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Journal Agricom

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Le 2 novembre 2011 Volume 29 Numéro 6
L'élévateur à grain et plantes oléagineuses de Peter Grant est le plus gros au Témiskaming.
Photo : MDumont
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L'élévateur à grain et plantes oléagineuses de Peter Grant est le plus gros au Témiskaming.
Photo : MDumont

Le nouveau visage de l'agriculture au Témiscaming

Par Marc Dumont, collaborateur

Le visage de l’agriculture change au Témiskaming. La ferme familiale est de moins en moins une réalité au fur et à mesure que les gros producteurs s’imposent. Bien que la production de lait se maintienne, il faut moins de producteurs qu’il y a quelques décennies pour en arriver à la même quantité.  « Quand j’ai commencé, on était 17 producteurs laitiers sur mon rang. Aujourd’hui, il en reste 3 et ils produisent plus de lait qu’autrefois », fait remarquer Albert Gauthier, producteur laitier à la retraite. Cependant, la réalité est différente pour le côté animal : la production de bœuf est en déclin.

Là où on remarque l’évolution la plus importante est la présence d’une agriculture dite plus industrielle. Au cours des dernières années, les gros joueurs prennent de plus en plus de place. Ça se voit facilement avec la construction de silos à grain tout neufs qui poussent comme des champignons.

De gros producteurs

Depuis quelques années, la famille Kock fait sa marque dans les grandes cultures. Elle achète et loue de plus en plus de terres, assez pour tenir occupé une équipe de 25 employés. Leur ferme qui s’est associé avec le géant Parrish and Heimbecker Ltd. a un chiffre d’affaires annuel qui oscille autour de 2 600 000 $. Son installation à l’opposé de l’entrée d’Earlton comprend plusieurs énormes silos. Sa stratégie de mise en marché met en valeur son accès à la voie ferrée d’Ontario Northland, ce qui le connecte avec tout le pays. En plus de la gamme complète des services d’élévateurs à grain, Norm Kock Agri Sales Farms offre du travail agraire à forfait. Cette année, l’entreprise a cultivé 11 000 acres.

La famille Miller possède aussi un autre élévateur, plus modeste, dans la région de Thornloe. Ces deux frères font également de la culture à grande échelle.

À Earlton, l’élévateur de David Shill ne passe pas non plus inaperçu. Son entreprise agricole a cultivé entre 10 000 et 11 000 acres cette année.

La compagnie Wabi Valley Elevators, située sur le chemin de Milberton, a quant à elle un chiffre d’affaires annuel de 1 à 1,5 million de dollars. Elle produit, entrepose, empaquette et transporte du blé, des pois jaunes, du lin, du canola de l’orge, ainsi que de l’avoine.

Les installations de la Coopérative régionale Nipissing-Sudbury ne datent pas d’hier. Les premiers silos avait été construits par les cultivateurs locaux qui avait contribué à hauteur de 10 000$ chacun afin de doter la région d’un lieu d’entreposage de céréales pour profiter de la possibilité de la vente de grands volumes de céréales aux meilleurs prix toute l’année. L’aventure avait mal tourné et la Coopérative était venue à la rescousse. Aujourd’hui, elle s’affaire à construire des solos neufs. Selon un employé de la Coop, la venue des gros joueurs a réduit de près de moitié les petits producteurs de céréales de la région.

Le dernier joueur dans la production céréalière à grande échelle est Peter Grant. Après avoir fait faillite avec son usine d’Englehart, Grant Forest Products, l’homme d’affaires a depuis décidé d’investir en agriculture. Il possède d’ailleurs l’élévateur le plus imposant élévateur de sa région : quatre silos de 1 500 tonnes métriques chacun, six hottes de moulin de 330 tonnes métriques, six silos suspendus de 60 tonnes métriques et un séchoir à grains LMN à la fine pointe de la technologie. Son fonctionnement entier est contrôlé par ordinateur.

Parmi les services offerts chez The Grant Farms, on y retrouve entre autres l’achat de céréales et de plantes oléagineuses, le séchage et l’entreposage, la vente et l’épandage de fertilisant liquide et la vente de fertilisants en granules, des insecticides et des fongicides.

 

Cette année Peter Grant a cultivé 6 000 acres et l’an prochain ce sera encore bien plus. Il a procédé à l’achat de nombreuses terres dans la région de Brethour et Belle Vallée dernièrement. D’ailleurs, on dit qu’il vise à augmenter ses terres en culture à 15 000 acres et pour y arriver, il a retenu les services d’une compagnie locale de drainage agricole pour une période de 5 ans.

Mécontentement et espoir

Il existe une certaine ambivalence dans la communauté agricole au sujet de l’entreprise de Peter Grant dû au fait qu’il achète plusieurs terres à un bien meilleur prix qu’on les évaluait. Au Témiskaming, un acre drainé valait environ 1 500$, mais Peter Grant monte la mise jusqu’à 2 700$; une hausse de 55% que toutes les entreprises ne peuvent pas se permettre.

 

Les cultivateurs qui n’entrevoient pas la possibilité de relève voient la vente de leur terre comme un cadeau inespéré, alors que les agriculteurs qui désirent agrandir leur entreprise le perçoivent comme un frein à leurs projets d’agrandissement. Ils ont un sentiment que M. Grant fausse la donne avec son argent facile. Pierre-André Groux, un cultivateur de Nédelec à 30 minutes de New Liskeard, affirme que l’« effet Grant » se fait sentir jusque-là et les propriétaires terriens du coin patientent dans l’espoir de conclure une vente fructueuse, au grand dam des cultivateurs ambitieux.

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Économie et politique
Nouvelle figure à la tête du ministère de l'Agriculture
Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, a assermenté son nouveau conseil des ministres le 20 octobre dernier, présentant le nouveau ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation des Affaires rurales. Ted McMeekin, un député sans grande expérience en agriculture a été nommé à la tête de ce ministère. Élu dans la circonscription d'Ancaster-Dundas-Flamborough-Westdale pour la première fois lors d'une élection partielle en 2000, il s'agit d'un retour au cabinet pour le politicien. Il s'était fait attribuer la gestion du portefeuille du ministère des Services aux consommateurs avant d'être remplacé lors d'un remaniement ministériel en janvier 2010. Il a également assumé les fonctions de ministre des Services gouvernementaux et d'adjoint parlementaire de la ministre de l'Éducation et du ministre de la Formation et des Collèges et Universités.
Perspectives encourageantes pour le secteur agricole
Le secteur agricole canadien devrait connaître une croissance de près de 2 pour cent en 2012, et de 2 à 3 pour cent au cours des années subséquentes, selon un nouveau rapport sur les perspectives agricoles canadiennes publié par BMO. « Le segment du bétail devrait croître à un rythme relativement marqué d'environ 3 pour cent l'an prochain, alors que les producteurs profiteront de prix encore favorables, indique Kenrick Jordan, économiste principal, BMO Marchés des capitaux. La production de bétail devrait bénéficier de la réouverture prévue du marché sud-coréen au boeuf canadien. De plus, les exportations de porc vers l'Asie devraient se poursuivre à un rythme soutenu. » M. Jordan a par ailleurs souligné qu'on prévoit une augmentation de la production de cultures d'environ 1,5 pour cent en 2012 alors que les superficies ensemencées et les rendements reviendront à des niveaux plus normaux et que les prix demeureront élevés. « Le secteur a affiché un degré d'adaptabilité remarquable comme en témoignent la croissance supérieure de la productivité, la hausse des exportations, un glissement de la nature de la production vers des produits à valeur ajoutée et le lancement de nouvelles entreprises comme la production de légumes en serre et les cultures de spécialité, révèle M. Jordan. Ces tendances doivent s'affirmer pour que le secteur puisse améliorer sa compétitivité. »
Humour

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Nos agriculteurs
Fermiers écoresponsables recherchés
Les Producteurs laitiers du Canada (PLC) ont annoncé le lancement d'un nouveau Prix de développement durable en production laitière. Ce prix vise à reconnaître les mesures que les producteurs laitiers prennent pour produire du lait de façon responsable et durable. « Aux PLC, nous avons créé ce prix parce que nous savons que de nombreux producteurs ont adopté des façons novatrices de rendre leur ferme plus durable, a déclaré M. Wally Smith, président des Producteurs laitiers du Canada. Ce prix vise à faire découvrir des pratiques novatrices qui vont au-delà des normes de l'industrie et des pratiques généralement recommandées pour réduire l'empreinte environnementale sur les fermes. » Le Prix de développement durable en production laitière du Canada reconnaîtra les producteurs laitiers canadiens qui auront adopté des pratiques environnementales durables, financièrement viables, qui comportent des avantages sociaux et que d'autres fermes peuvent adopter.
Productions animales
Élever la race pour la protéger
La technologie et les nouvelles connaissances acquises depuis quelques décennies ont permis à l'agriculture de changer de visage. Les races d'animaux qu'élevaient nos ancêtres et les plantes que cultivaient les premiers colons arrivés en Amérique tendent à disparaître. La vache Holstein d'aujourd'hui, par exemple, a tellement évolué grâce aux croisements et à la sélection génétique qu'on pourrait difficilement la comparer à ses ascendants. Tout cela pour une soi-disant productivité. Jeannine Langlois et Michel Bourdeau de la Ferme Excalibur n'adhèrent pas à cette mentalité. Leur priorité : préserver les races domestiques menacées. Chaque jour, des voitures s'arrêtent en bordure de leurs champs situés à Embrun, dans l'Est ontarien. Ce n'est pas pour admirer des chevreuils qui broutent la luzerne fraîche, mais bien pour contempler leur troupeau de boeufs de boucherie : des Highland. Avec leurs cornes de la longueur d'un bras d'humain, des poils longs et leur forme imposante (2 000lb pour un mâle et 1 100lb pour une femelle), les animaux du couple Langlois-Bourdeau ne passent pas inaperçus. La race Highland est connue particulièrement grâce à son poil long. Généralement de couleur rouge, ses poils ondulants ont la particularité d'avoir deux épaisseurs. Les poils situés plus à l'intérieur sont doux et fins et forment un petit duvet. Quant à l'extérieur, ils atteignent en moyenne 13 pouces de long et sont imperméables. Brefs, les boeufs de cette race n'ont jamais trop chaud, ni trop froid. En été, quelques poils tombent et en hiver, leur cuir épais et leur première couche de duvet leur permettent de s'adapter à nos climats rigoureux. « On a fait notre devoir de recherche. On voulait un animal qui ait toutes les qualités nécessaires pour survivre à l'extérieur, même en hiver », affirme Madame Langlois.
Productions végétales
Risquer son profit, à quel prix ?
Il y a plusieurs années, lorsque j'ai commencé à m'intéresser aux marchés des grains, l'un des premiers éléments qui ont le plus piqué ma curiosité est la tendance saisonnière des prix. Par exemple, on sait qu'en « principe », les prix des grains doivent atteindre leur creux annuel à la récolte, lorsqu'il y a généralement une grande disponibilité de grains. De la même manière, ils tendent à atteindre des sommets au printemps, pendant la période des ensemencements, puisque les marchés sont très nerveux et incertains au sujet de la récolte de l'automne suivant. Bref, si l'on se fit à ce principe de « tendance saisonnière », il serait donc possible d'anticiper en quelque sorte la direction que doivent adopter les prix des grains selon la période de l'année. Mais à quel point est-ce vrai ? Si l'on se fit à une brève analyse des dernières 10 années, malgré quelques années plus difficiles, les résultats sont en fait assez surprenants. Comme le révèle bien le tableau, aussi bien dire que nous avons tout intérêt à ne jamais vendre récolte. Dans le cas du maïs, un producteur qui aurait toujours vendu uniquement au printemps (mai et juin) aurait profité en moyenne d'un gain de 18% depuis 10 ans avec seulement 2 années de pertes, soit 2002-03 et 2009-10 et un gain important en 2007-08. Du côté du soya, le résultat est encore plus surprenant. Un producteur qui aurait toujours vendu au printemps (mai et juin) n'aurait en moyenne jamais subi de perte avec la bourse. Seul l'an 2009-10 aura été en quelque sorte « mauvais », avec un gain nul, alors que les années 2006-07 et 2007-08 auront été très bonnes. Mais attention, est-ce donc dire que ça ne sert à rien de vendre récolte ? Pas nécessairement. Premièrement, il faut penser que cette analyse reste fondée sur les prix à la bourse. Elle ne considère pas la valeur de la « base » qui peut représenter jusqu'à 25% du prix final réel du grain et qui a tendance à évoluer de manière inverse aux prix à la bourse. Si par exemple la valeur à la bourse du maïs grimpe, celle de sa base sera généralement portée à baisser et vice-versa. Pour cette raison, dans la réalité, le pourcentage de gain réel qu'on observe entre la récolte et le printemps sera certainement moins élevé. Ensuite, sur papier, s'il est facile de dire que nous profitons d'un gain bien réel entre la récolte et le printemps en terme de valeur de notre grain à la bourse, dans les faits nous devons aussi physiquement prendre en compte certains coûts : frais d'entreposage, frais d'intérêt lié à une marge de crédit nécessaire pour supporter l'absence de revenu avant la vente de notre grain, etc.. Enfin, il faut aussi faire attention de ne pas tenir pour acquis les résultats de cette analyse pour une dernière raison. S'il semble vrai qu'en moyenne nous profitons d'une hausse entre la récolte et le printemps, encore faut-il vendre au bon moment, ce qu'on peut appeler le market timing. Par exemple, si en moyenne le prix du maïs est meilleur au printemps, au quotidien il reste qu'on peut toujours vendre au pire moment de cette période. Ce que nous indique donc cette brève analyse est que nous pouvons certainement miser sur de meilleurs prix « à la bourse » au printemps pour vendre. Par contre, même si plusieurs seront tentés de tenir pour acquise cette tendance comme étant une solution stratégique viable pour vendre année après année leurs grains, il faut faire attention. Dans les faits, il faut tout de même considérer aussi certains éléments qui font en sorte que cette tendance saisonnière ne serait pas nécessairement toujours la stratégie la plus payante. Tout devient alors ici une question de savoir bien calculer ses coûts et de bien définir son market timing.
La science de la non-compaction
Maître de la gestion contrôlée de la compaction, Clay Mitchell repousse les limites de l'agriculture de précision. Le Bulletin l'a rencontré sur sa ferme en Iowa. *** Clay Mitchell a beau être agriculteur dans l'âme, il a le flair d'un détective et l'esprit scientifique d'un chercheur. Il parle d'agriculture à l'aide de graphiques animés à l'ordinateur, de tableaux sur un iPad et de statistiques pointues. Diplômé en génie biomédical à l'Université Harvard et détenteur d'une maîtrise en agronomie, Clay Mitchell pratique une agriculture de précision avec des années d'avance sur l'industrie. À 38 ans, il est devenu une sommité en matière de gestion contrôlée de la compaction (controlled traffic farming). Il est l'un des rares agriculteurs en Amérique du Nord à utiliser ce moyen de réduire la compaction de façon systématique, adaptant lui-même ses équipements. La gestion contrôlée de la compaction n'est pas nouvelle. Il y a 20 ans, on en parlait abondamment à l'Université McGill. En Australie, des centaines de producteurs l'ont adoptée. Aujourd'hui, le déploiement généralisé des systèmes d'autoguidage RTK rend cette pratique à la portée de plus d'agriculteurs. L'idée de base est simple : on circule toujours aux mêmes endroits dans le champ, pour limiter la compaction au minimum. Les 2000 hectares de Mitchell Farm sont cultivés exclusivement avec des équipements d'un empattement de 3 mètres (10 pieds). Les essieux des tracteurs et de tout ce qu'ils peuvent tirer sont modifiés pour s'y conformer. Les roues doubles sont proscrites. « Dans notre région, l'un des plus importants freins au rendement est la compaction », affirme Clay Mitchell. Avec une voiture à grain d'une capacité de 50 tonnes, puis une batteuse qui peut en peser encore plus, vaut mieux ne pas circuler n'importe comment dans le champ. La plupart du dommage est causé lorsque le sol est compacté lors d'un premier passage, explique l'agriculteur. « Si vous écrasez quelque chose à répétition, vous ne l'endommagerez pas beaucoup plus à chaque fois », illustre-t-il. Il importe donc de bien identifier là où l'on cultive et là où l'on circule. Dans un champ en régie habituelle, les roues des équipements finissent par compacter environ 85 % du terrain (voir diagramme en page X). Chez Clay Mitchell, seul 17 % du sol est foulé. Son système fonctionne avec une cartographie précise des champs et des mâts RTK sur tous les équipements de travail de sol et de fertilisation en bandes, sur les semoirs et sur le pulvérisateur.
Le ministre Ritz investit 195 000$
Le lancement de la Semaine nationale de l'agriculture biologique a eu lieu le 15 octobre, et c'est au point culminant des festivités que le ministre de l'Agriculture, M. Gerry Ritz, a annoncé le 21 octobre dernier que le gouvernement du Canada investit afin d'aider l'Association pour le commerce des produits biologiques (ACPB) à améliorer la compétitivité de cette industrie dans les marchés mondiaux. « Les agriculteurs biologiques canadiens produisent certains des aliments les plus sains et les plus salubres de la planète, et ce sont des intervenants mondiaux dans ce marché dynamique et en pleine croissance, a dit le ministre Ritz. L'investissement de notre gouvernement aidera les membres de l'Association pour le commerce des produits biologiques à accroître leur accès aux marchés internationaux, ce qui mettra plus d'argent dans leurs poches à l'avenir. » L'investissement de 195 000 dollars, est réalisé dans le cadre du programme Agri-marketing; il permettra à l'ACPB de faire valoir l'image de marque du Canada dans le secteur biologique mondial, de faire connaître la marque Canada dans des marchés cibles établis, de participer à des foires commerciales internationales, de contribuer au renforcement des capacités et au repérage de nouveaux exportateurs, et de tirer parti des possibilités offertes par la demande.
Vie rurale
Nourrir le savoir et faire vivre la culture
C'est depuis l'an dernier que l'Assemblée législative de l'Ontario a reconnu le drapeau vert et blanc des Franco-Ontariens et proclamé le 25 septembre Journée des Franco-Ontariens. Dans le cadre de cette journée, l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO) et le Campus du Collège Boréal de New Liskeard ont organisé le Soupée de la francophonie. Ce souper se voulait une première occasion de tisser des liens dans la communauté unie du Nord ontarien. En plus des 90 invités qui participaient au repas, on y retrouvait des représentants municipaux ontariens, 11 élus municipaux du Québec, la députée d'Abitibi-Témiscamingue, Christine Moore et des Autochtones. Ainsi le grand chef algonquin, Norman Young, a parlé de l'importance pour tous de se parler et se comprendre. Le conseiller municipal de Timiskaming Shores, Doug Jelly, a annoncé en primeur que l'assemblée annuelle de l'Association française des municipalités de l'Ontario (AFMO) aurait lieu à New Liskeard l'an prochain, au grand plaisir de tous. L'objectif principal de la rencontre était d'identifier des dossiers de collaboration et des partenariats pour les gens des deux côtés du lac Témiskaming et d'identifier ceux et celles qui les mèneraient à bien. Cette partie de la soirée a été animée par Martin Éthier, géographe de profession, Chantal Théoret, directrice du Collège Boréal et Jean-Claude Carrière, agent de développement de l'ACFO. En fait les thèmes étaient « Faire vivre la francophonie de l'Ontario » pour l'ACFO et « Nourrir le savoir et faire vivre la culture » pour le Collège Boréal. Inévitablement, il est venu sur le tapis tous les problèmes causés par les disparités dans les réglementations qui affectent le transport, les produits régionaux, les abattoirs, etc. « C'est du protectionnisme qui doit partir, » a affirmé un invité. Il y aurait également des gains importants à réaliser en éducation, en agriculture, en tourisme... En somme comme l'a résumé Tina Sartoretto, mairesse de Cobalt, « il s'agit d'éliminer les conneries évidentes dans les réglementations et de faire reconnaître que nous sommes une région unique au Canada! » Certains participants se sont engagés à mener des projets. Par exemple, Bernard Plebus et Pierre Bélanger s'attaqueront à la commercialisation de nos produits. Arnaud Warolin a proposé d'organiser une mission commerciale pour mettre en lien les entreprises de chaque côté de la frontière. La convivialité dans les échanges a été telle qu'il a été décidé qu'un autre souper pour apprendre à se connaître serait organisé au début de l'année prochaine, du côté québécois cette fois-ci.
Braise d'automne en fête
Les braises chauffaient jeudi 20 octobre dernier dans la salle où plus d'une centaine de convives étaient venus célébrer le 30e anniversaire du Campus d'Alfred. Se voulant une fête pour souligner l'importance de la communauté à la croissance du Campus, l'édition de Braises d'automne 2011 revêtait un air de fête sans pareil. La joie d'avoir tenu bon pendant trente ans était palpable! Dr. Renée Bergeron, la directrice du Campus d'Alfred depuis 2007, a soulevé l'apport important de toute la communauté, de sa persévérance, de l'engagement indéfectible du personnel et de l'appui des donateurs dans la réussite du premier collège de langue française en Ontario. Comme Braises d'automne se veut également une activité de collecte de fonds pour la Fondation du Collège d'Alfred, le président, M. Denis Perrault, a pris la parole. Il a remémoré quelques faits saillants de la vie du Campus, ayant lui-même participé à des moments très tendus, entre autres, lors de menaces de fermeture du collège. Il a également valorisé la contribution de M. Omer Deslauriers, un joueur clef à la réalisation du premier collège francophone, alors qu'il était président du Conseil des Affaires franco-ontariennes et de M. Jean Poirier, agent de développement de l'ACFO de Prescott-Russell. « You, French will never have your college...» ((Lorne Henderson, ministre de l'Agriculture, 1979) est inscrit à tout jamais dans le coeur de l'établissement francophone en milieu rural. Les trente bougies ont été soufflées alors que les convives chantaient avec fierté Gens du pays, c'est votre tour de vous laisser parler d'amour! La soirée s'est terminée alors que M. Perrault a souhaité longue vie au Campus d'Alfred et... un avenir plus facile!
Du lait SVP !
Grâce à du financement provenant du Fonds Greenbelt, du lait et des produits laitiers seront disponibles pour la première fois dans de nombreuses écoles de l'Ontario. Les Producteurs laitiers du Canada (PLC) et les Producteurs laitiers de l'Ontario (PLO) ont reçu récemment un octroi de 100 000 dollars du Fonds Greenbelt pour aider à introduire des produits laitiers dans quarante écoles de l'Ontario. Le projet pilote du Centre de nutrition laitier permettra au PLC d'installer des distributrices capables de livrer des portions individuelles de lait. On distribuera du yogourt de marque Hans fabriqué avec du lait et des fruits de l'Ontario, des collations de fromage et craquelins ontariens, des petites carottes, des pommes en tranches et des jus de pomme et de poires. Tous les aliments offerts dans ces centres seront conformes aux nouvelles politiques de la province touchant les aliments et les breuvages distribués dans les écoles. Le PLC et le PLO contribueront aussi financièrement au projet puisque du lait et du lait au chocolat seront dorénavant disponibles en tout temps dans les écoles. Dans le cadre de ce programme, des membres 4H de l'Ontario visiteront les écoles participantes pour discuter avec les étudiants d'enjeux tels l'achat local, la saisonnalité des produits et les pratiques agricoles durables.