique).
En fait, statistiquement, depuis 30 ans les prix des grains ont atteint leur valeur mensuelle moyenne la moins élevée à la récolte: 1 année sur 2 dans le maïs (septembre, octobre), 2 années sur 3 dans le soya (août, septembre) et 3 années sur 5 dans le blé (juillet, août).
|
Culture maraîchère au Honduras : Produire avec peu
Notre collaboratrice, Corine Blanchette, est graduée du programme Technologie agricole de l'Université de Guelph-Campus d'Alfred. Elle réalise un stage au Honduras dans le cadre d'un programme de l'organisme Solidarité Union Coopération, financé par l'Agence canadienne de développement international.
Cela fait déjà 2 mois et demi que le Honduras m'a accueillie à bras ouverts. La pluie incessante a fait place à une canicule qui a duré près d'un mois. Cette température ne nous a pas permis de procéder aux semis, mais la pluie est maintenant de retour. La terre humide nous donne donc l'occasion de mettre en terre plusieurs variétés de semences de légumes et de fruits : la carotte, l'oignon, le radis, le concombre, la courge, la tomate et le poivron.
Mon projet agricole qui est destiné aux femmes honduriennes situées en zones rurales consiste à leur enseigner les rudiments de la culture maraîchère. Je travaille avec 10 groupes d'environ 10 à 20 femmes chacun pour qui la situation n'est guère facile. Les familles sont grandes et ont généralement peu, voire pas de revenu. Mon projet me tient beaucoup à coeur, puisque je jouerai un grand rôle dans la vie de ces familles. La production des fruits et légumes leur permettra de se nourrir et même peut-être créer un revenu issu de la vente de ces récoltes.
En début juillet, j'ai commencé à offrir quelques formations, dont la première portait sur le travail du sol et le semis. L'achat de rubans à mesurer et des semences leur a permis de passer de la théorie à la pratique. J'ai été surprise de voir à quel point les femmes ont participé à l'activité, ce qui m'a donné l'idée d'encourager cette participation active en favorisant l'échange et le partage de leurs connaissances. Les femmes étaient tellement heureuses de pouvoir dire ce qu'elles pensaient, s'exprimer et démontrer leurs connaissances. Je crois que cette petite activité a contribué à renforcer l'estime de soi de chacune d'elles, la majorité n'ayant pas complété leur éducation à l'école primaire.
La semaine passée, j'ai commencé à faire le suivi des parcelles pour voir ce que les groupes avaient réalisé. Elles ont bien appliqué les nouvelles techniques apprises sur leurs parcelles.
|
|
|
|
|
|
|
|